Cinq ans

Voilà cinq ans paraissait mon premier roman Lila. De nos jours, cinq ans pour un livre c’est pour ainsi dire l’oubli. Pourtant les lecteurs sont là. Moins nombreux certes, mais tout aussi présents. Et leurs retours me touchent chaque fois, comme si c’était le premier reçu. Merci à vous qui poussez la curiosité de lire une auteure inconnue. A vous qui m’offrez la joie de retours émouvants, de retours qui parfois font échos à votre histoire personnelle. A vous qui prenez parti pour Lila ou Gabriel (les deux, souvent) et me dites tout ce que vous pensez d’eux.

Le personnage de Lila et celui de Gabriel ont vu le jour alors que j’étais encore adolescente. J’ai attendu plus de trente ans avant de m’autoriser à écrire leur histoire. La première mouture a été écrite en deux mois, dans la frénésie de l’inspiration. Et durant toute cette période intense, la musique a fait partie intégrante du processus de création. En particulier « Le vent nous portera » de Noir Désir. Désormais cette chanson est liée à ce roman et à chaque écoute, Lila et Gabriel sont là aussi. Notamment avec cette belle interprétation du groupe québécois Mea Culpa Jazz que je viens de découvrir.

Après de longs mois de réécriture et de relecture, avec l’aide et le soutien des éditions iPagination, Lila a vu le jour le 2 octobre 2015.

A l’instant de partir

En dépit de la brume, je pouvais distinguer la terre et les eaux calmes du lac. Et même si la côte perdait peu à peu cette densité si propre aux choses terrestres mon regard s’y accrochait encore. Il y avait de ma part comme une résistance, un désir de ne pas perdre de vue ce que je connaissais.

Depuis un moment les trois autres personnes qui se trouvaient près de moi s’en désintéressaient, chacun absorbé par l’éther pénétrant qui nous enveloppait petit à petit.

À ma décharge ils étaient arrivés avant moi. Personne ne se parlait. On s’était jaugés avec un sourire timide, ballotés par une hésitation teintée de curiosité qu’aucun de nous n’avait cherché à satisfaire.

Je voyais bien que l’un d’eux s’estompait sans heurt. C’était le deuxième qui disparaissait ainsi depuis que je les avais rejoins. Il était jeune et pendant un instant je me suis rappelé ma fille. Ma fille trop vite grandie à qui je n’avais pas eu le temps de dire au revoir ‒ mais quand trouve-t-on le temps de cela quand on est vivant ?

J’étais à la fois sidéré et fasciné. Et, comme pour conjurer la trame du temps, je regardais le plus loin possible et une foule de souvenirs affluait puis s’éclipsait face à ma nouvelle réalité. Pour autant je n’étais pas inquiet. C’était plutôt le contraire. J’étais bien. Sans douleur, sans pesanteur. Peu à peu convaincu d’une constance où que je sois.

C’est étrange comme tout trouve sens à l’instant de partir.

Une photo, quelques mots. Bric à book 337

L’attente

Comme prévu le lieu était désert et silencieux. Le brouillard descendait, j’avais froid ; il faisait froid. On m’avait dit, « 22 heures 22, ne sois pas en retard, on ne t’attendra pas. » Alors pour être sûre d’être à l’heure, j’étais arrivée en avance. Et je ne pouvais m’empêcher de penser que j’aurais peut-être dû ne pas venir. C’est ce que je me répétais toutes les trente secondes. A la trente et unième, je quittais l’abribus et je marchais le long du large trottoir, puis je m’arrêtais et regardais en direction de la route. Je revenais ensuite sur mes pas. Le tout me prenait moins d’une minute. J’avais alors un instant d’hésitation, ce laps de temps d’incertitude où les questions fusaient. Allaient-ils venir ? Pouvais-je leur faire confiance ? Devais-je rebrousser chemin ? Repartir d’où je venais ? Retourner vers ce quoi je fuyais ? Continuer à avoir peur ?

Ce n’était pas seulement des questions, c’était ma vie que je soupesais dans l’attente et plus les minutes passaient plus elle pesait lourd, chargée de stigmates invisibles que j’avais longtemps jugé insignifiants. Mais aucune cicatrice n’est innocente quand l’oppression régit le monde.

22h21 Sous l’abribus, je me suis levée du banc sur lequel je m’étais assise. Les lampadaires diffusaient une lumière blafarde. A peine voyait-on le bout de la rue. J’ai marché le long du trottoir et j’ai regardé en direction de la route. L’épaisseur du silence enveloppait jusqu’à mon envie de liberté. Ne pas céder à l’angoisse. Rester confiante.

