Automne

La réalisation de ce tableau a suscité beaucoup de questionnements de ma part. Passer d’un format très petit comme les 10×10 travaillés précédemment à un format 50×100 a été à la fois libérateur et perturbateur. Si, au moment où je peins, des évidences voient le jour dans les couleurs placées à tel endroit ou dans les traits que je donne aux formes qui se dessinent, il y a quelquefois au fil des lignes que je trace, des hésitations ; cette idée de peu ou de trop qui me demande du recul et des pauses pour mieux saisir quand poursuivre ou quand m’arrêter. Cette assonance est fragile, à l’image de nos vies en mouvement, c’est une écoute particulière afin de trouver le bon équilibre entre ce que je tente d’exprimer sur la toile et ce que je suis. J’ai beaucoup pensé à l’écriture, à cet équilibre des mots auquel j’attache une grande importance et qui nécessite en permanence de la constance et une nouvelle fois la similitude avec mon travail sur toile m’a frappée.

Acrylique, encres de couleur, collage papiers, feutres Posca, stylo encre gel

50 x 100

En attendant Hiver, vous pouvez découvrir les saisons précédentes Printemps et Été

10×10 les cinq derniers

La série des 10×10 est terminée. J’ai eu du mal à faire la jonction avec les 5 précédents, j’ai donc retravaillé le dixième avant de commencer le onzième tableau. Finalement la série complète va au delà du minéral au végétal. Pour les derniers tableaux, le ciel et l’air se sont imposés comme allant de soi et ce n’est qu’une fois les quinze tableaux terminés que j’ai réalisé que le premier et le dernier formaient la boucle reliant l’ensemble des autres.

Une nouvelle fois je constate que la contrainte – ici le format imposé – me lasse vite. Pendant la réalisation de ces derniers 10×10, comme une nécessité, j’ai travaillé en parallèle pendant la période des vacances scolaires une grande toile, la nuit, à l’abri du tumulte des jours. La lumière n’était pas excellente, sans parler de la fatigue mais le plaisir de « lâcher » tout ce qu’imposait les petits formats m’a permis de finaliser cette série.

La lecture de chaque colonne se fait de bas en haut

Rendez vous début décembre pour l’exposition où j’espère pouvoir faire une photo de l’ensemble des quinze.

Petits tableaux, dyptique et pentaptyque exposés sur un mur

Voici quelques photos des derniers tableaux réalisés afin de vous donner un aperçu de leur taille. En haut, le diptyque « Au-dessus de l’eau et du ciel « dont vous pouvez voir les détails ICI et en dessous, cinq petits tableaux aux couleurs de l’automne. Le plus petit format 10 x 10 représente la taille de ceux que je m’apprête à travailler pour l’exposition prévu en décembre.

En préparation, les quinze tableaux 10 x 10. Comme souvent, j’ai collé des bouts de mes textes sur chaque petite toile. Bientôt, les premières couleurs et les esquisses. A suivre.

Au-dessus de l’eau et du ciel

Vue du ciel, le regard porté vers l’eau ( 19 x 24 )

Regard porté vers l’eau et le ciel (22 x 27)

Diptyque (vendu)

ou comment jouer avec deux petits formats pour leur donner une autre dimension

Avec ces deux petits formats, s’achève la période océanique. Les formats suivants (au nombre de cinq et de plus en plus petits) comme un appel de saison me rapproche de l’automne. A suivre…

Terre d’eau

Peinture acrylique, collage papier, feutres sur carton toilé

Format 38 x 55

Chaque détail à voir de plus prés en cliquant dessus

Deuxième tableau d’inspiration océanique. J’ai travaillé le fond, la couleur et les premiers traits pendant mes vacances sans chercher à y mettre un sens. Comme souvent j’ai laissé le mouvement faire le tableau. De retour chez moi j’ai poursuivi le travail et il m’a semblé évident que l’impact de l’océan restait très présent. J’y ai vu des fonds marins, ou tout du moins l’idée que je m’en fait. Mais une fois encore l’interprétation peut être multiple. A chacun de découvrir la sienne.

Été

La finalisation du tableau Été aura monopolisé pas mal d’heures. A chaque fois que l’on me demande combien de temps me prend la réalisation d’un tableau, je ne sais pas quoi répondre. J’ai beau essayé y rester attentive, passées les premières minutes, le temps perd sa signification. La peinture ne s’estime pas en heures peintes mais bien en émotions qu’elle suscite. L’observation intuitive, la saveur des couleurs, la précision du geste, l’ampleur du mouvement et tous ces instants d’intensité troublante où je sais que je suis là où je dois être.

