Le chant de la Terre IX

Acrylique, encres couleur sur toile

80 x 80 cm

Il y a longtemps que je n’avais pas travaillé un si grand format et le fait de peindre à plat et non sur chevalet m’a demandé un recul que je n’avais pas anticipé. Aussi, le temps consacré à cette toile a été long. J’ai pensé à la façon dont je conçois l’écriture. Ce premier jet de mots lâchés sur l’ordinateur (rarement sur le papier) sur lequel je passe ensuite de longs moments pour donner forme au texte. Chercher un mot, une phrase, le sens le plus juste à ce que je souhaite exprimer. Je traverse la même fragilité avec certains de mes tableaux, les mêmes hésitations face au choix d’une couleur, d’une forme. La mouvance d’une oeuvre est à l’image de l’existence, elle fluctue selon les états dans lesquels on se trouve. Aussi, quand bien même je ne doute plus de ma légitimité à créer, il persiste un moment de flottement avant d’oser dévoiler le travail sur lequel j’ai passé tant d’heures. Et puis ensuite tout cela n’a plus d’importance. Le tableau existe. Il est ce qu’il est. Et ce qu’il est, est bien.

Galerie peinture Le chant de la Terre à voir ICI

Petites graines de bonheur – 7

De janvier à mars les petites graines de bonheur ont été déposées au gré de voyages professionnels, de balades ou proche des lieux de travail. Je remercie Mélanie pour s’être prêtée au jeu et avoir semée des graines à Moscou. Il est difficile de se dire qu’un mois plus tard la Russie entrait en guerre contre l’Ukraine. En la circonstance, ces petites graines déposées prennent réellement sens et renforcent la poursuivre de cette démarche.

Je remercie également Rémi pour celles semées à Abu Dhabi. Pour la petite graine de bonheur déposée au Louvre de Abu Dhabi, Rémi a jugé préférable de la cacher afin qu’elle ne soit pas jetée car les Emiratis et le ménage ça ne rigole pas. (à voir dans l’interstice sur la première photo du Louvre). Souhaitons que celui ou celle qui la découvrira la gardera.

Et puis une nouvelle fois merci à Aloïs, Pierre et Amaël pour leur implication enthousiaste qui me permet de poursuivre cette aventure au-delà de mes espérances.

De l’élan d’aimer

Sous la confusion de la déraison
et l’évident mirage des illusions retenues
il y aura toute la fougue de l’ordinaire
dans l’histoire qui nous lie
je saurai prendre toute la mesure du souffle 
qui par vague
défie les fissures et autres craquelures
les obstacles du voyage
pour étendre l’envol de la source
vers le fleuve qui danse
et bercer nos cellules 
de l’élan d’aimer

Travail en cours

Il est rare que je pense à photographier le premier jet d’un tableau. Pourtant celui-ci correspond à une résonance particulière qui va au delà du geste de se saisir du pinceau et de laisser parler la couleur. C’est un temps unique, relativement court. Un moment privilégié, primaire et sans autre limite que celle imposée par le format. S’y mêle un sentiment d’euphorie et de gratitude. L’expression d’une forme de liberté qui définit la suite de mon travail.

L’évolution de ce premier jet est généralement lié aux lignes et aux courbes que je trace à partir de ce que je perçois sur la toile peinte. De ces tracés naissent d’autres formes, réhaussées à l’encre. C’est un travail un peu moins instinctif, parfois insatisfaisant, qui me demande davantage de recul et me pousse à repeindre certaines parties. Pour autant, le tableau nait de l’écoute dans laquelle je me trouve au moment où je peins. Et bien sûr, la musique. La musique qui m’accompagne toujours et m’inspire une multitude d’univers.

L’Arbre XV

Encres couleur sur papier

40 x 40 cm

Je vis dans une maison tumultueuse et heureuse. Mes grands enfants viennent, s’installent, repartent, selon les aléas de leur vie. C’est une maison où la pièce à vivre donne sur la cuisine où je travaille. J’ai toujours peint ainsi, même lorsque les enfants étaient petits. Je m’adapte au fait que la maison soit vivante. Cette semaine, pendant quelques heures on a fait de l’espace dans la cuisine (bancs, chaises et table repoussés dans le fond de la pièce) pour que Lucile en formation de danse dans la Drôme puisse répéter. (Dans la maison c’est l’endroit le plus facile où faire de l’espace.) Lucile a pu ainsi travailler sa chorégraphie en vue d’une représentation à Toulouse où elle était invitée. Il y avait la musique. Je peignais avec mes pinceaux, mes couleurs sur un coin de la table et Lucile dansait. Et chaque moment vécu était parfait.