Hiver

Eblouie par l’éclat paisible du soleil d’hiver je repousse toutes les inquiétudes et grave des paysages traversés de fissures et de failles. J’écoute les roulements répétés du tonnerre, le début de quelque chose, le pardon des hommes, ta voix de silence, le vent secouer les arbres avec ardeur.

Il y a les nuages gonflés de pluie, les mimosas en fleur, le fleuve en crue. Nos têtes levées vers le ciel. Habités de cette seule certitude que seul suffit aujourd’hui.

Insomnie

Entre deux pauses endormies

j’entre en terrain vague

La nuit s’étire d’heures infinies

dans lesquelles je pourrais écrire mille histoires

m’étourdir du son des couleurs et de la matière des mots

m’affranchir de la pesanteur et de toute peur

Mais dans l’obscurité les ombres dansent

les noctambules et autres oiseaux nocturnes se sont tus

même le vent incite au silence

Voyage XIX

Dernier né de la série Voyage, « Voyage XIX », illustré par la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique, pastels à l’huile

Format 50 x 70

Je me hâte et me reforme

les pieds sur une fosse marine

au sortir d’une nuit incertaine

j’effleure une échine 

pour que les bras et la mer se comprennent

j’invente des refuges

j’invente des détours

je me hasarde vers une étendue d’eau à ma mesure

la vie s’enroule douce et dure

maison cellulaire dont je caresse les lézardes et les commotions

dans l’affolante et tendre sororité des sphères

la rougeur reposée s’endort bientôt dans sa laine

vois-tu il y a toujours des strates orange d’arrière-soleils

dans ce qui émeut la pierre au plus profond

De ta présence

Engranger le beau

nourrir la constance

et se dire tous les silences à s’aimer

J’entends dans le jardin un merle siffler

le vent sur la colline souffler l’autan

et ta voix sourire

comme au premier matin

Cueillir le jour

Dis-moi le refuge de ceux qui réparent l’âme du monde
et tous ces petits pas 
faits et à parfaire 
qui modèlent les heures du matin
 
dis-moi l’amour 
et la caresse de décembre
dans l'assurance des pierres levées  

alors que la saison s’installe
que le fleuve se gorge de pluie
je frôle les strates des sentiments
et comme à l’aube première cueille le jour 
 
j’entends la terre sensible
goûter le silence des arbres 


Tableau à quatre mains : Fran et Laurence Délis

Je puiserai loin

Et pourtant toute la pesanteur charrie même les plus endurcis

et du point limite s’étendent les maux et l’indécis

Je lève la tête vers le ciel et mes yeux vers les visages croisés

cherche le bleu lumière et les rires oubliés   

L’année se prolonge en heures sombres et longues

Alors je puise loin dans la terre l’envie de vivre

la plus petite flamme à saisir

Et de nos racines profondes pétrirai l’avenir.

L’horizon des évènements

En bordure d’univers dans le temps et l’espace dilatés
on gagnera le pourtour de l’horizon à la limite infranchissable 
Et le temps ralentira la courbe des secondes
jusqu’à devenir éternité

Cliquez sur les photos pour mieux voir les détails

Peinture acrylique sur toile, collage papier, collage végétaux (2017)

Format 100 x 100 cm

Quand un tableau m’inspire des mots. Ici, le titre a fortement influencé l’écriture. La génèse du tableau à voir ICI

A distance

Toutes ces heures immobiles

sans se serrer dans les bras

et toutes les fois où ta main ne se pose plus sur ma joue

je rêve du geste prenant le pas sur le verbe

la chaleur de ton regard ne suffit pas

je crève de tous les manques

je meurs de t’aimer à distance .

Crédit photo : source inconnue

Jongler avec le vent

 Faut-il grimper haut pour donner corps 
 à tous nos choix
 Répandre le blanc des cimes 
 Et l’or dans le ciel à venir ?
  
