le fil d’équilibre

Tu sais, inutile de s’exposer à tous les maux

on peut balayer les secrets et ouvrir les yeux

et si la mécanique du monde vacille

lâcher nos vies précaires et nos béquilles encombrantes

souffler sur nos découpes de cartons et repousser l’ombre

Et pour apprivoiser les nuits oppressantes on maniera l’outil diamant jusqu’à polir toute aspérité niée

Nous prendrons alors le sens du vent et de chaque courant ascendant

nous considérerons la lumière pour retrouver le fil d’équilibre

affermir l’envol du jour et puiser l’audace

sans faillir

et s’il nous faut partir, je n’ai qu’une demande, un cadeau, une offrande d’espérance

Cueillir encore

à chaque aurore

les grains de sucre déposés sur tes lèvres.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du mot BOITE ont découlé 10 mots : Pandore béquille nuit cadeau secret sucre carton ouvrir oppresser outil.

Sculpture land art : Martin Hill

Bleu

Bleu

à l’âme nous vacillons dans les grands désordres du manque d’équilibre

traversant les vagues indécises et les bleus hasardeux de nos chutes répétées

jusqu’à se perdre dans les méandres de l’outremer et des tourments cobalt

On oscille dans l’agitation des couloirs imposés

puis on se détache du monde impatient

et à la faveur de nos sens retrouvés

nos cœurs perdus s’apaisent

Je frôle ton âme d’indigo et de l’encre délébile

se dilue le blues

Ne reste que l’horizon stable de la ligne azur

et ta main qui embrase tous les bleus amoureux

Rouge

Je balaie la colère
Et toutes peurs 
C'est la vie
La vie qui s'enfuit
Et celle qui nait au sorti du ventre de nos mères
Et si la porte mène au sang de nos pères
Transfuse du passé au présent
De la peine à la douleur
Je vais grandir de l’intérieur
Faire face
Et ne pas oublier que les jours qui passent
Est sang d'équilibre et de silences paisibles
Quand celui de tes lèvres
Trouble le rouge des miennes

Une photo, quelques mots Bric à book 360

Photo : ©Steven Roe

Dis-moi ta présence

Photo © Destin à terre via pinterest

Si je quitte la forêt
Dis-moi la trace de l’homme sans l’ombre
Et efface la supercherie de nos semblants
De tous les vides qui nous ravagent

Faut-il frôler des doigts
L’orée des bois sans fendre le mielleux
Et se camoufler jusqu’à retenir la peine

Taire nos erreurs
Et battre l’absence avide
Des hommes hypocrites

Doit-on plonger dans l’opacité
Et se fondre loin de la lumière
Pour se garder de tous simulacres

Si je traque la tourmente
Dis-moi ta présence
Et la respiration paisible
Des hommes libres
La transparence des jours à venir

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie le thème était Faux-semblant duquel a découlé 9 mots à placer SUPERCHERIE HYPOCRITE MIELLEUX CAMOUFLER SIMULACRE RADOTAGE TRANSPARENCE TAIRE TRAQUER. (j’ai laissé radotage)

Infinis fragiles

Faut-il atteindre l’indigo
Des jours de pluie
Et la lumière des nuits sans étoiles
Pour parler de mémoire
Ces infinis fragiles
Des hommes qui affrontent le noir
Et se retiennent de tomber
Là où la mer tresse les souvenirs
 
Comme on s’amarrer malgré la rouille
Aux vagues bleues du souffle majeur
J’entends battre en nous
Le bruit sourd
Du manque et de la douleur

Jeu 53 chez La Licorne. Deux contraintes : quatre couleurs plus quatre mots tirés d’un poème d’Arthur Rimbaud : étoile, infini, mer, homme pour une poésie entre quatre et seize vers.

Immobile

A la verticale du temps

j’ai cessé de courir

et sous l’impulsion de l’inspiration

j’ai respiré la terre mouillée

les feuilles mortes sous mes pieds et la pluie en haut des cimes

J’avance immobile

C’est je crois

dans le mouvement lent de l’équilibre

Que s’affermit l’invisible

Et rend tangible

L’éveil de nos sens

Photo : Détail de « Automne » (tableau en cours de réalisation)

Avant de dormir

Credit photo Pinterest

Traversée d’un élan sourd

Les yeux portés sur la langue de mer sauvage

Goûtant des lèvres le vent et l’iode

J’étreins tout ce que la terre porte d’essences

Et tes bras autour de moi

Rivent le temps

A l’étendue sensible de nos sens

Octobre

Crédit photo Pinterest

J’ai planté mes pieds dans le sol pour arrêter la course des ans

Et ta main,

ta main si ample a enrobé la courbe du temps

Jusqu’à ton souffle sur ma peau à la couleur pâle d’octobre.

