Le vent tourne

Il fait si froid. Le vent a soufflé toute la nuit. Comme chaque nuit et chaque jour depuis des jours et des nuits. Un ballet aérien sauvage danse dans les rues. Un rythme désordonné, agaçant, qui heurte ma mémoire. Dans les bourrasques incessantes les branches des arbres perdent leurs dernières feuilles. Arrachées comme un long cri que je ne peux faire taire. D’un œil que je souhaite neutre j’observe la persistance du mouvement, espérant une accalmie que ne viendra pas. J’ai peur. Le vent hurle et vire, menace de m’emporter. Tout va à la dérive, le monde sombre dans l’agressivité néfaste de nos erreurs. Le souffle discordant du vent pénètre nos demeures, des tourmentes intérieures me brisent aussi sûrement que les rafales qui soufflent au dehors. L’agitation constante, en rafale revient blesser, saccager, déranger les constructions éphémères et la fragilité de nos existences.

Et pourtant dans le fracas et les tempêtes j’entends ta voix, celle qui fredonne, qui me rassure et m’apaise. J’entends le chant de demain, celui qui balaie nos vies cabossées et épousent celles à venir. Comme la brise d’été qui se mêle à ta chevelure, elle m’entraîne dans le courant ascendant de l’avenir. Un battement qui nait de l’espérance, un air d’après qui bouleverse mon univers. Un souffle chaud, un bercement dans lequel nous nous étreignons. Comme une inspiration, avant le dernier soupir, j’entends le vent qui chante et l’air suave qui caresse mon âme.

Écoute ! Le vent tourne, murmures-tu et oui, je veux bien le croire lorsque tu me souris ainsi. Comme une danse éternelle, ton souffle épouse le mien. Toi seule sais chasser la tourmente et les tremblements, toi seule m’accueille et m’abrite. Dans l’ondulation du mouvement, la brise se balance d’un air de changement.

Une variation dans laquelle je puise tout ce que je ne sais pas te dire.

Et dans le vent doux de l’alizé te l’offrir en retour.

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2 réflexions sur “Le vent tourne

  1. Surtout en ces temps agités par les multiples caprices des vents mauvais du genre humain, en voilà, une douce brise d’amour invincible, de confiance et d’espoir, porteuse du plaisir, toujours renouvelé depuis plus d’un an, déjà, de lire tes mots si délicatement agencés, que ce soit par ici ou au fil de ton roman « Lila »:-)

    En te souhaitant une paisible et lumineuse semaine à venir, je t’embrasse très fort et te dis « à tout bientôt »:-)

    Aimé par 1 personne

    • Merci Christian de déposer ici tes mots. Le temps que tu prends pour chaque partage me touche beaucoup. C’est toujours très agréable de lire tes commentaires. Je t’espère bien.
      Merci encore 🙂

      Aimé par 1 personne

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