Du narcissisme

Du narcissisme par La plume fragile où quand un de mes tableaux s’en va vers son nouvel habitat et s’invite aux creux des mots.
Merci à toi Milena !

La plume fragile

Miroir miroir
en de menus détails
grandeur se décompose
devant l’œil turquoise

Expression du Moi – j’ose.

Dentelle de mer osmose
Le bleu du ciel se terre
Sous l’intime barrière
De corail et de mots
Coulée de couleurs en symbiose
Fronces d’écumes narquoises

Miroir miroir
exquise blancheur vitrail
me renvoie ce visage
sensible au bleu d’émoi

Gestes en apothéose.

f.

Illustrations : La Spontanéité d’une pause, de Laurence Délis, récente acquisition dans laquelle mon regard se perd, se noie et revient à lui. Merci, Laurence !

Voir l’article original

Voyage XXIV

Quand le partage est source d’accomplissement : Voyage XXIV accompagné de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment

Acrylique, encres couleur, pastels huile sur papier

Format 30 x 40 cm

Toi qui sais que toute dentelle

se déchire

tu ravaudes les liserons du ciel

pour épouser les déclivités

du soleil

pour retrouver la grâce de rêver

et rentrer chez toi 

avec quelques cailloux en poche

l’eau ruse en ses flots

et l’étendue s’accroche

la terre consent 

puisque le bleu lui sied

à un lien d’échanges

encore embroussaillé

d’oiseaux

entre l’ombre et l’orée

que le vent chavire

tu guettes l’amorce d’un visage

tremblant au contact

d’une trop brusque fraîcheur

Barbara Auzou.

Au carrefour de toutes les origines

À l’intérieur du monde en dérive, tu pleures. C’est vrai, il est souvent difficile de mettre des mots sur les émotions qui nous heurtent. J’aurais pu te parler des gens sous influences, coincés dans la futilité des mirages, assoiffés de champagne et de tromperie. Des dirigeants à l’armure d’indifférence. J’aurais pu écrire les peuples qui éclatent sous la peur, les cœurs qui s’assèchent. J’aurais pu peindre l’arrogance, la violence. J’aurais pu te regarder pleurer et me détourner.

Dans le silence de la tempérance, je m’éloigne de tout abandon. Toi, dans la sécurité de mes bras, je longe la bordure du monde en souffrance. Et si les ombres pèsent encore, j’élèverai la terre légère pour te nourrir d’espoir. Je puiserai l’équilibre dans le vent ivre et le goût de vivre.

Je te dis les êtres pétris de bonté, ceux affamés de rires et de rêves qui se tournent vers les horizons élargis. Et sous le son flexible de nos échappées et l’air vibrant de l’envol des lendemains on caressera la canopée. Je t’apprendrai.

Je te dis l’amour qui gonfle les fleuves et les paysages de renaissance, la mousse au pied des arbres, l’amplitude de l’espérance.

Et au carrefour de toutes les origines, l’aiguille dans nos mains tissera le rassemblement des hommes libres.

Les Plumes chez Emilie : du thème BULLE, 14 mots à placer : savon, champagne, ivre, écrire, éclater, intérieur, envol, lingère, léger, sécurité, coincer, mousse, air, aiguille, armure. J’ai fait l’impasse sur 2.

Photo : nara simhan

Un bruit étrange et beau (agenda ironique)

Photo Pinterest

Pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir ce mois-ci, je vous propose « Un bruit étrange et beau »

De cette phrase tirée du titre du roman graphique de ZEP, vous avez toute latitude pour écrire ce qu’elle vous inspire, sous la forme qui vous convient : récit, poésie, article, dialogue, photo, collage, conte, légende, ou tout autre idée qui vous traverse. Deux contraintes seront cependant à intégrer :

« Un bruit étrange et beau »

ainsi trois mots : cyclo-pousse – île – poirier

Les liens de vos textes seront à déposer ci-dessous en commentaire jusqu’au 28 mai.

Bonne inspiration à tous !

La conversation

Cause toujours, tu m’intéresses, c’est ce que j’ai pensé du voisin qui me parlait de la pluie et du beau temps, alors que je lui répondais c’est vrai, le paysage est beau, les arbres et surtout les massifs d’eau fleuris qui donnent une petite note rafraichissante, d’autant qu’il fait si chaud, encore. Et ça m’a rappelé cet été caniculaire, tu t’en souviens ? Nous étions ivres de chaque minute passée ensemble. On goûtait le présent. Tu disais : Vivons ! Vivons sans jamais être rassasiés et tu ajoutais : « ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme » Cet été-là, on cherchait le bleu de la mer jusque sur les murs peints de la chambre et à l’ombre de nos corps, aussi.  Tiens, je portais du noir comme ce soir, un petit déshabillé de coton qui porte bien son nom parce que je ne l’ai pas gardé longtemps. Et toi, voyons voir, ha oui, tu ne portais rien, c’est dingue ça quand j’y pense, alors que depuis des années maintenant tu revêts ce style de pyjama rayé qui te sied, je ne dis pas le contraire mais bon, ça commence à manque d’originalité tout ça, non ? Dis, tu m’écoutes ?

