Voyage XXII

Quand la poésie de Barbara Auzou accompagne Voyage XXII, l’art s’en trouve grandi.

Merci Barbara. Infiniment

Peinture acrylique sur papier, encres couleur

Format 50 x 65 cm

le coeur démâté

au-dessus d’une douceur

que la mer nous refuse parfois

on vient encore creuser jusqu’à l’eau

avec nos doigts striés d’oiseaux

on use nos galets en location passagère

contre la grande allure du bleu

qui couve en silence son vert repos

et dans un bruissement de chevelures

où vacillent nos vies nos voiliers

on lève un jour un visage de verre

ou de diamant

 comme il nous prononce doucement

on signe sur lui le sable d’une appartenance

sans retour

Barbara Auzou.

La spontanéité d’une pause

Un grand nombre de chutes de papier remplit un de mes cartons à dessin. Souvent ces chutes finissent par nourrir le feu du poêle à bois. Cependant, certaines se révèlent avoir un format intéressant sur lesquelles travailler. Pour moi, c’est l’occasion de peindre quelque chose de rapide, une spontanéité de l’ordre d’une pause. Souvent, ces chutes peintes deviennent ensuite des morceaux de papier déchirés, des morceaux de tableaux sur une future toile, des bouts d’autre chose sur une nouvelle création. Avant que ce soit le cas de celle-ci, voici dans son intégralité la spontanéité d’une pause.

Acrylique sur canson, encres de couleur, pastels à l’huile

(55 x 23 cm)

Voyage XXI

Voyage XXI, illustré par la poésie de Barbara Auzou

Merci Barbara

Acrylique sur papier, encres de couleur

Format 30 x 40 cm

passé le verre à l’intérieur du coeur

la tectonique des âmes qui lèvent leur vertige 

toutes blessées d’une fenêtre inquiète

passée la mémoire éparse avec tous ses oiseaux

on devine les mers aux gestes vagues

qui nous laissent le pli des pierres de bonne volonté

les parfums acidulés de l’enfance 

s’enroulant autour de leur première intimité

et tant de poignées de perles perdues au creux de nos cycles

des couleurs les silos toujours nous devancent

quand bien-même notre aisance

à grimper sur nos joies clandestines

Barbara Auzou

Equilibre eurythmique

Mains mains qui créent des jardins des jardins de couleurs couleurs à la naissance du son son harmonique jusqu’à la résonnance du corps corps à l’élan stable dans le mouvement du pinceau pinceau au tracé déraisonné de la courbe courbe animée d’infini infini liée à la pulsation de l’oscillation oscillation des nuances au cœur de la peinture peinture mouvante sur la toile toile aux alliances de teintes teintes où soufflent l’impulsion impulsion de la circulation des lignes lignes embellies de la tonalité tonalité des mots mots animés de l’équilibre eurythmique

Petites graines de bonheur – 3

Ce n’est pas parce que je n’en parle pas que les petites graines de bonheur ne sont pas semées un peu partout au gré de mes balades. Au fil des semaines, en forêt ou sur les bords de Garonne ou de l’Ariège, les graines continuent à se mêler à la nature. Des quelques retours que j’en ai eu, les personnes qui en trouvent une apprécient le geste. Par ailleurs, j’ai envie d’étendre ce projet à d’autres régions. Ne manque plus qu’à solliciter mes enfants 🙂

Le murmure du monde

Têtes de femmes douces comme une écume
L’eau les traverse comme les cailloux trop clairs
Il faut si peu de leur ombre pour couvrir la terre
Et pourtant tous leurs silences

Barbara Auzou

***

D’y sentir l’âme comme l’oiseau
et le temps qui défile –
de rubans en rivières
coulent de tendres émois.

Caroline Dufour

Acrylique sur papier, marqueurs

Format 50 x 65 cm

L’existence de l’art

J’avais espéré débuter 2021 par une exposition où le public serait présent. – se motiver, se projeter vers l’avenir, toutes ces belles idées que l’on tente de mettre en pratique pour tenir. Sélectionnée en catégorie peinture avec onze autres artistes peintres pour Artempo 2021, à Cugnaux en Haute Garonne, le salon des arts plastiques prévu en janvier pour une ouverture au public s’est finalement tenu en virtuel. Cela m’a tant déçue que je n’en ai pas vraiment parlé autour de moi.

Je veux bien réinventée l’art, chercher de nouvelles façons de l’offrir aux autres et c’est, il me semble, ce que je fais aussi à travers ce blog. Toutefois cela ne suffit pas. L’art sous toutes ses formes prend aussi corps à travers le regard du public et rien ne remplace le plaisir de visu.

Outre la lassitude, je ressens une profonde tristesse face à la situation qui stagne, voire qui empire pour la majorité des artistes. A force de ne pas exercer on s’affaiblit et c’est toute la société que l’on fragilise. Jusqu’où faudra-t-il aller dans l’inexistence pour comprendre ?

Tout artiste se meurt de ne pouvoir exercer et montrer ce pour quoi ils vivent et vibrent.

Voyage XX

Quand Voyage XX s’anime de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique

format 40 x 50 cm

nous marchons de visions en visions

dans la mer inentamable dont nous partageons

les voeux profonds les gestes autonomes

les bras d’ailes et de moulins et tout nous ramène

à l’infrangible unité de la vague

à la plaie fièvreuse et tendre nous en habitons

le centre les portes et les fenêtres la pliure du coeur

avec son sel les paupières où l’on danse

nous tendons en robes de ciel en mousses de lilas

nos mains douces vers un échange très simple

 insulaire

quelque part entre la fugue et le silence

Barbara Auzou.

Voyage XIX

Dernier né de la série Voyage, « Voyage XIX », illustré par la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique, pastels à l’huile

Format 50 x 70

Je me hâte et me reforme

les pieds sur une fosse marine

au sortir d’une nuit incertaine

j’effleure une échine 

pour que les bras et la mer se comprennent

j’invente des refuges

j’invente des détours

je me hasarde vers une étendue d’eau à ma mesure

la vie s’enroule douce et dure

maison cellulaire dont je caresse les lézardes et les commotions

dans l’affolante et tendre sororité des sphères

la rougeur reposée s’endort bientôt dans sa laine

vois-tu il y a toujours des strates orange d’arrière-soleils

dans ce qui émeut la pierre au plus profond