Son cœur s’étreint d’hiver

Ce matin, sa main a rencontré le vide. Un désert glacé l’a enlacé et retenu sur les draps froids.
Feutré, insidieux, il sature le silence. Un silence ouaté, où seul l’air d’été émet des pulsations lourdes. La pesanteur le retient, le confine à l’intérieur du vide. Un néant qui absorbe chaque note, chaque mélodie, chaque litanie. La fugue s’est envolée. Le désarroi s’installe.

Comme une multitude de battements, un tempo qui se joue de lui, il court.
Il court dans la fraîcheur du matin clair. Son cœur bat au rythme imposé de ses foulées.

La cité s’éveille. Déjà la chaleur mêlée aux effluves de la ville traverse le bitume. L’air aspire l’été. Le soleil écrase la terre.
Dans l’ombre du monde, il suffoque.

Le refrain des couplets s’est joué de lui et le chant entonne un cri que lui seul entend, là, dans l’oscillation de l’insupportable. Des sonorités dissonantes qui heurtent l’espace.

Il court. Chaque avancée percute l’évidence du vide, il retient l’air. Juste un instant. Un court moment.

Comme un balancement, un mouvement qui s’accorde à la mélancolie des sons il effleure l’espoir imaginaire de sa voix, du frémissement de sa peau, du goût de son souffle.

Mais seul le vide l’emplit.

L’unique musique qu’il entend désormais est celle de son cœur qui bat.Seul. Seul. Seul.

Ce matin au petit jour, la musique s’est tue.

L’air aspire l’été. Son cœur s’étreint d’hiver. Le murmure du temps frémit.
Elle est partie.

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