Plus que trente secondes.

Vingt-neuf

Vingt-huit…

Une photo, quelques mots. Atelier Bric à book 332. Les autres textes à lire ICI

Quand la Lune trouble la Terre

Quand la Lune trouble la Terre,

Les marées s’étirent

Jusqu’à l’horizon

Où la lumière

Cillent les flots d’argent

On est alors au début du monde,

En bordure de jour et de la nuit,

Là où sans bruit, sans heurt

Une petite perle d’éternité

Glisse sur le temps

C’est avant l’obscurité, quand en retour la Terre chuchote :

« De deux choses lune, l’autre c’est le soleil ».

Et tout l’univers d’approuver bien sûr

Et les hommes – microscopiques ‒, un jour peut-être, la conscience éveillée,

Cesseront enfin de se mirer dans les simulacres

Pour apprécier le manifeste renouvelé.

En juillet l’agenda ironique prend ses quartiers chez Louise Mathurinades et coquecigrues. On y parle de la lune comme on veut avec pour seule contrainte d’insérer une expression française comportant le mot lune. J’ai un peu biaisé avec l’expression française pour une citation de Jacques Prévert piochée dans « Le paysage changeur » Paroles (1946)

Les autres textes lunaires à découvrir ICI

Crédit photo : Pinterest

Métamorphose

C’est, je crois, au début de cette vie ‒ la tienne à l’intérieur de la mienne ‒, que je quitte à jamais cette enfance qui s’attarde encore parfois. Déjà, le chemin sillonné voile peu à peu le flou de l’insouciance. J’avance, mais un pas à la fois. C’est que l’acceptation du changement prend du temps. Il faudra bien ces mois de rondeur à venir et, en outre, la suite de tout un long parcours, pour me dire que c’est aussi cela grandir.

Une photo, quelques mots. Bric à book n°331. Les autres textes à lire ICI

Crédit photo : © Everton Vila

Comme en suspension, ta main retient le temps

Après l‘orage, nous descendons le fleuve. L’air porte l’odeur des pluies d’été et cette petite note discrète iodée qui vient de l’océan. C’est toi qui mènes notre avancée rythmée par le mouvement de nos bras en concordance : plongée de la pagaie dans l’eau, synchronisation, propulsion du canoë. Nous ne parlons pas. Toi concentrée sur l’effort suivant, moi parce que je ne sais quoi te dire. C’est dingue de ne pas arriver à exprimer tout ce qui me traverse quand je suis avec toi. Ces mots que je murmure en moi. Tous ces instants passés qui forment ce nous, suspendus à mon silence.

Lorsque tu décides une pause, la lumière a l’éclat des heures à venir. Des heures mobiles à la quiétude du moment ; on dérive à peine. Ton bras se tend hors de l’embarcation, et comme en suspension ta main retient le temps. Paresseusement deux de tes doigts glissent sur l’eau. Et l’amplitude est si belle à les regarder tracer le monde.

Alors à défaut de savoir te le dire, je peux tenter le raconter autrement. Voilà ; d’un seul cliché je saisis l’instant.

« Je t’entends », dis-tu, à ce moment-là, un sourire dans la voix.

Une photo, quelques mots. Bric à book n°329. Les autres textes à lire ICI

Un paradoxe difficile à atteindre

Pierre regarde Noémie endormie. Noémie au tempérament lunatique, à l’intelligence vive, au rire grave. Noémie et tous les silences qu’elle ne livre pas. Un paradoxe à elle seule, parfois difficile à atteindre.

Pierre va à la fenêtre. Pendant un long moment il fixe son reflet et les arbres ; la rue déserte, mal éclairée. Par intermittence, l’obscurité s’illumine pour mieux retourner à la nébulosité. Les éclairs zèbrent un ciel empli de confusion. Au delà de la rue, Pierre devine l’océan déchaîné. Le vent souffle fort, la grêle qui tombe est assourdissante. La météo avait annoncé des orages, et depuis plusieurs heures maintenant, la tempête fait rage.