Dans le silence de la terre le lent ballet des oies sauvages élargit le ciel

Et l’on sommeille tous deux

Eternels

Aux allures sauvages des éléments

Aux allures sauvages des éléments

Dans la fureur sombre

De tous ces pas difficiles à franchir

Et de ce qui divise

Je traverse les plaines et le vent

Et dans l’obscurité des cœurs éteints

Je cherche le langage interrompu

La couleur des ressemblances et celles des différences

Les nuances des richesses

Et dans l’oscillation du souffle fragile et de la lueur vacillante

Je nourris la perspective

De tout ce qui rassemble

Peinture : ©Philippe Cognée

Traces

Et le sable se ride

Des traces de toi

Dense de la pesanteur de l’eau

La chaleur de ta peau

N’a jamais craint ni la pluie

Ni les larmes

J’ai le goût de toi

Dans chaque grain

Que je foule

Quand la Lune trouble la Terre

Quand la Lune trouble la Terre,

Les marées s’étirent

Jusqu’à l’horizon

Où la lumière

Cillent les flots d’argent

On est alors au début du monde,

En bordure de jour et de la nuit,

Là où sans bruit, sans heurt

Une petite perle d’éternité

Glisse sur le temps

C’est avant l’obscurité, quand en retour la Terre chuchote :

« De deux choses lune, l’autre c’est le soleil ».

Et tout l’univers d’approuver bien sûr

Et les hommes – microscopiques ‒, un jour peut-être, la conscience éveillée,

Cesseront enfin de se mirer dans les simulacres

Pour apprécier le manifeste renouvelé.

En juillet l’agenda ironique prend ses quartiers chez Louise Mathurinades et coquecigrues. On y parle de la lune comme on veut avec pour seule contrainte d’insérer une expression française comportant le mot lune. J’ai un peu biaisé avec l’expression française pour une citation de Jacques Prévert piochée dans « Le paysage changeur » Paroles (1946)

Les autres textes lunaires à découvrir ICI

Crédit photo : Pinterest

On navigue à vue de rêves

Allongés nus sur un lit d’herbe folles, au milieu des maringouins assoiffés

Le soleil joue d’ombre et de lumière

Sur nos corps impatients.

La tête en friche

Eloignés des normes et des habitudes de ce monde

On navigue à vue de rêves

L’un énergumène

L’autre schizophrène.

On danse l’air de l’autre

Comme nos sourires en vie de nos corps.

Chairs aimées

Assoiffées de baisers

Et de tendresse éternelle

Nos étreintes au goût de folie belle.

On navigue à vue de rêves

Encore.

L’un énergumène

L’autre schizophrène.

Quant à la nuit, peaux rassasiées, âmes nourries, panses comblées de fruits de lambrusque

Le sommeil nous gagne.

Bon

Jour

Dans

Tes

Bras.

Pour l’agenda ironique, le mois de mai chez La plume fragile. Quatre mots
énergumène, schizophrène, maringouin, lambrusque, un zeste de folie amoureuse, un soupçon de poésie.

Peinture : Gustav Klimt.

Au regard de nos manques

Du haut des ponts suspendus

On voit les hommes bouleverser le monde.

Alors on bascule.

La tête à l’envers, on s’imagine frôler l’herbe, fouler le sol, plonger dans la glaise.

Être sève dans la chair ou fourmis tambocha à la recherche des trésors de la terre.

Aussi fragiles et forts que le peuplier dans le vent.

On peut plier sans céder.

 Chuter et se relever.

Être de terre et d’éther, d’or des blés et d’azur du ciel.

Parfum de pluie, bruit de feuilles dans les branches, mouvance dans les épis de pereskia.

Au cœur des corps, la constance des architectes frappe les océans du monde.

Effleure l’horizon des événements,

Chuchote l’avenir.

Au regard de nos manques

Ne pas oublier d’y rester attentifs.

Pour l’agenda ironique d’avril hébergé par Anna Coquelicot de Bizarreries & Co . Cherchez, imaginez, inventez, détournez à partir des épis de pereskia et des fourmis tambocha.

épis de pereskia et fourmis tambocha, nés sous la plume et l’imaginaire d’Aimé Césaire dans le poème Insolite bâtisseurs

Crédit photo Pinterest