Voyage VI

« Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. » Guy de Maupassant

Format 20 x 20

Acrylique, feutres Posca

Portrait de Lise

Pastels à huile sur canson (21×30)

Quand Mathieu dessine c’est au changement de pose que le corps de Lise se métamorphose. Du trésor intime il ouvre la voie à l’inspiration démesurée. Il passe du noir à la couleur. C’est un voyage aux rythmes variables, aux subtiles liaisons qui relient le négatif au positif.  Il crée. Il crée l’espace et la matière et d’une inflexion imaginaire, fait naître un équateur idéal aux chemins changeants.

Il mesure l’ombre au creux des lignes et, le geste large, il esquisse les arrondis vastes, les rondeurs courbes jusqu’à conquérir le mouvement furtif du trait. D’un doigt il écrase la craie grasse, l’applique aux contours, gonflant les formes, exagérant les parallèles, traquant la moisson de couleurs comme une exubérance estivale. Il élargit le monde avec une pointe d’obsession cardinale. Il épouse l’air, la terre, la chair. Hume la peau épicée, effleure et pétrit l’abandon du corps ; toute liberté que Lise lui concède.  

Puis comme signature, appose au coeur de la toison brune, une petite étoile blanche.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème latitude ont découlé les mots suivants : changement, voyager, étoile, mesurer équateur, positif, vaste, parallèle, liberté, trésor, cardinal, courrier, conquérir. J’ai laissé de côté le mot courrier

Le dessin « Portrait de Lise » a été crée à partir du texte. J’ai utilisé les quelques pastels à l’huile retrouvés dans le fond d’une boite de matériel de peinture.

Travail en cours (détails)

Alors que son ébauche avait bien avancé, il m’aura fallu ce premier mois de confinement pour retrouver la dynamique perdue vis à vis de ce tableau. Ce temps a défini le devenir de celui-ci et au fil des détails qui prennent formes, des couleurs qui émergent sur celles déjà posées, je deviens la toile, les formes, les couleurs. Je retrouve enfin ma place.

A suivre

Être de terre et de lumière

Je porte en moi des millénaires d’existence, la patience de nos pères et la sagesse de nos mères. De la semence à la sève, la terre, le ciel, l’air et le feu m’ont façonné. J’accompagne les sources et le vol des oiseaux, le feu du couchant et la quiétude de l’orient.

L’histoire est récente mais elle prend naissance dans les temps anciens. Un matin, l’Homme a posé sa main sur moi et dans le flux de son sang, j’ai entendu le regard fuyant du monde et toutes traces des humains sans repères. Il portait en lui nombre de pensées en déroute, vacillait sur les brèches de l’existence, petit être usé par des siècles de bitume et de vanité. Ses racines, frêles et périssables avaient délaissé l’essentiel, négligé les modes et les façons de grandir. J’ai puisé loin dans le journal du temps pour lire la mesure de ses erreurs, les nœuds innombrables, les heures glaciales et les orages violents. Pour l’Homme j’ai absorbé les maux de la terre, drainé les trop pleins. J’ai plongé dans les abîmes pour y recueillir la mémoire et l’origine du monde, et dans l’intervalle, j’ai vu le corbeau planer près de mes cimes, tournoyant comme un radar en quête de réponses. La terre grondait, respirait l’air en souffrance et la peur des hommes sans foi. J’ai traqué chaque manque, chaque gouffre et réparé chaque vibration interrompue, offrant des courbes d’horizon et de l’audace, pour accueillir la vie. J’ai ouvert toute amplitude pour, tel un boomerang, lui permettre de revenir à la source. Alors, des racines profondes le chant des montagnes a jailli et dans la résonance du jour les ragots se sont tus. Et comme des notes de musique longtemps réprimées on a à nouveau entendu iodler les mers et le vent.

Pour les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème Echo ont découlé 13 mots à placer : montagne, mode, ragot, radar, corbeau, iodler, boomerang, hoquet, résonance, journal, gronder, profond, glacial. J’ai fait l’impasse sur hoquet.

