Au bord de la lumière

Acrylique, collage papier, feutres Posca

50 x 70

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« Peindre c’est écrire avec la lumière, affirmait Salva. Tu dois d’abord apprendre son alphabet puis sa grammaire. Alors seulement tu pourras maîtriser le style et la magie. » Carlos Ruiz Zafón. Mathilda

Matin d’avril

Photo : Pinterest

Aux vagues des vagues à l’âme,

Quand l’or des flammes enrobe l’aube à venir

Je tends le bras vers toi

Caresse des doigts

La ligne de ton regard

Et l’ombre éclaircie

Distrait la mélancolie

Là, juste au bord de ton sourire.

Éphémère(s)

Éphémère 1

éphémère8a
Bois flottés peints, galets aux impressions graphique se mêlent aux matériaux naturels.

Voici donc la vue d’ensemble d’Éphémère. Comme souvent lorsque je crée dans la spontanéité, le résultat n’est pas toujours à la hauteur de mes attentes. Là, en l’occurrence le vide y est plus important que je ne le pensais, les espaces dans la composition trop grands. Le fait de travailler sur un support sans limites a certainement perturbé ma perception de l’espace. Et plus difficile encore, il a fallu que j’accepte le fait de m’exposer différemment, même si les heures choisies étaient assez matinales et somme toute assez peu fréquentées.

A l’inverse de mon travail sur toile, c’est une œuvre qui m’a demandé beaucoup de temps en amont et en comparaison peu de temps pour sa réalisation : recherche de cailloux, galets et bois flottés et surtout créer chaque graphisme unique sur les supports choisis (mes moments préférés)

Une certaine insatisfaction perdurait face au rendu final, aussi comme je peux réagir en peinture, je décide – avant de quitter la plage – de poursuivre la performance avec une composition et une lumière différentes.

Le sable sur lequel je pose galets et bois flottés est humide contrairement au premier « tableau ». Disposer les matériaux sur le sable humide est plus aisé. D’autres jeux d’ombres et de lumière se dessinent… Les gestes sont assurés, la réalisation rapide, tout me parait plus facile… une dernière photo avant de remballer le matériel et puis mon fils aîné – improvisé photographe – et moi-même reprenons le chemin du retour…

Éphémère 2

éphémère 2J’aime l’idée que ces « tableaux » n’existent que dans l’instant. Sans autres traces que celles laissées par les empreintes sur le sable très vite effacées par le vent et l’eau…

Demeurent des photos et le souvenir de mes mains qui mettent en scène une idée d’éphémère.

Un grand merci à mon fils Amaël qui m’a suivie ce matin-là alors que dormait encore toute la maisonnée, et sans qui, je n’aurais pu réaliser cette série d’articles.

Photos : Amaël

La naissance d’un jour

photoarticle1

C’est dans l’émergence du souffle du vent, dans l’agitation des vagues et le son brut de l’océan que nos envies dansent. On se forge à l’encre des couleurs quand bien même d’autres s’échappent à l’orée de la pensée. On y lit des tranches d’existence, le pourquoi et le comment des choses, des fractions de temps qui narrent le passé, dessinent le présent, projettent le futur. Galets et cailloux roulent sous nos pieds et de temps à autre, face à l’instabilité, nous tanguons. Puis, au delà de l’équilibre, nous lâchons tout. Rien ne sert de s’arrimer.

L’aube est chaude, frappée de sel, d’iode et de vent sauvage. Nos pas – empreintes fugaces arrachées au temps – estampillent le sable. Et notre regard s’immobilise, planté sur la ligne courbe de l’horizon.

On s’imagine alors sans début, ni fin. Les bouleversements de nos corps vieillissants n’enlèvent en rien la vive vibration d’un cœur toujours en éveil. On aspire l’air chargé d’embruns. Les parfums de la mer – tenaces – s’engouffrent dans nos têtes, s’impriment sur la peau. Long, long, long temps.

L’onde se balance, agite des éclats de soleil au creux des vagues.

c’est là, dans l’oubli du monde qui s’affole, qu’on touche la lumière du jour.

 

 

Après la pluie

Après la pluie

Couchés dans les hautes herbes , nous avons écouté le chant des arbres. De leur sève s’écoulait l’aube du monde. Nous avons creusé le sable de nos mains pour y enfouir le temps des souvenirs, quelques restes de nos existences. Dans le murmure du vent on a entendu celui de l’eau, l’oscillation des vagues en quête du littoral. On s’est assis tout près, l’âme imprégnée des odeurs de sel et de celles des embruns.

On a regardé la déchirure du monde se gorger d’amplitude. La pluie saturait les rivières et les fleuves. Les terres prenaient des allures de larges bras de mers. Quelquefois l’incompréhension, et l’inquiétude se lisaient sur les visages.

Les paysages se métamorphosaient au rythme des pages d’un livre. Le temps virait au gris, ça pulsait fort l’idée d’une finalité, tout comme le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois. Mais on savait qu’il ne fallait pas s’y fier. Nous restions à l’écoute. Le mois avait beau être capricieux, indécis, coureur de jupes en dentelle d’arbre, les dérives multiples annonçaient les changements à venir.

Du haut des cimes, dans le balancement des branches, on devinait déjà la lumière.

 

Le défi A vos claviers #8 chez Estelle de l’Atelier sous les feuilles. Un dicton (pas évident!) à insérer dans le texte : Le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois.

« Après la pluie »  une toile à découvrir aussi ici