Voyage XXX

Encres couleur, acrylique sur papier

Format 30 x 40 cm

Parfois un tableau offre une lecture différente et tout autant intéressante selon le sens qu’on lui donne. Ils ouvrent des espaces et des paysages sur lesquels j’aime m’arrêter et si c’est le cas, je privilégie le choix en proposant un accrochage double sens. Il est rare que le spectateur ose se positionner pour un sens plutôt qu’un autre, comme s’il ne pouvait légitimiser son choix par rapport à celui de l’artiste. J’aime à penser pourtant que mes tableaux offrent cette liberté-là.

Laurence Délis – Peinture – Art contemporain

Voyage XXVI

Voyage XXVI accompagné du regard poétique de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Laurence Délis – Peinture – Art contemporain

Acrylique sur papier, encres couleur

Format 30 x 40 cm

quand l’aube secoue ses poches

nos corps se hâtent doucement

et dans une maladresse ancienne

pour retrouver ce qui nous fut très proche

et bat encore au poignet

était-ce le bord d’une île 

où s’allumait une lampe idéale?

était-ce la traîne recluse de vieux astres?

d’eaux en eaux on lance nos mains d’écluses

on travaille à nos crochets d’écumes

on oublie le vase la vasque et la carapace

renversée sur son ombre

qui doutait d’un possible filon d’or

l’émail en fusion sur la gorge des vents

on revient ausculter longtemps

les secrets de la terre et ceux de l’âge

le bleu tendre d’une plainte lointaine

s’étire au large de l’enfant sentimentale

venue le ciel sur le dos donner

son âme à la mer

Barbara Auzou.

Voyage XXV

Voyage XXV accompagné du regard et de la poésie de Barbara Auzou. Merci infiniment Barbara.

Peinture acrylique, encres couleur sur papier

Format 34.5 x 50 cm

par le trou central des légendes

dans le non-lieu des heures

quand les choses s’émeuvent 

toutes seules et tremblent

sur leur lisière d’or chaud

on regarde monter l’eau tendre

dans le gros oeuvre des vagues

les îles accroupies sur leur miel

roux qu’elles protègent de leur mieux

contre le noyau dur de la lumière

et l’aléa des deltas

une onde bleue de sel

entre lassitude et fulgurance

bientôt viendra caresser l’éternelle

coupole de l’azur

et les pudeurs d’abîme et d’imprudence

qui nous irriguent

Barbara Auzou.

Voyage XXIV

Quand le partage est source d’accomplissement : Voyage XXIV accompagné de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment

Acrylique, encres couleur, pastels huile sur papier

Format 30 x 40 cm

Toi qui sais que toute dentelle

se déchire

tu ravaudes les liserons du ciel

pour épouser les déclivités

du soleil

pour retrouver la grâce de rêver

et rentrer chez toi 

avec quelques cailloux en poche

l’eau ruse en ses flots

et l’étendue s’accroche

la terre consent 

puisque le bleu lui sied

à un lien d’échanges

encore embroussaillé

d’oiseaux

entre l’ombre et l’orée

que le vent chavire

tu guettes l’amorce d’un visage

tremblant au contact

d’une trop brusque fraîcheur

Barbara Auzou.

Voyage XXIII

Quand Voyage XXIII s’anime de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Acrylique sur papier, encres de couleur

Format 32 x 49.5 cm

notre silence mûrit hirondelle souvent

et dans le jeu complexe

de nos correspondances

et de nos entrelacements

tourne la magnifique et redoutable

machine analogique 

comme un fil jaune reliant

la brume à l’insaisissable

la source à son élan

la danse à notre désir insensé

d’être dedans

les vides et les pleins sont autant

de vie que les mots ne sauraient

nommer

le temps est un bouclier de prairies

de baies à nos bouches 

déçues et ravies par le fruit prolifique

si proche si lointain

que ne contredit jamais

aucun ciel

Barbara Auzou.

Voyage XXII

Quand la poésie de Barbara Auzou accompagne Voyage XXII, l’art s’en trouve grandi.

Merci Barbara. Infiniment

Peinture acrylique sur papier, encres couleur

Format 50 x 65 cm

le coeur démâté

au-dessus d’une douceur

que la mer nous refuse parfois

on vient encore creuser jusqu’à l’eau

avec nos doigts striés d’oiseaux

on use nos galets en location passagère

contre la grande allure du bleu

qui couve en silence son vert repos

et dans un bruissement de chevelures

où vacillent nos vies nos voiliers

on lève un jour un visage de verre

ou de diamant

 comme il nous prononce doucement

on signe sur lui le sable d’une appartenance

sans retour

Barbara Auzou.