Pierre pense au hasard de la rencontre et à l’occasion extravagante qui l’a poussé à parler à Noémie quelques mois plus tôt. Il s’était arrêté à la terrasse d’une brasserie et avait commandé un café. Il avait regardé et écouté les vagues lécher le sable jusqu’au moment où la voix de Noémie avait attiré son attention. Il se souvient de la quantité de boules de glace qu’elle avait commandé ‒ autant que les couleurs de l’arc-en-ciel, avait-elle demandé au serveur ‒ Il se souvient de la question qu’il n’avait pas pu retenir de poser. Et de la réponse espiègle, de Noémie. Deux petites phrases anodines à l’effet colossal.

Pierre entend Noémie se lever. Il ne bouge pas. Pas encore. Il a parfois du mal à se situer dans son histoire avec elle. La fragilité de Noémie et, tout autant sa force, lui donnent le vertige. Son inconstance déstabilise sa propre constance. Un paradoxe de plus.

Le jour se lève et révèle les dommages de la nuit d’orages. La rue, envahie de débris de toutes sortes, détritus, branches cassées, jusqu’au sable venu de la plage, a des allures de fin du monde.  

Pierre voit la silhouette de Noémie se dessiner et s’approcher de lui. Il devine son sourire. Et Noémie, aussi aérienne qu’un papillon, lui souffle un bon jour en disant « On va voir la mer ? » Il la regarde enfin, si différente des filles qu’il a fréquenté auparavant. Il la regarde et son tourment s’apaise. Peut-être est-elle difficile à atteindre mais pas inaccessible, se dit-il.

Nul ne sait ce que l’avenir nous destine et cette pensée galvanise Pierre. D’un mouvement désinvolte, il saisit la main de Noémie, l’entraîne dehors et se met à courir dans la rue encore déserte.

Et le rire soudain qui l’accompagne suffit à sa raison.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Avec le thème Imprévisible, Quatorze mots à placer : Hasard Lunatique Intelligence Météo Confusion Soudain Papillon Effet Extravagant Zut Boule Destiner Dommage Désinvolte. (Une fois encore je n’ai pas réussi à caser l’un d’entre eux).

Les autres textes à lire ICI

Visuel peinture : M.C Escher

Le chant de ta voix

Je me suis réveillé au son de ta voix et de l’air que tu fredonnes. La mélodie arrive de loin ‒ peut-être de l’intérieur de toi ou d’un lieu où les arbres dansent encore sur les plages de sable blanc. Elle dévoile nombre de choses. J’y saisis l’idée d’un dialogue. Le rythme, ardent, envoute le chant des cigales et celui des oiseaux. Et dans les silences qui suivent, roulent les murmures en formation. J’y entends aussi le tintement du vent à l’horizon et la rosée au creux des pelouses vert tendre.

J’ai alors imaginé poser mes pieds nus sur les tapis moelleux de mousse fraîche et fouler l’humidité. Bien entendu, je rêve. Et le rêve est bon. Je ne m’y arrête pas pour autant. Il est vain d’alimenter la nostalgie.Si le monde a perdu ses repères, il nous faut en trouver de nouveaux.

Nombres d’heures sont passées à travailler notre labeur. Avant le soir, nous nous accordons une pause. Allongés sur le sol aride, les bras en croix, le regard tendu vers le ciel, seuls nos doigts se touchent. ‒ c’est le jeu de nos mots discrets. La voute est semblable à une chape grise dans laquelle on distingue de vagues nuances. Comme un môme devant le sapin, le jour de Noël, j’espère le bleu à chaque rafale de vent et en secret, tous les deux, formons l’espérance du futur.

Ce matin, ta voix m’a de nouveau réveillé. A l’image d’un accueil chaleureux, la résonance est belle, le chant ouvert ; généreux. C’est d’autant plus beau que de nos jours il est rare d’entendre les gens chanter. A la tonalité entendue, je me suis souvenu des saisons. Du goût sucré de l’été, du parfum des feuilles à l’automne, de la pluie les jours d’hiver, du retour de la lumière au printemps. J’ai pensé que de nos erreurs passées émergent le meilleur. Bien sûr, il reste beaucoup à faire, à écouter et à dire. J’ai alors caressé l’idée de raconter le monde à ma manière. Peut-être écrire les teintes intenses du safran et de l’azur, la poésie des astres. Et continuer à inventer demain.

Tout ce que je vois lorsque j’entends le chant de ta voix.

