Voyage XXX

Encres couleur, acrylique sur papier

Format 30 x 40 cm

Parfois un tableau offre une lecture différente et tout autant intéressante selon le sens qu’on lui donne. Ils ouvrent des espaces et des paysages sur lesquels j’aime m’arrêter et si c’est le cas, je privilégie le choix en proposant un accrochage double sens. Il est rare que le spectateur ose se positionner pour un sens plutôt qu’un autre, comme s’il ne pouvait légitimiser son choix par rapport à celui de l’artiste. J’aime à penser pourtant que mes tableaux offrent cette liberté-là.

Laurence Délis – Peinture – Art contemporain

Travail en cours (détails)

En ce moment le quotidien est dense aussi ai-je un peu moins de temps à consacrer à la peinture. Pourtant lorsque je peins le peu est grand. D’une amplitude qui me nourrit durablement. Je mesure ma chance à chaque trait déposé sur la toile. J’oublie le métier précaire, les ventes quasi inexistantes, le pourquoi, le comment, toutes ces remises en question qui me bousculent régulièrement. Le monde de l’art est inconstant et fragile mais tant que l’art dans le monde ne cesse d’être, de transmettre, d’émouvoir il demeure invulnérable.

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Le tableau sur lequel je travaille est une ancienne toile où la peinture en relief et les collages de papier sont importants. Chaque nouveau trait que je trace est dévié à un moment ou l’autre par les formes déjà existantes. Néanmoins, je persiste à ne pas en tenir compte afin de mettre en évidence l’inspiration du moment. Il n’en demeure pas moins que l’ancien tableau enrichie le nouveau. A suivre…

Voyage XXVI

Voyage XXVI accompagné du regard poétique de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Laurence Délis – Peinture – Art contemporain

Acrylique sur papier, encres couleur

Format 30 x 40 cm

quand l’aube secoue ses poches

nos corps se hâtent doucement

et dans une maladresse ancienne

pour retrouver ce qui nous fut très proche

et bat encore au poignet

était-ce le bord d’une île 

où s’allumait une lampe idéale?

était-ce la traîne recluse de vieux astres?

d’eaux en eaux on lance nos mains d’écluses

on travaille à nos crochets d’écumes

on oublie le vase la vasque et la carapace

renversée sur son ombre

qui doutait d’un possible filon d’or

l’émail en fusion sur la gorge des vents

on revient ausculter longtemps

les secrets de la terre et ceux de l’âge

le bleu tendre d’une plainte lointaine

s’étire au large de l’enfant sentimentale

venue le ciel sur le dos donner

son âme à la mer

Barbara Auzou.