Elise

En cours d’anglais, tu t’es assise à côté de moi. Parce que tu as tourné ton stylo-plume entre tes doigts, mon regard s’est attardé sur tes mains. Des mains de musicienne ai-je dit et tu as haussé un sourcil, surprise. Je t’imagine jouer du piano, mais non, tu as opté pour le violon dis-tu dans un murmure. Tu es studieuse. Souvent silencieuse. Parce que tu n’appartiens à aucun groupe, tu es souvent l’objet de médisances. Ta différence fait peur. Creuse un peu plus ta solitude. Tout te semble faussé, d’un avis douteux. De ta présence incertaine, tu intimides. Tu glisses ton mal-être dans la mesure et la retenue et parfois tu vires à l’arrogance. Tu n’aimes pas qu’on te regarde. Sous le jugement des autres tu vacilles, tu te replies comme on se flétrit. Tu te caches derrière un voile d’indifférence qui révèle ta vulnérabilité. Tu as le regard grave de ceux qui taillent les silences et les âmes en quête de paix. Tu glisses dans une existence éthérée, sans trame comme si toutes blessures pouvaient rester de l’autre côté du miroir. Tu te dérobes à toi-même, tu aimerais que l’on t’oublie. Pourtant je te vois. Je te vois comme jamais. Et si le souffle des voix en toi te défient d’y lire notre histoire, j’avance un pas après l’autre vers toi, Elise.

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