Le chant de ta voix

Je me suis réveillé au son de ta voix et de l’air que tu fredonnes. La mélodie arrive de loin ‒ peut-être de l’intérieur de toi ou d’un lieu où les arbres dansent encore sur les plages de sable blanc. Elle dévoile nombre de choses. J’y saisis l’idée d’un dialogue. Le rythme, ardent, envoute le chant des cigales et celui des oiseaux. Et dans les silences qui suivent, roulent les murmures en formation. J’y entends aussi le tintement du vent à l’horizon et la rosée au creux des pelouses vert tendre.

J’ai alors imaginé poser mes pieds nus sur les tapis moelleux de mousse fraîche et fouler l’humidité. Bien entendu, je rêve. Et le rêve est bon. Je ne m’y arrête pas pour autant. Il est vain d’alimenter la nostalgie.Si le monde a perdu ses repères, il nous faut en trouver de nouveaux.

Nombres d’heures sont passées à travailler notre labeur. Avant le soir, nous nous accordons une pause. Allongés sur le sol aride, les bras en croix, le regard tendu vers le ciel, seuls nos doigts se touchent. ‒ c’est le jeu de nos mots discrets. La voute est semblable à une chape grise dans laquelle on distingue de vagues nuances. Comme un môme devant le sapin, le jour de Noël, j’espère le bleu à chaque rafale de vent et en secret, tous les deux, formons l’espérance du futur.

Ce matin, ta voix m’a de nouveau réveillé. A l’image d’un accueil chaleureux, la résonance est belle, le chant ouvert ; généreux. C’est d’autant plus beau que de nos jours il est rare d’entendre les gens chanter. A la tonalité entendue, je me suis souvenu des saisons. Du goût sucré de l’été, du parfum des feuilles à l’automne, de la pluie les jours d’hiver, du retour de la lumière au printemps. J’ai pensé que de nos erreurs passées émergent le meilleur. Bien sûr, il reste beaucoup à faire, à écouter et à dire. J’ai alors caressé l’idée de raconter le monde à ma manière. Peut-être écrire les teintes intenses du safran et de l’azur, la poésie des astres. Et continuer à inventer demain.

Tout ce que je vois lorsque j’entends le chant de ta voix.

Pour les plumes d’Asphodèle chez Emilie : cette semaine douze mots à placer. TAILLEUR PELOUSE PLAGE PERDRE NOSTALGIE CIGALE LUMIERE ARBRE CROIX ACCUEIL AZUR ARDENT. (J’ai fait l’impasse sur le premier.) Les autres textes à lire sont ici

crédit photo : Volodymyr Zinchenk

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Agenda ironique, les résultats de mai.

19 textes riches, variés, inspirants, inspirés, auront été écrits pour cet agenda de mai. Un grand merci à Milena de La plume fragile pour le thème proposé et la gestion de l’agenda.

Les textes les plus plébiscités ce mois-ci : Fleurs et démons, On navigue à vue de rêves et Ma zone. Bravo donc à AnnaCoquelicot et Victorhugotte et merci à ceux qui ont également apprécié mon texte.

Enfin, pour héberger l’agenda de juin, c’est Vérojardine de Poésie de nature qui a été désignée.

Merci à tous les auteurs, les lecteurs, les votants qui participent à faire vivre cet agenda et un spécial remerciement à ceux qui le pimentent avec humour dans leurs commentaires. 🙂