Acrylique sur toile, collage papier, feutres

70 x 90 (vendu)

Avec des détails sur lesquels s’attarder. Il suffit de cliquer dessus

Écrire et peindre

« Il n’y a pas d’enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité », (Paul Eluard)

L’ébauche de ma prochaine toile, loin d’être définitive, est un fouillis à l’image de tout ce que j’ai en tête actuellement. C’est que la réécriture de mon roman monopolise beaucoup de mon temps et génère parfois un certain découragement. Toutes ces heures. Ces heures denses troublées d’hésitations et de solitude.

Aujourd’hui je me suis accordée quelques petits moments pour peindre. De ces instants peints sont nés de véritables espaces libérés. Des bouffées d’oxygène, un retour à l’équilibre. Plus j’avance dans l’existence, moins je distingue de différence entre écrire et peindre. Deux formes d’expressions devenues aussi essentielles l’une que l’autre. Nourrissant mon enthousiasme démesuré et générant tout autant la quiétude à laquelle j’aspire.

Quelques détails de l’ébauche en cours

Acrylique sur toile, collage papier

Peindre le vent

Adrien habitait un moulin à vent dans un pays sans vent. Dans la contrée il faisait figure d’original pour deux raisons. Son humour et sa passion pour la peinture. Il affirmait d’un ton plein de malice qu’un jour lointain, un grain de folie avait soufflé sur le pays, un grain d’une telle ampleur que même les poules avaient perdu le sens des priorités et ne savaient plus voler. Alors pour contrecarrer l’absence de vent, il peignait. Les habitants, occupés à des affaires importantes, accordaient peu de crédit aux dires d’Adrien et encore moins à la passion qui l’animait. Ils pensaient tout haut qu’il ne fallait pas chercher bien loin pour savoir d’où venait le grain de folie. Mais Adrien n’avait que faire de l’avis des habitants. Tant qu’ils lui fichaient la paix, il essuyait leurs reproches avec philosophie.

Il est vrai qu’Adrien passait la plus grande partie de son temps à tenter de capturer le vent inexistant. Capter la plus petite vibration, la moindre variation, saisir un souffle et ensuite.

Ensuite peindre. Peindre le vent.

Il utilisait de grandes feuilles de papier sur lesquelles il transcrivait les courants. Tel un chef d’orchestre il maniait le pinceau chargé de peinture, tantôt en gestes larges, tantôt en petites touches légères. Chaque tempo assorti de nuances colorées fusait comme la musique. Il peignait de l’aube au crépuscule, l’esprit tourné vers des sons intérieurs, perçus de lui seul, à l’écoute de tous les chants multiples du vent inexistant.

Le soir venu, il retrouvait Pauline. Il ne savait dire si c’était elle qui le rejoignait ou si c’était lui qui rattrapait Pauline. Toujours est-il que le contraste entre les doigts tâchées de peinture d’Adrien sur la peau parsemée de taches de rousseur de la belle, offrait une palette assez inédite au peintre.

Il veillait tard, écoutant des heures durant le souffle paisible de Pauline, frôlant de sa paume la beauté ronde du corps endormi. Les courbes semblables aux dunes de sable, à la couleur de blé mûr donnaient de nouvelles couleurs aux nuits d’Adrien. Il tenait à rester le plus longtemps éveillé pour graver chaque instant partagé. Pauline, aussi insaisissable que le vent, Pauline qui traversait les flots et les courants de l’existence sans jamais briser la sienne. A l’égale de sa passion. Sa bouffée d’oxygène. Le sel de la vie.

Les Plumes d’Asphodèle, chez Emilie. Quatorze mots à placer dans le texte SAC MOULIN BEAUTE POULE FOLIE VEILLER MALICE ESSUYER SEL SABLE BLE PAPIER PARSEMER PEAU

Tableau « Peindre le vent » en cours de réalisation. Pour découvrir sa finalisation c’est par ICI

A l’infinité

Peinture acrylique, collage papiers, peinture relief, feutres

Format 50 x 70

J’ai été fouiller parmi mes vieilles toiles pour en trouver une sur laquelle peindre et si ma mémoire ne me fait pas défaut, celle-ci a une quinzaine d’années. Je venais de prendre la décision d’arrêter les portraits ethniques aux crayons de couleur que je travaillais depuis plus de dix ans et je voulais (re)tenter le travail sur toile. J’ai longtemps tourné autour de cette toile sans savoir quoi en faire. Toute cette surface blanche et pas la moindre idée en tête. Alors je l’ai cloisonnée en plusieurs parties pour travailler des petites surfaces. J’ai très vite abandonné l’idée (et cette toile). Je voulais le geste ample. Libre.