Photo : © Lucile Duneau-Délis

Escalier C – Porte 26 (fin)

Mon sommeil a été entrecoupé de rêves. Des rêves étranges, où des mains multiples jouent avec des couleurs. Des idées fusent sans ordre ni logique, quoique les rêves, me dis-je, ont leur propre logique. Je suis à la fois spectateur à regarder tout geste prendre forme et acteur à manier avec aisance les matières. Des silhouettes filiformes dansent, se mêlent à la ronde des danseuses bleues de Degas et à celles des nues de Matisse. J’y entends la musique comme autant de touches de couleur sur une toile blanche.

 A mon réveil je suis habité d’une fièvre étrange, animé d’une vivacité et d’une passion dont je ne me serais pas cru capable. Je baigne encore dans les rêves. J’ai oublié ma peur de la veille, je pense que décidément les enveloppes de couleur ont un drôle de pouvoir. Je pense à la personne qui les a déposés, je la vois solaire et bienveillante. Elle traverse ma solitude, me porte vers le large, loin de tout confinement. L’horizon est vaste, auréolé de lumière. Je respire. Je respire.

J’ai fouillé dans mes tiroirs à la recherche de crayons, de feutres, de stylos, de la moindre couleur que je pourrais utiliser. J’ai lissé chaque feuille A4 où sont inscrites les lettres de l’alphabet et les ai posés sur le plancher, les unes à côté des autres de façon à avoir une grande surface pour travailler. J’ai conscience qu’il en manque une, celle que je n’ai pas reçu, et l’espace s’en trouve bizarrement décalé, mais je décide que ce n’est pas le plus important. J’ai de quoi faire. Avec un stylo, je joue avec les courbes et les lignes des lettres. Je crée d’autres formes autour d’elles dans lesquels se mouve la silhouette entrevue dans mes rêves. J’y mets autant de couleurs que possible, les formes se multiplient à l’infini. A l’évidence je vois que sous mes doigts elles prennent vie. Durant les heures suivantes j’invente un monde coloré, foisonnant de mots et de rencontres et je me trouve aussi à l’intérieur.

Je travaille jusqu’au soir. La faim me tiraille, la soif aussi. Je suis à la fois épuisé et serein. Je constate que le frigo est quasiment vide, qu’il me faudra sortir demain acheter quelques denrées parmi les rayons quasiment vides. Je mets du temps à m’endormir, je songe au lien étrange qui se lie entre le mystérieux expéditeur et moi. Je pense à ce que j’ai accompli ce jour, à la libération vécue dans l’instant de la création.

Ce matin dans la boite aux lettres je découvre une nouvelle enveloppe. Elle est identique aux précédentes mais dépourvue de couleur, d’un blanc franc qui me surprend. Je la tourne longtemps entre mes doigts, indécis. Je redoute la finalité de ces missives, je redoute d’y voir le retour à ma solitude. A l’intérieur j’y trouve une feuille A4 que je déplie fébrilement. Je ne comprends pas de suite de quoi il s’agit, oui, il me faut le temps de venir devant le tableau crée la veille pour prendre la mesure de ce que je viens de recevoir. En dépit de mes mains traversées d’un frémissement incontrôlable, je lisse la feuille avec précaution avant de la poser sur le sol à la place manquante. C’est incompréhensible, inimaginable. Et pourtant j’ai l’invraisemblable à portée de main. Sur la feuille, outre la dernière lettre de l’alphabet, sont tracées avec une continuité précise, toutes courbes imaginaires, toutes couleurs qui parachèvent le tableau. J’y lis un lien précieux dans lequel nous sommes deux.

Il me faut un peu de temps pour réaliser que l’enveloppe contient une autre missive, elle aussi pliée en quatre et à la vue du chiffre 1, je jubile. Je pense alors à l’infinité des nombres que rien ne pourra arrêter, je pense, que bien qu’invisible le lien devient indivisible et immensément présent et que j’ai tout le reste de ma vie pour le vivre.

