Ce qui nous lie (le tableau)

La naissance de ce tableau est lié au récit qui porte le même titre. Après l’écriture du texte il m’a paru évident de poursuivre le travail sur toile. Quatre jours durant, l’espace et le temps ont été porteurs de mots, de couleurs et de ce lien qui me lie à mes frères et sœurs. Quand rien n’est défini à l’avance le processus de création est toujours particulier. Je ne sais pas où je vais, mais j’y vais. Là, en l’occurrence, je suis dans cette écoute particulière qui tend vers l’essentiel : je me nourris de la formidable énergie créative. Résonnent encore les mots jetés sur le papier, auxquels s’ajoute la musique qui tourne dans le salon. ça stimule l’imaginaire. Quatre jours essentiels tournés vers la création. La pièce à vivre devient atelier, les doigts teints de bleus, l’âme relié à ceux qui, où qu’ils soient aujourd’hui, restent présents. Ce fut un temps particulier, où chaque instant avait sa place.

Et au bout de ces heures, un tableau qui, quelque soit son sens, à un sens.

Acrylique sur toile, papiers, feutres.

Format 60 x 80

A l’infinité

Peinture acrylique, collage papiers, peinture relief, feutres

Format 50 x 70

J’ai été fouiller parmi mes vieilles toiles pour en trouver une sur laquelle peindre et si ma mémoire ne me fait pas défaut, celle-ci a une quinzaine d’années. Je venais de prendre la décision d’arrêter les portraits ethniques aux crayons de couleur que je travaillais depuis plus de dix ans et je voulais (re)tenter le travail sur toile. J’ai longtemps tourné autour de cette toile sans savoir quoi en faire. Toute cette surface blanche et pas la moindre idée en tête. Alors je l’ai cloisonnée en plusieurs parties pour travailler des petites surfaces. J’ai très vite abandonné l’idée (et cette toile). Je voulais le geste ample. Libre.

En retravaillant dessus le mois dernier, je me suis souvenue de qui j’étais à ce moment-là, de ce vers quoi je souhaitais aller. Je me suis alors demandée combien de fois encore, j’allais revenir y déposer des petits bouts de moi, combien de fois cette toile allait vivre de transformations.

Si elle ne part pas vivre ailleurs ce sera sans doute à l’infinité.

Éphémère (étape2)

Éphémère (étape 1) à voir ICI

Il est encore tôt, le souffle de l’air déjà chaud. Sur la plage, seuls quelques surfeurs et joggeurs ont investi les lieux. J’ai choisi un endroit un peu éloigné de l’eau. La marée est descendante mais les vagues – puissantes – viennent haut sur le littoral.

Comme lorsque je travaille sur une toile blanche, je ne sais pas à l’avance ce qui émergera de ce projet. J’avance à tâtons, sans réelle prise avec l’ensemble.  Je réalise que le sable est trop sec, il laisse des empreintes de mes doigts et si cela me gêne au départ, je me dis que cela fait partie de l’expérience.

Comme un chant ininterrompu, le grondement incessant de l’océan apaise toutes interférences. Je m’isole du monde et pourtant, pourtant, je m’y trouve fortement ancrée. Chaque geste, chaque pose de galet, de caillou, de bois flotté devient une évidence. Petit à petit, l’Éphémère se construit.

A suivre…

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Photos  : Amaël