En retravaillant dessus le mois dernier, je me suis souvenue de qui j’étais à ce moment-là, de ce vers quoi je souhaitais aller. Je me suis alors demandée combien de fois encore, j’allais revenir y déposer des petits bouts de moi, combien de fois cette toile allait vivre de transformations.

Si elle ne part pas vivre ailleurs ce sera sans doute à l’infinité.

évolution d’une toile

 

J’ai réalisé ce tableau en 2012 à la suite d’une démonstration de mon travail dans la classe de mon fils, alors en grande section de maternelle. Il avait servi de base explicative à un tableau « Le souffle du vent » que j’avais fait précédemment. Depuis il était stocké et prenait la poussière avec un grand nombre d’autres toiles.

J’ai envie de peindre, mais pas de toile vierge. Je n’en achète plus qu’une ou deux par an. Je privilégie l’achat de tubes de peinture. Alors je décide que celle-ci servira de base à une nouvelle peinture.

Pour cela je recouvre la totalité de la toile de bouts de papier déchirés. (J’ai un grand nombre de feuilles de la première mouture du roman que je viens de terminer d’écrire qui fait très bien l’affaire)

Le support est plein de reliefs. A certains endroits j’y superpose plusieurs couches de papier afin d’en atténuer la texture irrégulière, à d’autres endroits je décide qu’une seule couche suffira. Voilà une nouvelle toile, créée à partir de feuilles de papier à recycler, de mots encore à l’intérieur de moi qui, petit à petit, prennent vie dans une autre dimension.

articleblog

Ne reste plus qu’ à laisser parler les couleurs

Pour découvrir « Le souffle du vent » c’est ⇒ ici

Pour voir la finalité de ce travail c’est ⇒ ici

 

 

Un seul blog dorénavant

Mots et couleurs, signes de mon essence

Après réflexion, je fais le choix de publier dorénavant les articles de mon blog Couleurs sous latitudes, sur celui de Palette d’expressions. Après tout, l’un et l’autre sont des bouts de moi, autant les assembler, je m’éparpillerai moins, et cela me fera gagner (je l’espère) un temps appréciable. Donc, vous pourrez suivre mes deux activités principales ÉCRITURE et PEINTURE sur Palette d’expressions, qui pour l’occasion, s’octroie quelques petits changements afin de mieux combiner mon travail.

Au plaisir de continuer à partager ici, toute la passion qui, dans la créativité, m’anime.

Laurence

Un temps lié à l’écriture…

Ces dernières semaines ont été un temps lié à l’écriture. La première mouture de mon dernier roman est terminée. Une histoire que je vais laisser « décanter » un peu avant le long travail de relecture et de correction à venir. Un peu de recul nécessaire pour mieux juger de la qualité de l’intrigue, qui, à mon sens, demande quelques améliorations. Mais chaque chose en son temps.
L’écriture demeure un bon apprentissage pour apprendre la patience et davantage lorsque une publication pointe son nez après trois années de travail. Ce n’est pas anodin, non plus. Une certaine reconnaissance qui m’a agréablement surprise puisque la finalisation de mon premier roman « Lila » a abouti à une édition aux éditions iPagination. Parution prévue vendredi 2 octobre 2015. 🙂
La frontière est mince entre le travail que je fais en peinture et celui de l’écriture. La fébrilité de la création est la même, je traverse les mêmes doutes, les mêmes exaltations. La plus grande différence réside dans le regard que je porte aux mots que j’écris. Il y a une résonance plus tangible, une observation du monde qui m’entoure plus évidente dans mon travail d’écriture que dans celui de la peinture. Une liberté d’expression qui me parle sans doute davantage et qui pourtant me demande plus de rigueur.
Si aujourd’hui l’écriture prime sur la peinture je ne peux envisager d’arrêter l’une de ces formes d’expression pour privilégier l’autre.
La complémentarité est l’essence de mon inspiration.