Crédit photo Pinterest

Escalier C – Porte 26

Pour les curieux, la première partie est à lire ICI

J’ai attendu et dans l’attente j’ai imaginé une rencontre. Pour autant je ne suis pas arrivé à me représenter celui ou celle qui œuvre depuis vingt-cinq jours à mettre de la couleur chez moi. Je devine la voix aimable, presque riante. Je lui attribue aussi – afin de me rassurer, peut-être – une certaine douceur. Au fil des heures l’attente devient néanmoins pesante. D’un coup l’inquiétude surgit puis fait place à une certain détachement. Ce n’est rien, me dis-je. Rien qu’une désertion supplémentaire. J’ai espéré, puis me suis rendu à l’évidence. Personne ne viendra. Non, personne n’est venu.

En ouvrant la porte de mon appartement je pense que j’aurais dû rester ici, ne pas tenter de découvrir quoi que soit. J’aurai alors eu la dernière lettre. La fatigue me tombe dessus mais je recule le moment d’aller m’allonger dans la chambre. J’ai le sentiment d’avoir été floué. Dépité, je m’embrouille l’esprit et face à la nuit éclairée par les lumières de la ville, mon reflet dans la vitre me renvoie à mon isolement. Je ne sais pas à quoi j’attribue soudain l’atmosphère particulière qui pénètre le lieu. La fatigue ? La solitude ?  La ville est endormie tandis que mes sens sont brusquement en alerte. C’est à peine perceptible, d’une discrétion inquiétante et franchement réelle. Oui, l’attraction est étrange et palpable. Ne me dites pas que je rêve car je suis bien éveillé.

Je devine une présence derrière moi. Les muscles tendus par l’appréhension je constate pourtant nul reflet dans la vitre de la fenêtre. Je retiens mon souffle en quête du moindre bruit, saisissant à la volée l’air soudain électrique. Alors bravant ma peur, sans laisser le temps à la présence de s’échapper je me retourne vivement.

Rien. Il n’y a rien. Rien que mon salon aussi calme que d’habitude et personne ne trouble le lieu. Suis-je en train de devenir fou ? Je ne vais pas céder à la panique. Non. Tout est sous contrôle. Depuis vingt-six jours j’ai reçu vingt-cinq missives dans des enveloppes de couleur. Des enveloppes que j’ai pris la peine d’afficher au mur de ma chambre parce que chaque teinte reçue a été auréolée de ce que je considère comme un présent. Tout est sous contrôle, je murmure d’une voix qui manque cruellement d’assurance. Voilà vingt-quatre heures que je n’ai pas dormi. Je suis crevé. Je vais me reposer, j’y verrai plus clair demain.

Photo : Maud Vantours via Pinterest

Escalier C – Porte 26

Je me suis calé dos au mur de l’escalier C, avec vue sur les boites aux lettres. Je ne bougerai pas de la nuit, ni de la journée. Nous sommes le 26. C’est le dernier jour. J’en suis certain. J’ai le cœur qui bat un peu vite quand j’y songe.
Le rituel s’est installé depuis près d’un mois. Je crois que j’ai commencé à les attendre dès la troisième lettre. Au début, j’ai pensé à une pub glissée dans la boite, mais chaque jour les enveloppes étaient de couleur différente. Très vite, j’ai davantage prêté attention aux enveloppes qu’à leur contenu. Les premières, une fois rassemblées tournaient autour de nuances bleues, puis jaunes et enfin rouges. Je les ai toutes punaisés sur le mur de ma chambre face à mon lit comme une immense palette de couleur, aussi grande que le nombre reçu.
Bien sûr chaque missive reçue est intrigante même si elle manque sérieusement d’originalité depuis que j’ai compris qu’il n’y aurait jamais rien d’autre qu’une feuille A4 pliée en quatre sur laquelle était inscrite une lettre de l’alphabet. Une lettre par jour, en commençant par la première de l’alphabet. Ont suivi le B, le C, le D et ainsi de suite dans l’ordre établi depuis l’apparition de l’alphabet latin.
Passée la surprise des premiers messages j’ai cherché à découvrir quelle main venait déposer chaque jour une lettre dans ma boite. J’y ai passé nombre d’heures, sans succès. J’ai tenté celles du jour puis celles de la nuit. Selon la lettre reçue j’y ai associé une heure, j’ai tenté de résoudre des probabilités improbables qui à défaut de réponses m’ont permis de sombrer dans les bras de Morphée avec facilité.
J’attends. J’attends sans certitude, avec une émotion de l’ordre d’une étincelle vibrante. C’est peut-être idiot, dénué de sens et sans doute est-ce le cas pour la plupart des gens. Pourtant j’y vois de l’extraordinaire dans l’ordinaire, une sorte d’éclat de vie dans mon existence inhabitée.