Hum ? Oui, oui, bien sûr que je t’écoute. Bon il est tard, tu viens te coucher ?

Pour l’agenda ironique d’avril, hébergé ce mois-ci par Des arts et Des mots où il était question de « cause toujours, tu m’intéresses » de tableau, de conversation, de citation et autres jeux de mots et d’ironie bien sûr.

A l’heure des torrents d’écume

Photo Lucile Duneau-Délis

Quand au soir le soleil incendie le feuillage et la lande paisible

et tous les murmures feutrés du jour qui disparait

j’entends à l’heure des frôlements

et des torrents d’écume

le passage du vent qui chante l’ivresse de la mer

la terre en poursuite d’aventures sauvages

le bonheur ample du silence des hommes

Bleuet indigène

Bleuet indigène par La plume fragile ou quand un de mes tableaux part vivre ailleurs et que l’inspiration s’invite… ❤

La plume fragile

Bleuet indigène
ou languir en ton absence
les fleurs sauvages
répondent-elles au malheur 

Dunes chaudes
carnassière épopée
caresser ta carcasse 
sort-elle rescapée du sable de l'errance

Silence pour langage
ou bourdonner en ta présence
ton parfum ensemencé
nourrit-il assez mon ventre

f.

Illustration en-tête : À fleur de sable, de Laurence Délis, acquisition qui comble mon regard chaque fois qu’il se pose sur ces ondulations sidérales. Merci, Laurence, pour ton art.

Voir l’article original

Voyage XXIII

Quand Voyage XXIII s’anime de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Acrylique sur papier, encres de couleur

Format 30 x 40 cm

notre silence mûrit hirondelle souvent

et dans le jeu complexe

de nos correspondances

et de nos entrelacements

tourne la magnifique et redoutable

machine analogique 

comme un fil jaune reliant

la brume à l’insaisissable

la source à son élan

la danse à notre désir insensé

d’être dedans

les vides et les pleins sont autant

de vie que les mots ne sauraient

nommer

le temps est un bouclier de prairies

de baies à nos bouches 

déçues et ravies par le fruit prolifique

si proche si lointain

que ne contredit jamais

aucun ciel

Barbara Auzou.

Traquer l’oubli

Photo : @ Ivan Tsaregorodtsev

Fouillant l’oubli des années

L’oubli des souvenirs

L’oubli de ma peine

Et celui de mon sourire

Respirant l’éveil de la résistance

Et l’agitation du précaire

Je traque ma mémoire

A l’art de vieillir se dispute le tragique de la défaillance

Je compulse le présent

Et poursuis le désir de vivre

Le désir d’être

Le désir

Le

L’

L’oubli

Une photo, quelques mots : Bric à book n°401

Le chant de la Terre

les paumes ouvertes tournées vers le ciel

la pluie rigole entre les lignes de nos mains

sillonnent les fleuves jusqu’à la mer

et sous le ciel ourlé de lumière

je puise dans les plis du temps

la musique des arbres

le vent sur le sable

toute l’âme du monde

écoute

le matin vibre sous l’aube frêle de tous les silences

Photo @Ishtar

Voyage XXII

Quand la poésie de Barbara Auzou accompagne Voyage XXII, l’art s’en trouve grandi.

Merci Barbara. Infiniment

Peinture acrylique sur papier, encres couleur

Format 50 x 65 cm

le coeur démâté

au-dessus d’une douceur

que la mer nous refuse parfois

on vient encore creuser jusqu’à l’eau

avec nos doigts striés d’oiseaux

on use nos galets en location passagère

contre la grande allure du bleu

qui couve en silence son vert repos

et dans un bruissement de chevelures

où vacillent nos vies nos voiliers

on lève un jour un visage de verre

ou de diamant

 comme il nous prononce doucement

on signe sur lui le sable d’une appartenance

sans retour

Barbara Auzou.

La spontanéité d’une pause

Un grand nombre de chutes de papier remplit un de mes cartons à dessin. Souvent ces chutes finissent par nourrir le feu du poêle à bois. Cependant, certaines se révèlent avoir un format intéressant sur lesquelles travailler. Pour moi, c’est l’occasion de peindre quelque chose de rapide, une spontanéité de l’ordre d’une pause. Souvent, ces chutes peintes deviennent ensuite des morceaux de papier déchirés, des morceaux de tableaux sur une future toile, des bouts d’autre chose sur une nouvelle création. Avant que ce soit le cas de celle-ci, voici dans son intégralité la spontanéité d’une pause.

Acrylique sur canson, encres de couleur, pastels à l’huile

(55 x 23 cm)