 Je veux jongler avec le vent 
 dire le courage d’avancer
 malgré le brouillard et les ombres
 et m’armer de lumière 
 pour lever la main en résistance
 braver le déséquilibre et l’agitation
 les secousses persistantes
  
 Je veux jongler avec le vent
 Jusqu’à enlacer l’envol léger de nos libertés 

Une photo, quelques mots Brick à Book 384

Terre infinie

je ne veux pas de maladie
sur la Terre infinie

ma fierté n'est pas refroidie
ni les esprits qui sans bruit
sèment les graines sous la pluie

j’entends la jeune mélodie
vivifier la terre ancienne du peuple maori
et réveiller les sourires assoupis
dans les arbres prospères et le vent épanoui

j’entends le bruit de l’eau qui court
le refrain des galets dans le chant du troubadour

j’entends gronder l’orage lourd
le son de la pluie dans l’éclat du jour
les enfants plonger dans les rivières alentour

l’art est long et le temps est court
pour peindre le monde au pourtour
les oiseaux du ciel et les grandes tours
toute trace d’hommes sur la ligne ample du jour

Jeu 61 chez Filigrane. Créer un poème sandwich à partir d’un extrait poétique de Charles Cros :

Je ne veux pas de maladie,
Ma fierté n’est pas refroidie,
J’entends la jeune mélodie.

J’entends le bruit de l’eau qui court,
J’entends gronder l’orage lourd,
L’art est long et le temps est court.

« Insoumission » – Charles Cros

Je me souviens, les vagues naissent d’embruns

Quand l’aube se dérobe et que dans la lumière le jour enfle

je vois du haut de nos évasions flottantes

la mouvance stabiliser le temps héroïque

Et dans le bercement maternel de la terre en éveil

on modère toute embrouille

on s’arme d’amour pour chasser ce qui reste de la pesanteur

Tout contre toi, comme soutien inébranlable

je me souviens, les vagues naissent d’embruns

et le fruit de nos méditations calme tous vents contraires

Il est alors facile de lier le monde à la lisière de l’horizon paisible

dans la douceur ample du devenir

t’aimer n’a jamais été aussi libre.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème RASSERENER 13 mots à placer : Calmer, soutien, douceur, héroïque, patient, cool, grrr, méditation, maternel, modérer, embrouille, évasion, éveil. (j’ai fait l’impasse pour deux d’entre eux, je vous laisse deviner lesquels) 🙂

De chaque ébauche à venir

Il se pourrait que dans la précipitation on ait éloigné la boite des souvenirs

Oublié comment rendre l’esquisse tendre.

Là, au pied des arbres courbés par le vent

laisse tes doigts glisser le murmure de l’eau sur ma peau

Et nos corps d’argile, pétris de fréquences connues et inconnues

Se risqueront à nouveau au flux du temps.

On pourra alors de chaque ébauche à venir

Gommer les indécisions

Balayer les éclairs et les bruits avec diligence

Bousculer la prudence trouver remède et solution.

Et si la quête éperdue perdure

Trouver les minutes qui rapprochent

Au besoin ralentir

Partir

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème VITESSE, 12 mots à placer : Précipitation, pied, éclair, boite, courir, (vélo), temps, diligence, minute, risquer, ralentir, remède. J’ai délaissé le vélo, j’ai préféré marcher 🙂

le fil d’équilibre

Tu sais, inutile de s’exposer à tous les maux
on peut balayer les secrets et ouvrir les yeux
et si la mécanique du monde vacille
lâcher nos vies précaires et nos béquilles encombrantes
souffler sur nos découpes de cartons et repousser l’ombre
Et pour apprivoiser les nuits oppressantes
on maniera l’outil diamant jusqu'à polir toute aspérité niée
Nous prendrons alors le sens du vent et de chaque courant ascendant
nous considérerons la lumière pour retrouver le fil d’équilibre
affermir l’envol du jour et puiser l’audace
sans faillir
et s'il nous faut partir je n’ai qu’une demande 
un cadeau une offrande d’espérance
Cueillir encore
à chaque aurore
les grains de sucre déposés sur tes lèvres.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du mot BOITE ont découlé 10 mots : Pandore béquille nuit cadeau secret sucre carton ouvrir oppresser outil.

Sculpture land art : Martin Hill

Bleu

Bleu

à l’âme nous vacillons dans les grands désordres du manque d’équilibre

traversant les vagues indécises et les bleus hasardeux de nos chutes répétées

jusqu’à se perdre dans les méandres de l’outremer et des tourments cobalt

On oscille dans l’agitation des couloirs imposés

puis on se détache du monde impatient

et à la faveur de nos sens retrouvés

nos cœurs perdus s’apaisent

Je frôle ton âme d’indigo et de l’encre délébile

se dilue le blues

Ne reste que l’horizon stable de la ligne azur

et ta main qui embrase tous les bleus amoureux