Une photo, quelques mots. Bric à Book #jour16

Comme une promesse

En décalage horaire les pensées de Noé se heurtaient aux remous de la raison. À l’image du mascaret, un déferlement violent d’ombre et de déséquilibre le menaçait. Il tanguait depuis si longtemps, sans prise avec les variations de la vie, errant dans un va-et-vient empli d’inconfort que prendre la route lui fit l’effet d’une véritable progression. Il ne demandait pas la lune, seulement inventer ses propres repères.

Il longea la plage, s’éloignant de la confusion et du brouillard. Le littoral s‘exposait sans entrave. Il frôla le vent, les parfums de l’iode et du varech. Du ciel auréolé de la syzygie, les hautes vagues fendaient les reflets aux éclats d’argent. Bercés dans l’oscillation de l’invisible, il saisit par grappe tout grain de folie, jusqu’à franchir l’espoir et plonger dans l’audace. Alors, comme une promesse il se dit à voix basse combien vivre pouvait être bon.

Les plumes d’Asphodèle chez Émilie. A partir du thème MARÉE quatorze mots à placer : horaire – variation – remous – haute – lune – oscillation – va-et-vient – vent – mascaret – plage – brouillard – grain – syzygie – basse.

Il était plus simple de frôler le monde, de glisser tout contre…

Peinture acrylique, peinture relief, collage papier, encres couleur,feutres Posca

Format 50 x 50

Avec le confinement d’une partie de la famille à la maison il est difficile de peindre comme je veux, alors j’ai cherché parmi mes anciens tableaux ceux qui pouvaient avoir une seconde vie et j’en ai trouvé quelques uns qui méritent aujourd’hui que je m’y attarde à nouveau. Pour celui-ci, j’ai retravaillé le fond avec des encres de couleur avant de laisser l’inspiration occuper la toile. Les heures passées dessus ont souvent été entrecoupées par l’interaction avec ceux qui m’entourent. Alors, je m’adapte. Tant que je peux continuer à créer, peu m’importe le tumulte ordinaire du quotidien, après tout il fait aussi partie de ma vie depuis un grand nombre d’années et en devient même extraordinaire par ces temps troublés. On mesure notre chance d’être ensemble.

Voyage V

« Je n’ai pas besoin d’aller plus loin. Maintenant je sais que je suis enfin arrivée au bout de mon voyage. C’est ici, et nulle part ailleurs. » JMG Le Clezio

Peinture acrylique, feutres Posca, stylo

Format 30 x 40

Détails du tableau

L'amour au temps du corona

Ce matin comme tous les matins, Nathan a rempli de graines le nichoir qu’il a fixé tant bien que mal sur le rebord de sa fenêtre. Les oiseaux sont de plus en plus nombreux à s’y arrêter. C’est l’unique fenêtre de son studio mais il mesure sa chance d’habiter au quatrième étage parce qu’elle s’ouvre presque sur le ciel, contrairement à son voisin du rez-de-chaussée, qui elle, est munie de barreaux. Lorsqu’il se penche sur la droite, Nathan peut apercevoir un jardin lointain et s’il plisse les yeux il distingue le vent bercer les branches d’un figuier près d’une cabane d’enfants.

Nathan s’est levé tard. La nuit dernière il a tchatté avec son meilleur pote reparti chez ses parents, comme la majorité des étudiants. Le veinard le nargue avec les bons petits plats préparés par sa mère et lui a même avoué apprécier se faire cocooner.