Pour les plumes d’Asphodèle chez Emilie : cette semaine douze mots à placer. TAILLEUR PELOUSE PLAGE PERDRE NOSTALGIE CIGALE LUMIERE ARBRE CROIX ACCUEIL AZUR ARDENT. (J’ai fait l’impasse sur le premier.) Les autres textes à lire sont ici

crédit photo : Volodymyr Zinchenk

Et tout mon univers a frémi

Je suis conteur d’histoires. Je vais par les sentiers, jusqu’aux villages les plus reculés pour un soir ou deux, narrer des récits imaginaires. Par principe je ne raconte jamais mes histoires vécues. Mais il y a des exceptions incontournables. Et celle que je vais te dévoiler l’est assurément. Je ne trahis aucun secret, ou peut-être le plus grand que je n’ai jamais osé rêver.

Le jour dont je te parle, la vallée se diluait déjà dans une atmosphère hivernale et sur les hauteurs le bleu s’ourlait de blanc. J’y habitais depuis des années et j’aimais bien m’y poser lorsque je revenais de mes voyages. Bien sûr j’avais une raison plus secrète de me réjouir de rentrer, mais je n’en parlais guère. A l’époque je taisais mes escapades chez Sara.

Au fond du vallon, il y a une colline qui côtoie presque le ciel.  A son sommet, se niche une bourgade où ne vivent que des femmes. Les habitants de la plaine évitent le lieu comme si toutes les conspirations du monde y trouvent naissance. L’affranchissement des habitantes ne plait pas beaucoup aux hommes des villages alentours. Ils médisent, affirment que seules des sorcières peuvent habiter tout là-haut, où rien ne pousse. C’est en partie vrai. Le sol est aride. Un vent sauvage souffle plusieurs heures le jour, s’assoupit en fin de journée pour reprendre de plus belle, la nuit, sans jamais se taire. Il y pleut rarement. Et les étés sont écrasants. Mais nulle magie en ces lieux, nul secret d’initié. Les femmes y travaillent dur et y gagnent le droit d’y vivre libres.

A chaque fois que j’ai franchi les derniers dénivelés j’ai toujours eu l’impression de me trouver à l’abri du monde. La maison de Sara est faite de pierres et de terre, emplie de dizaines de trucs utiles et inutiles qu’elle aime que je lui rapporte. A l’intérieur, la chaleur y est belle. Les heures heureuses. J’y reste quelques jours puis reprends la route dans tout le pays.

Sara, je l’ai rencontrée par un de ces hasards qui changent le regard sur le but de notre existence. Les premiers mois on se voyait en cachette. Puis, vinrent tous les autres, ceux où je vins conter mes histoires au rythme du vent. C’est un moment de repos, une pause bienvenue dans la journée des habitantes. Où que j’aille, où que je me pose, dès que je prends la parole, la magie opère. Ça me fait toujours l’effet d’ouvrir un coffret aux mille secrets. En un clin d’œil, les visages perdent leur austérité, les yeux s’illuminent.

Le jour dont je te parle, j’étais arrivé plus tard que les autres fois. La nuit tombait déjà. La montée avait été ardue, le sentier glissant et le vent annonçait une tempête. Près de six mois avaient passé sans que je ne rende visite à Sara. Six mois à traverser le pays pour raconter mille et une histoires. J’avais hâte de la revoir. Six mois, c’est long quand on aime. J’ai frappé à la porte de sa maison. Habituellement elle sait quand j’arrive et en cela peut-être est-elle un peu sorcière. Comme elle ne répondait pas, je suis entré et je l’ai appelée. La pièce à vivre baignait dans la pénombre. Je me suis inquiété de trouver le feu éteint, de ne pas la voir m’accueillir comme toutes les autres fois. Mais de la porte de la chambre la lumière filtrait. J’y ai entendu un pleur. Troublé, je me suis avancé. C’était un pleur un peu étrange, qui, me suis-je dit, n’avait pas lieu d’être. Pourtant il était ouvertement présent et assez fort, crois-moi. Ça m’a fait un drôle d’effet de l’entendre. Je n’arrivais pas à savoir s’il fallait que je franchisse le seuil de la chambre ou si je devais rebrousser chemin. J’ai néanmoins poussé la porte. Sara était allongée dans le lit et te tenait dans ses bras.

Chut, écoute, te dit-elle. Et après une respiration, elle a ajouté, Écoute la voix de ton père, et tu t’es aussitôt apaisé contre son sein. Sara a levé les yeux vers moi, ainsi que son sourire.

Et tout mon univers a frémi, mon tout petit.  

