De ta présence

Engranger le beau

nourrir la constance

et se dire tous les silences à s’aimer

J’entends dans le jardin un merle siffler

le vent sur la colline souffler l’autan

et ta voix sourire

comme au premier matin

Cueillir le jour

Dis-moi le refuge de ceux qui réparent l’âme du monde
et tous ces petits pas 
faits et à parfaire 
qui modèlent les heures du matin
 
dis-moi l’amour 
et la caresse de décembre
dans l'assurance des pierres levées  

alors que la saison s’installe
que le fleuve se gorge de pluie
je frôle les strates des sentiments
et comme à l’aube première cueille le jour 
 
j’entends la terre sensible
goûter le silence des arbres 


Tableau à quatre mains : Fran et Laurence Délis

Je puiserai loin

Et pourtant toute la pesanteur charrie même les plus endurcis

et du point limite s’étendent les maux et l’indécis

Je lève la tête vers le ciel et mes yeux vers les visages croisés

cherche le bleu lumière et les rires oubliés   

L’année se prolonge en heures sombres et longues

Alors je puise loin dans la terre l’envie de vivre

la plus petite flamme à saisir

Et de nos racines profondes pétrirai l’avenir.

A distance

Toutes ces heures immobiles

sans se serrer dans les bras

et toutes les fois où ta main ne se pose plus sur ma joue

je rêve du geste prenant le pas sur le verbe

la chaleur de ton regard ne suffit pas

je crève de tous les manques

je meurs de t’aimer à distance .

Crédit photo : source inconnue

Jongler avec le vent

 Faut-il grimper haut pour donner corps 
 à tous nos choix
 Répandre le blanc des cimes 
 Et l’or dans le ciel à venir ?
  
 Je veux jongler avec le vent 
 dire le courage d’avancer
 malgré le brouillard et les ombres
 et m’armer de lumière 
 pour lever la main en résistance
 braver le déséquilibre et l’agitation
 les secousses persistantes
  
 Je veux jongler avec le vent
 Jusqu’à enlacer l’envol léger de nos libertés 

Une photo, quelques mots Brick à Book 384

Terre infinie

je ne veux pas de maladie
sur la Terre infinie

ma fierté n'est pas refroidie
ni les esprits qui sans bruit
sèment les graines sous la pluie

j’entends la jeune mélodie
vivifier la terre ancienne du peuple maori
et réveiller les sourires assoupis
dans les arbres prospères et le vent épanoui

j’entends le bruit de l’eau qui court
le refrain des galets dans le chant du troubadour

j’entends gronder l’orage lourd
le son de la pluie dans l’éclat du jour
les enfants plonger dans les rivières alentour

l’art est long et le temps est court
pour peindre le monde au pourtour
les oiseaux du ciel et les grandes tours
toute trace d’hommes sur la ligne ample du jour

Jeu 61 chez Filigrane. Créer un poème sandwich à partir d’un extrait poétique de Charles Cros :

Je ne veux pas de maladie,
Ma fierté n’est pas refroidie,
J’entends la jeune mélodie.

J’entends le bruit de l’eau qui court,
J’entends gronder l’orage lourd,
L’art est long et le temps est court.

« Insoumission » – Charles Cros

Je me souviens, les vagues naissent d’embruns

Quand l’aube se dérobe et que dans la lumière le jour enfle

je vois du haut de nos évasions flottantes

la mouvance stabiliser le temps héroïque

Et dans le bercement maternel de la terre en éveil

on modère toute embrouille

on s’arme d’amour pour chasser ce qui reste de la pesanteur

Tout contre toi, comme soutien inébranlable

je me souviens, les vagues naissent d’embruns

et le fruit de nos méditations calme tous vents contraires

Il est alors facile de lier le monde à la lisière de l’horizon paisible

dans la douceur ample du devenir

t’aimer n’a jamais été aussi libre.

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème RASSERENER 13 mots à placer : Calmer, soutien, douceur, héroïque, patient, cool, grrr, méditation, maternel, modérer, embrouille, évasion, éveil. (j’ai fait l’impasse pour deux d’entre eux, je vous laisse deviner lesquels) 🙂

De chaque ébauche à venir

Il se pourrait que dans la précipitation on ait éloigné la boite des souvenirs

Oublié comment rendre l’esquisse tendre.

Là, au pied des arbres courbés par le vent

laisse tes doigts glisser le murmure de l’eau sur ma peau

Et nos corps d’argile, pétris de fréquences connues et inconnues

Se risqueront à nouveau au flux du temps.

On pourra alors de chaque ébauche à venir

Gommer les indécisions

Balayer les éclairs et les bruits avec diligence

Bousculer la prudence trouver remède et solution.

Et si la quête éperdue perdure

Trouver les minutes qui rapprochent

Au besoin ralentir

Partir

Les plumes d’Asphodèle chez Emilie. Du thème VITESSE, 12 mots à placer : Précipitation, pied, éclair, boite, courir, (vélo), temps, diligence, minute, risquer, ralentir, remède. J’ai délaissé le vélo, j’ai préféré marcher 🙂

Bleu

Bleu

à l’âme nous vacillons dans les grands désordres du manque d’équilibre

traversant les vagues indécises et les bleus hasardeux de nos chutes répétées

jusqu’à se perdre dans les méandres de l’outremer et des tourments cobalt

On oscille dans l’agitation des couloirs imposés

puis on se détache du monde impatient

et à la faveur de nos sens retrouvés

nos cœurs perdus s’apaisent

Je frôle ton âme d’indigo et de l’encre délébile

se dilue le blues

Ne reste que l’horizon stable de la ligne azur

et ta main qui embrase tous les bleus amoureux

Rouge

Je balaie la colère
Et toutes peurs 
C'est la vie
La vie qui s'enfuit
Et celle qui nait au sorti du ventre de nos mères
Et si la porte mène au sang de nos pères
Transfuse du passé au présent
De la peine à la douleur
Je vais grandir de l’intérieur
Faire face
Et ne pas oublier que les jours qui passent
Est sang d'équilibre et de silences paisibles
Quand celui de tes lèvres
Trouble le rouge des miennes

Une photo, quelques mots Bric à book 360

Photo : ©Steven Roe

Infinis fragiles

Faut-il atteindre l’indigo
Des jours de pluie
Et la lumière des nuits sans étoiles
Pour parler de mémoire
Ces infinis fragiles
Des hommes qui affrontent le noir
Et se retiennent de tomber
Là où la mer tresse les souvenirs
 
Comme on s’amarre malgré la rouille
Aux vagues bleues du souffle majeur
J’entends battre en nous
Le bruit sourd
Du manque et de la douleur

Jeu 53 chez La Licorne. Deux contraintes : quatre couleurs plus quatre mots tirés d’un poème d’Arthur Rimbaud : étoile, infini, mer, homme pour une poésie entre quatre et seize vers.

Immobile

A la verticale du temps

j’ai cessé de courir

et sous l’impulsion de l’inspiration

j’ai respiré la terre mouillée

les feuilles mortes sous mes pieds et la pluie en haut des cimes

J’avance immobile

C’est je crois

dans le mouvement lent de l’équilibre

Que s’affermit l’invisible

Et rend tangible

L’éveil de nos sens

Photo : Détail de « Automne » (tableau en cours de réalisation)

Avant de dormir

Credit photo Pinterest

Traversée d’un élan sourd

Les yeux portés sur la langue de mer sauvage

Goûtant des lèvres le vent et l’iode

J’étreins tout ce que la terre porte d’essences

Et tes bras autour de moi

Rivent le temps

A l’étendue sensible de nos sens