Nathan attend midi pour sortir de chez lui. Midi, c’est la bonne heure. Pour Nathan qui exècre les habitudes, il reconnait que depuis quelques jours elles sont de l’ordre du plaisir rare. Il marche sans se presser, son autorisation de sortie en poche, empruntant un trajet différent de celui de la veille et de l’avant-veille. Sur le pont qu’il traverse, il se demande depuis quand il n’a pas pris le temps de s’arrêter pour observer les tourbillons d’eau et le courant courir à toute vitesse vers la mer. Toutes sortes de pensées le traversent, dont un maelstrom de créativité qu’il se promet de mettre à profit une fois rentré.

Les rues désertées ont des allures de fantôme, la ville respire le silence. Nathan croise un homme et son chien, l’un et l’autre indifférents à sa présence. Sans le tragique de la situation, on pourrait croire le monde en sommeil. C’est un peu cela, mais pas tout à fait non plus. Sous les yeux de Nathan le printemps renait, il entend sans mal le chant des oiseaux autrefois masqué par les bruits de la ville. Sur les branches des arbres, les bourgeons éclatent un peu plus chaque jour en nuance de vert. Nathan enfle ses poumons de l’air gorgé de soleil en parcourant le boulevard où les voitures sont aussi rares que les passants.  

Devant la boulangerie, il attend avant de pouvoir entrer – distance de sécurité obligée. Il attend sans hâte parce que l’attente est belle.

Au moment où il passe le seuil de la boutique, le parfum du levain et celui des viennoiseries emplit ses narines. C’est ainsi depuis trois semaines, depuis le jour où le moral en berne il a poussé la porte de cette boulangerie. Il reçoit à chaque fois un concentré d’odeurs aux arômes de douceur et en prime le sourire de Lisa.

De Lisa, Nathan ne connait que son prénom et son bonjour chaleureux. C’est un bon début, pense-t-il.

Confiné dans son studio le reste du temps, Nathan reçoit comme un présent le moment où Lisa lève son bras et saisit la baguette de pain puis lui demande si ce sera tout. Et si Nathan hésite à prendre autre chose, ni l’un, ni l’autre n’est dupe de cette hésitation. C’est le temps du plaisir de se regarder quelques secondes de plus. L’espace d’un instant Nathan et Lisa oublient la peur, ils la claquemurent si loin que tout semble les protéger du danger. Et lorsque Nathan tend sa monnaie et se penche subrepticement vers Lisa, au frôlement de leurs doigts, les deux jeunes gens, sans un mot, imaginent tous les possibles d’un lointain jour à venir.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. 13 mots inspirés d’après le mot ABRI: Sécurité, jardin, créativité, nichoir, cocooner, Kot (facultatif car Belge) protéger, courir, claquemurer, cabane, pensée, bras, bon.

On avance

@ Bob Jansen

Au rythme démesuré de nos actes, les villes explosent dans le silence enfin acquis.

Et si le long faste des nantis joue encore le jeu de ceux qui dominent, pantomimes grandiloquentes où l’absurde frôle le ridicule, je vois, sinuant dans les profondeurs, nos traces en quête de repères.

On ne va pas compter les points, encore moins les fautes mais trouver sens au milieu des ondulations vivantes. Chaque heure, chaque jour compte. On avance. Nous puiserons le meilleur de l’ombre et nous éveillerons à la lumière.

On avance.

Il n’y a rien que nous ne puissions atteindre. Dans l’infiniment petit naissent les grands chemins de demain.

L’écriture au temps du corona jour 3 – Une photo par jour. Atelier Bric à Book

Le chant de la Terre – Voyage V- (deux tableaux en cours)

En ce moment je travaille simultanément sur deux tableaux. Le chant de la Terre et Voyage V, deux univers différents, deux manières de peindre, deux façons de traduire tout ce que j’entends et perçois de notre Terre. Je pense à la vie. Fourmillante, intense, généreuse. Je respire. J’oublie la toile.

Les couleurs, le mouvement, la pression du pinceau, le geste précis du trait, sont autant de tableaux à l’intérieur du tableau. Vivants.

Un plongeon dans le tourbillon de la création.

Le chant de la Terre (détails)

Voyage V (détails)