Pour les plumes d’Asphodèle quinze mots sur le thème du secret. COFFRET CACHETTE CONSPIRATION DEVOILER PRINCIPE CHUT CLIN D’OEIl INITIE VENT TRAHIR TAIRE TRUC POLICHINELLE PERCER PROTEGER. Quatorze d’entre eux m’ont inspiré.

Crédit photo Pinterest

Quelques précisions sur mon roman Nathanaël

Suite à une réflexion judicieuse émise en commentaire sur mon article précédent, je tiens à préciser que si Nathanaël peut être considéré comme une continuité de mon premier roman Lila, l’un et l’autre peuvent se lire indépendamment et sans ordre établi.

L’absence de sa mère, décédée à sa naissance, a créé un manque compréhensible dans la vie de Nathanaël et généré des rapports difficiles entre son père, sa sœur et lui. Une famille bancale dans laquelle il a du mal à trouver sa place. Passionné de musique, pianiste et compositeur en devenir, il puise une sorte d’apaisement dans l’amitié complice qui le lie à sa cousine Alice depuis l’enfance. L’apprentissage de la complexité des sentiments et l’inexplicable difficulté de grandir avec la sensation de vide qui l’accompagne entraînent cependant Nathanaël à fuir l’existence plutôt qu’à la vivre. Au fil des années et des rencontres, à travers la perception particulière qu’il entretient avec le bassin d’Arcachon, terre maternelle qu’il découvre l’été de ses dix-neuf ans, le jeune homme bâtit sa propre histoire. Une histoire où les personnes se heurtent, se découvrent, se dévoilent et s’aiment avec fragilité et résistance.

Si la curiosité vous y pousse : vous pouvez le commander chez votre libraire, et/ou l’acheter sur tous les sites de vente de librairie du web ou sur le site de l’éditeur : ICI

Ci-dessous un extrait du roman

Depuis mon arrivée, je respirais différemment. Ici, tout me parlait. Les senteurs maritimes, puissantes, le bruit perpétuel de l’océan, la couleur dorée du sable fin. L’attraction était forte, influente, et peu m’importait si je faisais un amalgame entre cette terre et ma mère. Je me fichais de savoir si cela révélait le manque terrible de son absence, je ne cherchais pas à y mettre des mots, ni des explications. J’étais un nouveau-né face aux perceptions que je découvrais. Je voulais apprendre à grandir dans ses bras maternels. Je lui adressais des mots silencieux. Des mots qui lui parlaient du chagrin de n’avoir jamais entendu sa voix ni son rire, celui de n’avoir jamais pu me blottir dans ses bras. Ma peur de vivre venait-elle de si loin ? Et celle d’affronter ce monde qui me bousculait sans que je trouve où m’amarrer ? Je tangue, maman, je tangue jusqu’au moment où je tombe. Me relever me demande un effort si grand. Je tremble. Me raccrocher aux branches est douloureux. Je tremble, encore. J’ai dans la tête un chaos permanent. Et sans la musique, je n’aurais pas envie de poursuivre ma route, mais ça, tu vois personne ne le sait, elle éloigne le vide un moment, même si la colère vient en supplément quand je perds pied. Je suis sans repère. Papa et Louise ne remplissent pas le manque que je ressens, au contraire, ils le renforcent, je ne sais pas comment c’est possible mais c’est là, tout le temps. Je suis venu, maman, je suis là.

Dans ces moments-là, quelle que soit l’heure je filais à l’océan. Je gonflais mes poumons de l’air de la mer. Je plongeais à l’intérieur de la vague, me laissais porter jusqu’à la crête et dans un crawl puissant, revenais vers le littoral, poussé par l’élan de l’onde. Me pardonnes-tu d’être vivant, lui disais-je, bercé dans le creux de l’oscillation. La nuit, je me contentais de rester sur le sable, je m’isolais des groupes de jeunes qui s’installaient autour d’un feu, ça sentait la saucisse grillée, la bière, la clope et le joint. Dans l’obscurité, l’océan m’impressionnait. Les sons et les odeurs explosaient dans la démesure. Je gardais les bras contre mon corps, j’étais comme un môme, effrayé, vaincu et conquis, tout cela à la fois.

Nathanaël (Parution de mon second roman)

Ce roman aura connu deux versions, une dizaine de relectures, plusieurs refontes, des retards de parution, des soucis d’impression et pour ma part beaucoup d’insomnies. Il a fallu s’armer de patience, chercher des raisons de continuer d’y croire. Je me suis rarement sentie aussi seule à faire face à l’incompréhension, à me demander si tout mon travail avait une raison d’être. Je me suis souvent demander si l’attente valait le coup. Certains m’ont dit de tirer un trait sur ce roman, de laisser tomber la maison d’édition.

