Le chant de la Terre

les paumes ouvertes tournées vers le ciel

la pluie rigole entre les lignes de nos mains

sillonnent les fleuves jusqu’à la mer

et sous le ciel ourlé de lumière

je puise dans les plis du temps

la musique des arbres

le vent sur le sable

toute l’âme du monde

écoute

le matin vibre sous l’aube frêle de tous les silences

Photo @Ishtar

On a traversé l’hiver

A l’amplitude des champs

où volent les corbeaux

dans l’herbe froide et la terre molle

animés de souffrance de silences

et des blessures de l’usure

au milieu des sillons parcourus de détresse

on a traversé l’hiver

Enlacés dans les replis du temps

j’entends la musique du bois qui craque

le feu qui nous réchauffe encore

jusqu’à renouveler le présent déraisonnable

la folie des sans âge

les nouvelles pousses du printemps

Voyage XXI

Voyage XXI, illustré par la poésie de Barbara Auzou

Merci Barbara

Acrylique sur papier, encres de couleur

Format 30 x 40 cm

passé le verre à l’intérieur du coeur

la tectonique des âmes qui lèvent leur vertige 

toutes blessées d’une fenêtre inquiète

passée la mémoire éparse avec tous ses oiseaux

on devine les mers aux gestes vagues

qui nous laissent le pli des pierres de bonne volonté

les parfums acidulés de l’enfance 

s’enroulant autour de leur première intimité

et tant de poignées de perles perdues au creux de nos cycles

des couleurs les silos toujours nous devancent

quand bien-même notre aisance

à grimper sur nos joies clandestines

Barbara Auzou

Invités sur la Terre

Photo : Lucile Duneau-Délis

Cherchant au creux du monde la raison de l’invitation

Nos pensées portées par l’envolée des rêves

Nous avons rejeté tous fardeaux toutes peines

Et puisé loin le désir de renaître du feu

Le sang traversé de l’onde des fleuves sans fin

nous avons cueilli la dynamique folle des tourbillons d’enthousiasme

cet élan vibrant de persévérance résolue

cette constance dans l’âme du monde

à réinventer le jour.

Equilibre eurythmique

Mains mains qui créent des jardins des jardins de couleurs couleurs à la naissance du son son harmonique jusqu’à la résonnance du corps corps à l’élan stable dans le mouvement du pinceau pinceau au tracé déraisonné de la courbe courbe animée d’infini infini liée à la pulsation de l’oscillation oscillation des nuances au cœur de la peinture peinture mouvante sur la toile toile aux alliances de teintes teintes où soufflent l’impulsion impulsion de la circulation des lignes lignes embellies de la tonalité tonalité des mots mots animés de l’équilibre eurythmique

Hiver

Eblouie par l’éclat paisible du soleil d’hiver je repousse toutes les inquiétudes et grave des paysages traversés de fissures et de failles. J’écoute les roulements répétés du tonnerre, le début de quelque chose, le pardon des hommes, ta voix de silence, le vent secouer les arbres avec ardeur.

Il y a les nuages gonflés de pluie, les mimosas en fleur, le fleuve en crue. Nos têtes levées vers le ciel. Habités de cette seule certitude que seul suffit aujourd’hui.

Voyage XX

Quand Voyage XX s’anime de la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique

format 40 x 50 cm

nous marchons de visions en visions

dans la mer inentamable dont nous partageons

les voeux profonds les gestes autonomes

les bras d’ailes et de moulins et tout nous ramène

à l’infrangible unité de la vague

à la plaie fièvreuse et tendre nous en habitons

le centre les portes et les fenêtres la pliure du coeur

avec son sel les paupières où l’on danse

nous tendons en robes de ciel en mousses de lilas

nos mains douces vers un échange très simple

 insulaire

quelque part entre la fugue et le silence

Barbara Auzou.

Insomnie

Entre deux pauses endormies

j’entre en terrain vague

La nuit s’étire d’heures infinies

dans lesquelles je pourrais écrire mille histoires

m’étourdir du son des couleurs et de la matière des mots

m’affranchir de la pesanteur et de toute peur

Mais dans l’obscurité les ombres dansent

les noctambules et autres oiseaux nocturnes se sont tus

même le vent incite au silence

Voyage XIX

Dernier né de la série Voyage, « Voyage XIX », illustré par la poésie de Barbara Auzou.

Merci Barbara. Infiniment.

Peinture acrylique, encres couleur, marqueurs acrylique, pastels à l’huile

Format 50 x 70

Je me hâte et me reforme

les pieds sur une fosse marine

au sortir d’une nuit incertaine

j’effleure une échine 

pour que les bras et la mer se comprennent

j’invente des refuges

j’invente des détours

je me hasarde vers une étendue d’eau à ma mesure

la vie s’enroule douce et dure

maison cellulaire dont je caresse les lézardes et les commotions

dans l’affolante et tendre sororité des sphères

la rougeur reposée s’endort bientôt dans sa laine

vois-tu il y a toujours des strates orange d’arrière-soleils

dans ce qui émeut la pierre au plus profond

De ta présence

Engranger le beau

nourrir la constance

et se dire tous les silences à s’aimer

J’entends dans le jardin un merle siffler

le vent sur la colline souffler l’autan

et ta voix sourire

comme au premier matin

Cueillir le jour

Dis-moi le refuge de ceux qui réparent l’âme du monde
et tous ces petits pas 
faits et à parfaire 
qui modèlent les heures du matin
 
