De l’autre côté du monde

On ne peut pas parler de rendez-vous, enfin peut-être. Qui sait ? Il en faudrait peu pour que cette heure change le cours des choses. C’est ce que je me dis à chaque fois que je viens m’asseoir ici.

Malgré le vent, je suis calé confortablement et mes yeux et mon souffle se calquent à la vue qui me fait face. S’il y a une chose qui ne change pas, c’est bien celle-ci. Cet espace ample, immuable.  Évidemment ça confirme l’insignifiance de nos vies, quelques grains de poussière se frottant les uns aux autres dans l’immensité de l’univers. Je suis sûr que tu aimerais m’entendre te dire ça, alors je le pense maintenant comme si tu étais là. Et puis je te dis combien la lumière est belle, d’une couleur automnale aux reflets d’opale. Les effluves aussi rivalisent de densité pour raconter le lieu. Ça me rappelle le parfum de tes cheveux, cette note iodée mêlée à celle des herbacés qui longent le sentier. Alors je pense aux kilomètres qui nous séparent, à ce face à face trop éloigné, ce rendez-vous que l’on prolonge l’un et l’autre chacun de l’autre côté du monde.

Les jours n’ont pas la même saveur depuis ton départ. Si peu d’heures vécues ensemble, des heures qui ont secoué nos univers, ‒ c’est toi qui le dis et je te crois ‒ jusqu’à rendre tangible un lien ténu. Je scrute la distance, le temps qui s’étire loin l’un de l’autre.

Au-delà de l’horizon, je te vois, je te respire comme si tu étais là.

Une photo, quelques mots Bric à book 350 avec comme thématique interdite : la mer.

14 réflexions sur “De l’autre côté du monde

  1. Très beau texte. La distance n’est pas toujours signe d’éloignement. Parfois, la présence est si forte que les kilomètres n’ont que peu d’importance. Ce qui compte, c’est l’intensité de la relation, c’est elle qui rapproche.
    Deux êtres peuvent être à une grande distance l’un de l’autre, mais bien plus proches qu’un couple qui vit sous le même toit.
    Je continue ma lecture chez toi 😉

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  2. Ce rendez-vous a quelque chose de bouleversant, il parle de douleur avec l’intensité et la force de la chanson
    Aimer à perdre la raison
    Aimer à n’en savoir que dire
    À n’avoir que toi d’horizon
    Et ne connaître de saisons
    Que par la douleur de partir
    Aimer à perdre la raison.

    Très belle évocation.

    Aimé par 1 personne

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