Travail en cours

Entre deux peintures de la série « Voyage » ce tableau en devenir est né d’une inspiration subite. Je n’ai pas eu à chercher longtemps pour trouver le tableau qui me servira de nouvelle toile. Les dimensions sont idéales pour ce que j’ai en tête. J’ai badigeonné de noir le fond du tableau existant, tracé l’esquisse de l’arbre, commencé à travailler la couleur. Cette toile voit un nouveau jour et ça me fait un bien fou.

A suivre…

Être de terre et de lumière

Je porte en moi des millénaires d’existence, la patience de nos pères et la sagesse de nos mères. De la semence à la sève, la terre, le ciel, l’air et le feu m’ont façonné. J’accompagne les sources et le vol des oiseaux, le feu du couchant et la quiétude de l’orient.

L’histoire est récente mais elle prend naissance dans les temps anciens. Un matin, l’Homme a posé sa main sur moi et dans le flux de son sang, j’ai entendu le regard fuyant du monde et toutes traces des humains sans repères. Il portait en lui nombre de pensées en déroute, vacillait sur les brèches de l’existence, petit être usé par des siècles de bitume et de vanité. Ses racines, frêles et périssables avaient délaissé l’essentiel, négligé les modes et les façons de grandir. J’ai puisé loin dans le journal du temps pour lire la mesure de ses erreurs, les nœuds innombrables, les heures glaciales et les orages violents. Pour l’Homme j’ai absorbé les maux de la terre, drainé les trop pleins. J’ai plongé dans les abîmes pour y recueillir la mémoire et l’origine du monde, et dans l’intervalle, j’ai vu le corbeau planer près de mes cimes, tournoyant comme un radar en quête de réponses. La terre grondait, respirait l’air en souffrance et la peur des hommes sans foi. J’ai traqué chaque manque, chaque gouffre et réparé chaque vibration interrompue, offrant des courbes d’horizon et de l’audace, pour accueillir la vie. J’ai ouvert toute amplitude pour, tel un boomerang, lui permettre de revenir à la source. Alors, des racines profondes le chant des montagnes a jailli et dans la résonance du jour les ragots se sont tus. Et comme des notes de musique longtemps réprimées on a à nouveau entendu iodler les mers et le vent.

Pour les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème Echo ont découlé 13 mots à placer : montagne, mode, ragot, radar, corbeau, iodler, boomerang, hoquet, résonance, journal, gronder, profond, glacial. J’ai fait l’impasse sur hoquet.

Photo : © Lucile Duneau-Délis

Il était plus simple de frôler le monde, de glisser tout contre…

Peinture acrylique, peinture relief, collage papier, encres couleur,feutres Posca

Format 50 x 50

Avec le confinement à la maison d’une partie de la famille, il est difficile de peindre comme je veux, alors j’ai cherché parmi mes anciens tableaux ceux qui pouvaient avoir une seconde vie et j’en ai trouvé quelques uns qui méritent aujourd’hui que je m’y attarde à nouveau. Pour celui-ci, j’ai retravaillé le fond avec des encres de couleur avant de laisser l’inspiration occuper la toile. Les heures passées dessus ont souvent été entrecoupées par l’interaction avec ceux qui m’entourent. Alors, je m’adapte. Tant que je peux continuer à créer, peu m’importe le tumulte ordinaire du quotidien, après tout il fait aussi partie de ma vie depuis un grand nombre d’années et en devient même extraordinaire par ces temps troublés. On mesure notre chance d’être ensemble.

Hiver

chaque arbre a un esprit
aussi vaste que la forêt
chaque arbre nous rend
à nos plus profondes racines
là où tout est lié
dans le corps de la terre
dans la danse des atomes

Francine Hamelin

Peinture acrylique, collage papier, feutre posca, encres

Format 60 x 80

Texte tiré de « Parler avec les arbres » de Francine Hamelin du blog L’envers des jours . Merci infiniment Francine.