dis-moi l’amour 
et la caresse de décembre
dans l'assurance des pierres levées  

alors que la saison s’installe
que le fleuve se gorge de pluie
je frôle les strates des sentiments
et comme à l’aube première cueille le jour 
 
j’entends la terre sensible
goûter le silence des arbres 


Tableau à quatre mains : Fran et Laurence Délis

Je puiserai loin

Et pourtant toute la pesanteur charrie même les plus endurcis

et du point limite s’étendent les maux et l’indécis

Je lève la tête vers le ciel et mes yeux vers les visages croisés

cherche le bleu lumière et les rires oubliés   

L’année se prolonge en heures sombres et longues

Alors je puise loin dans la terre l’envie de vivre

la plus petite flamme à saisir

Et de nos racines profondes pétrirai l’avenir.

A distance

Toutes ces heures immobiles

sans se serrer dans les bras

et toutes les fois où ta main ne se pose plus sur ma joue

je rêve du geste prenant le pas sur le verbe

la chaleur de ton regard ne suffit pas

je crève de tous les manques

je meurs de t’aimer à distance .

Crédit photo : source inconnue

Jongler avec le vent

 Faut-il grimper haut pour donner corps 
 à tous nos choix
 Répandre le blanc des cimes 
 Et l’or dans le ciel à venir ?
  
 Je veux jongler avec le vent 
 dire le courage d’avancer
 malgré le brouillard et les ombres
 et m’armer de lumière 
 pour lever la main en résistance
 braver le déséquilibre et l’agitation
 les secousses persistantes
  
 Je veux jongler avec le vent
 Jusqu’à enlacer l’envol léger de nos libertés 

Une photo, quelques mots Brick à Book 384

Terre infinie

je ne veux pas de maladie
sur la Terre infinie

ma fierté n'est pas refroidie
ni les esprits qui sans bruit
sèment les graines sous la pluie

j’entends la jeune mélodie
vivifier la terre ancienne du peuple maori
et réveiller les sourires assoupis
dans les arbres prospères et le vent épanoui

j’entends le bruit de l’eau qui court
le refrain des galets dans le chant du troubadour

j’entends gronder l’orage lourd
le son de la pluie dans l’éclat du jour
les enfants plonger dans les rivières alentour

l’art est long et le temps est court
pour peindre le monde au pourtour
les oiseaux du ciel et les grandes tours
toute trace d’hommes sur la ligne ample du jour

Jeu 61 chez Filigrane. Créer un poème sandwich à partir d’un extrait poétique de Charles Cros :

Je ne veux pas de maladie,
Ma fierté n’est pas refroidie,
J’entends la jeune mélodie.

J’entends le bruit de l’eau qui court,
J’entends gronder l’orage lourd,
L’art est long et le temps est court.

« Insoumission » – Charles Cros

Je me souviens, les vagues naissent d’embruns

Quand l’aube se dérobe et que dans la lumière le jour enfle

je vois du haut de nos évasions flottantes

la mouvance stabiliser le temps héroïque

Et dans le bercement maternel de la terre en éveil

on modère toute embrouille

on s’arme d’amour pour chasser ce qui reste de la pesanteur

Tout contre toi, comme soutien inébranlable

je me souviens, les vagues naissent d’embruns

et le fruit de nos méditations calme tous vents contraires

Il est alors facile de lier le monde à la lisière de l’horizon paisible

dans la douceur ample du devenir

t’aimer n’a jamais été aussi libre.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème RASSERENER 13 mots à placer : Calmer, soutien, douceur, héroïque, patient, cool, grrr, méditation, maternel, modérer, embrouille, évasion, éveil. (j’ai fait l’impasse pour deux d’entre eux, je vous laisse deviner lesquels) 🙂

De chaque ébauche à venir

Il se pourrait que dans la précipitation on ait éloigné la boite des souvenirs

Oublié comment rendre l’esquisse tendre.

Là, au pied des arbres courbés par le vent

laisse tes doigts glisser le murmure de l’eau sur ma peau

Et nos corps d’argile, pétris de fréquences connues et inconnues

Se risqueront à nouveau au flux du temps.

On pourra alors de chaque ébauche à venir

Gommer les indécisions

Balayer les éclairs et les bruits avec diligence

Bousculer la prudence trouver remède et solution.

Et si la quête éperdue perdure

Trouver les minutes qui rapprochent

Au besoin ralentir

Partir

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème VITESSE, 12 mots à placer : Précipitation, pied, éclair, boite, courir, (vélo), temps, diligence, minute, risquer, ralentir, remède. J’ai délaissé le vélo, j’ai préféré marcher 🙂

Bleu

Bleu

à l’âme nous vacillons dans les grands désordres du manque d’équilibre

traversant les vagues indécises et les bleus hasardeux de nos chutes répétées

jusqu’à se perdre dans les méandres de l’outremer et des tourments cobalt

On oscille dans l’agitation des couloirs imposés

puis on se détache du monde impatient

et à la faveur de nos sens retrouvés

nos cœurs perdus s’apaisent

Je frôle ton âme d’indigo et de l’encre délébile

se dilue le blues

Ne reste que l’horizon stable de la ligne azur

et ta main qui embrase tous les bleus amoureux