Éphémère(s)

Éphémère 1

éphémère8a
Bois flottés peints, galets aux impressions graphique se mêlent aux matériaux naturels.

Voici donc la vue d’ensemble d’Éphémère. Comme souvent lorsque je crée dans la spontanéité, le résultat n’est pas toujours à la hauteur de mes attentes. Là, en l’occurrence le vide y est plus important que je ne le pensais, les espaces dans la composition trop grands. Le fait de travailler sur un support sans limites a certainement perturbé ma perception de l’espace. Et plus difficile encore, il a fallu que j’accepte le fait de m’exposer différemment, même si les heures choisies étaient assez matinales et somme toute assez peu fréquentées.

A l’inverse de mon travail sur toile, c’est une œuvre qui m’a demandé beaucoup de temps en amont et en comparaison peu de temps pour sa réalisation : recherche de cailloux, galets et bois flottés et surtout créer chaque graphisme unique sur les supports choisis (mes moments préférés)

Une certaine insatisfaction perdurait face au rendu final, aussi comme je peux réagir en peinture, je décide – avant de quitter la plage – de poursuivre la performance avec une composition et une lumière différentes.

Le sable sur lequel je pose galets et bois flottés est humide contrairement au premier « tableau ». Disposer les matériaux sur le sable humide est plus aisé. D’autres jeux d’ombres et de lumière se dessinent… Les gestes sont assurés, la réalisation rapide, tout me parait plus facile… une dernière photo avant de remballer le matériel et puis mon fils aîné – improvisé photographe – et moi-même reprenons le chemin du retour…

Éphémère 2

éphémère 2J’aime l’idée que ces « tableaux » n’existent que dans l’instant. Sans autres traces que celles laissées par les empreintes sur le sable très vite effacées par le vent et l’eau…

Demeurent des photos et le souvenir de mes mains qui mettent en scène une idée d’éphémère.

Un grand merci à mon fils Amaël qui m’a suivie ce matin-là alors que dormait encore toute la maisonnée, et sans qui, je n’aurais pu réaliser cette série d’articles.

Photos : Amaël

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Éphémère (étape 3)

Au fur et à mesure de la progression du tableau, je joue avec les ombres portées des bois flottés pour créer des lignes supplémentaires. J’aime l’idée que le jeu de la lumière du soleil fasse partie intégrante de l’œuvre.

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traces de sable…
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…et lignes d’ombre

A suivre…

Éphémère (étape 1) 

Éphémère (étape 2)

Photos : Amaël

 

La naissance d’un jour

photoarticle1

C’est dans l’émergence du souffle du vent, dans l’agitation des vagues et le son brut de l’océan que nos envies dansent. On se forge à l’encre des couleurs quand bien même d’autres s’échappent à l’orée de la pensée. On y lit des tranches d’existence, le pourquoi et le comment des choses, des fractions de temps qui narrent le passé, dessinent le présent, projettent le futur. Galets et cailloux roulent sous nos pieds et de temps à autre, face à l’instabilité, nous tanguons. Puis, au delà de l’équilibre, nous lâchons tout. Rien ne sert de s’arrimer.

L’aube est chaude, frappée de sel, d’iode et de vent sauvage. Nos pas – empreintes fugaces arrachées au temps – estampillent le sable. Et notre regard s’immobilise, planté sur la ligne courbe de l’horizon.

On s’imagine alors sans début, ni fin. Les bouleversements de nos corps vieillissants n’enlèvent en rien la vive vibration d’un cœur toujours en éveil. On aspire l’air chargé d’embruns. Les parfums de la mer – tenaces – s’engouffrent dans nos têtes, s’impriment sur la peau. Long, long, long temps.

L’onde se balance, agite des éclats de soleil au creux des vagues.

c’est là, dans l’oubli du monde qui s’affole, qu’on touche la lumière du jour.