Oui, mais. Mais derrière ce livre, il y a aussi des personnes qui ont cru en moi, qui ont accueilli cette histoire avec intérêt, qui connaissent mon écriture, ma façon (exigeante) de travailler. Pour un auteur, c’est sans doute une des étapes les plus importantes : la reconnaissance de son travail.

Alors j’ai patienté. Encore et encore.

Et puis voilà. La concrétisation de trois années de travail, d’inspiration, de frénésie, d’enthousiasme et de doute auront eu, en définitive, une raison d’être.

Sortie prévue vendredi 21 décembre 2018, aux éditions Ipagination.

Des nouvelles de mon roman »Lila »

lila-version-papierA ceux qui ont eu la curiosité de lire mon premier roman « Lila », ceux qui m’ont offert la très grande joie de recevoir vos ressentis, je tiens à faire mes remerciements également sur ce blog.

Par vos mots, votre enthousiasme, votre sensibilité, votre vécu, vous avez rendu tangible ce qui est rarement mis en avant. Les messages, les confidences que cette histoire a suscités sont une belle preuve que le travail réalisé pendant près de deux ans est aussi un partage avec le lecteur.

J’ai des sourires plein les yeux. Merci.

Extrait II de mon roman « Lila »

Exaspéré par la situation qui m’échappe complètement, j’explose littéralement. J’envoie valser les quelques revues qui jonchent la table, ainsi que mon téléphone que je viens de poser. J’en ai ma claque. Vraiment. Je reprends mon téléphone pour t’appeler mais c’est sur ta messagerie que je tombe :
— Lila, décroche ! Il faut qu’on se parle ! Je viens de lire ton mail et je ne comprends pas. Lila ? Décroche, bon sang !
Je suis fou de rage contre ton silence. J’ai bien saisi qu’il se passait quelque chose d’important. Mais quoi, bon sang ? J’essaie de joindre Étienne. Sans résultats.
J’arpente mon appartement de long en large. C’est bien trop petit pour l’angoisse qui me tient. Dehors, je m’éloigne du centre-ville pour rejoindre un sentier que je connais bien. L’air printanier embaume les jardins que je longe. Dans le crépuscule qui s’annonce les odeurs sont partout. Malgré la pénombre qui s’installe, j’arpente le chemin, puis au détour de la piste, je me retrouve face aux montagnes. Il me vient alors une bouffée de bonheur à les voir se dresser à l’horizon et tout autant une grande tristesse à ne pas savoir faire avec toi. Je laisse la nuit s’étendre. Je n’ai aucune hâte à l’idée de retourner dans mon appartement, de faire face à tous ces silences qui nous minent et nous isolent l’un de l’autre. T’aimer Lila est un combat. Je ne comprends pas pourquoi il est si difficile pour nous deux d’avancer, mais je sais où je veux être, à présent.

Lila

à commander chez votre libraire préféré ou sur le site de l’éditeur http://www.ipaginastore.com/fr/accueil/79-lila-version-papier-9782367910451.html

284 pages ; 20,4 x 13,4 cm ; broché

ISBN 978-2-36791-045-1

EAN 9782367910451

Parution de mon roman Lila

C’est une histoire de couple, de désir, d’entêtement, de liberté, d’amour bien entendu, parce que les sentiments sont au cœur de mes écrits et ce livre en traduit une ribambelle !

Le résumé de la quatrième de couverture pour un petit aperçu :

Malgré l’amour qu’il éprouve pour Lila, Gabriel a bien du mal à envisager une vie à deux. Il se veut sans attache et libre de toute entrave mais voilà, Lila est là et toute la passion qu’il ressent pour elle bouleverse la vie qu’il s’est choisie.

Une histoire d’accords et de désaccords, « un je t’aime, moi non plus » qui dérange, tourmente et entraîne Gabriel et Lila sur des chemins d’incertitude et d’amour passionnel.

Lila

Si la curiosité vous y pousse :

à commander chez votre libraire, ou sur tous les sites de vente de librairie du web

284 pages ; 20,4 x 13,4 cm ; broché

ISBN 978-2-36791-045-1

EAN 9782367910451

ou en vente ici  : http://www.ipaginastore.com/fr/accueil/79-lila-version-papier-9782367910451.html en version papier

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