Voyage XXI

Voyage XXI, illustré par la poésie de Barbara Auzou

Merci Barbara

Acrylique sur papier, encres de couleur

Format 30 x 40 cm

passé le verre à l’intérieur du coeur

la tectonique des âmes qui lèvent leur vertige 

toutes blessées d’une fenêtre inquiète

passée la mémoire éparse avec tous ses oiseaux

on devine les mers aux gestes vagues

qui nous laissent le pli des pierres de bonne volonté

les parfums acidulés de l’enfance 

s’enroulant autour de leur première intimité

et tant de poignées de perles perdues au creux de nos cycles

des couleurs les silos toujours nous devancent

quand bien-même notre aisance

à grimper sur nos joies clandestines

Barbara Auzou

Voyage XX

Quand Voyage XX s’anime de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique

format 40 x 50 cm

nous marchons de visions en visions

dans la mer inentamable dont nous partageons

les voeux profonds les gestes autonomes

les bras d’ailes et de moulins et tout nous ramène

à l’infrangible unité de la vague

à la plaie fièvreuse et tendre nous en habitons

le centre les portes et les fenêtres la pliure du coeur

avec son sel les paupières où l’on danse

nous tendons en robes de ciel en mousses de lilas

nos mains douces vers un échange très simple

 insulaire

quelque part entre la fugue et le silence

Barbara Auzou.

Voyage XIX

Dernier né de la série Voyage, « Voyage XIX », illustré par la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique, pastels à l’huile

Format 50 x 70

Je me hâte et me reforme

les pieds sur une fosse marine

au sortir d’une nuit incertaine

j’effleure une échine 

pour que les bras et la mer se comprennent

j’invente des refuges

j’invente des détours

je me hasarde vers une étendue d’eau à ma mesure

la vie s’enroule douce et dure

maison cellulaire dont je caresse les lézardes et les commotions

dans l’affolante et tendre sororité des sphères

la rougeur reposée s’endort bientôt dans sa laine

vois-tu il y a toujours des strates orange d’arrière-soleils

dans ce qui émeut la pierre au plus profond

Voyage – Rétrospective II

Si l’année 2020 a été difficile à plus d’un titre, elle a, malgré tout, donné naissance à la série « Voyage ». Ces tableaux, peints tout au long des deux confinements, ont été autant un appel à l’évasion qu’à la contemplation. Alors que les hommes se confinent, que le monde se retire du monde, l’écoute de la Terre prend de l’ampleur. Elle s’impose, même, comme essentielle. Et si plus d’une fois, j’ai peint d’autres sujets, je suis revenue à cette perception particulière qui m’a accompagnée tout au long de la création. Comme toujours, le mouvement nait de la couleur et de la couleur, celle du mouvement. Les lignes se dessinent à l’instinct à la recherche d’une nouvelle lecture du monde. Chaque paysage dévoile une dimension intuitive de la Terre et, l’expression du vivant, témoin d’une époque particulière raconte son histoire. Cette lecture est infinie et vibre encore profondément en moi. Qui sait où me mènera demain ?

La première rétrospective des Voyages est à voir ICI

Voyage XVII

Même quand la terre est assoupie, nous voyageons. Nous sommes les graines d’une plante persistante, et c’est dans la maturité et la plénitude du cœur que nous sommes livrés au vent et dispersés.

Khalil Gibran

Peinture acrylique sur carton, pastel à l’huile, encres couleur

Format 21 x 30

Voyage XVI

Le voyage est un songe dont l’éblouissement est inoubliable.

Victor Hugo

Peinture acrylique sur carton, encres couleur, marqueurs

Format 29 x 39 cm

Du sable encore dans les cheveux

sur l’étal de l’azur je reprendrais bien un peu

ce matin de ce fuselage du rêve cet astre convulsif

et farouche

élevé sur les paniques de nos vies et qui finit

en bouche

comme un élixir d’écailles pour nos mots liquides

dont on voit luire la peau à l’horizon

Barbara Auzou.

Voyage XV

Et il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.

Milan Kundera

Format 30 x 40

Peinture acrylique sur carton, encres couleur, Posca

Voyage XIII

Le véritable voyage, ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie intérieure.

Antoine de Saint-Exupéry

peinture acrylique sur carton, encres couleur, pastels à l’huile

Format 40 x 50