Voyage XIII

Le véritable voyage, ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie intérieure.

Antoine de Saint-Exupéry

peinture acrylique sur carton, encres couleur, pastels à l’huile

Format 40 x 50

Voyage V

« Je n’ai pas besoin d’aller plus loin. Maintenant je sais que je suis enfin arrivée au bout de mon voyage. C’est ici, et nulle part ailleurs. » JMG Le Clezio

Peinture acrylique, feutres Posca, stylo

Format 30 x 40

Détails du tableau

Le chant de la Terre – Voyage V- (deux tableaux en cours)

En ce moment je travaille simultanément sur deux tableaux. Le chant de la Terre et Voyage V, deux univers différents, deux manières de peindre, deux façons de traduire tout ce que j’entends et perçois de notre Terre. Je pense à la vie. Fourmillante, intense, généreuse. Je respire. J’oublie la toile.

Les couleurs, le mouvement, la pression du pinceau, le geste précis du trait, sont autant de tableaux à l’intérieur du tableau. Vivants.

Un plongeon dans le tourbillon de la création.

Le chant de la Terre (détails)

Voyage V (détails)

Voyage IV

« Le vrai domicile de l’homme n’est pas une maison mais la route, et la vie elle-même est un voyage à faire à pied » Bruce Chartwin

Peinture acrylique,encre couleur, feutres aquarelle, Posca.

Format 40 x 50

Selon le sens donné au tableau, le voyage prend une autre forme

Comme une promesse de renouveau, un voyage musical pour débuter cette année 2020.

A vous, amis de la toile, je souhaite tous ces petits bonheurs, parfois discrets mais néanmoins présents qui embellissent le quotidien.

Avec toute mon amitié.

Voyage I

« Je voyage silencieux dans un monde sans bruits, et dont je garde en moi les couleurs, depuis ces jours de ma jeunesse. » Adrien Goetz – La dormeuse de Naples

Acrylique, feutres Posca, stylo

30 x 40

Détails du tableau

Merci pour le titre, Alma 🙂

La carte à voyager dans le temps

L’avant-veille de Noël, Joan Martines avait débarqué chez moi sans prévenir. Je débordais de boulot et, depuis des jours, je faisais l’impasse sur le ménage de la maison. Je vivais dans un capharnaüm assumé et mon ami, bien que tatillon, ne m’en tint pas rigueur. Il savait combien cette période de l’année était laborieuse pour moi.

Joan revenait d’un périple autour du vaste monde et chacun de ses retours était significatif. Bien entendu il avait apporté son atlas nautique du monde avec lequel nous avions déjà fait nombres de voyages. Dans son bagage il avait également ramené deux bouteilles de Mouton Rothschild 1973 qui selon lui valait son pesant de périples. Déjà l’étiquette en hommage au grand Pablo nous assurait une flânerie agréable.

Après avoir fait un tour complet de la pièce Joan avait repoussé d’un large geste de la main une multitude d’objets qui encombrait la table pour y déplier son fameux atlas nautique.

Sur celui-ci, cartographié par ses soins, on pouvait y voir répertoriés des contrées et des îles qui croisaient les océans. Des percées de terres qui demandaient à être découvertes et d’autres si anciennes que les représenter aujourd’hui transformeraient le monde. On en avait déjà fait le tour de nombreuses fois et même si je connaissais fort bien l’atlas je me suis penché au-dessus pour mieux le détailler. J’aime le travail bien fait et l’exactitude avec laquelle Joan avait cartographié les terres océaniques m’a rappelé le secret qui nous liait. Si j’en jugeais les bouteilles de vin qu’il venait de m’offrir, il ne m’avait pas attendu pour s’adonner au plaisir d’une escapade. Il m’a regardé d’un air entendu tout en nous servant un verre et effectivement le vin valait bien le détour. J’y goûtais un nombre infini de paysages, succession de coteaux et de crêtes entourés de terres basses et humides. Des saveurs qui roulaient sur ma langue et dans ma bouche comme autant de couleurs d’une terre.

A défaut du passé dont on ne parlait presque jamais on a devisé sur l’avenir. On spéculait sur la bêtise humaine qui au fil des siècles ne variait pas. Forcément, ça nous interrogeait, cette évolution par le bas. Puis, le vin aidant, nous avons fini par nous taire pour savourer l’instant et le millésime. De temps à autre nous jetions un œil sur la carte. On n’avait pas besoin de se dire combien l’attirance du voyage était difficile à contenir. On n’avait pas besoin de se dire tout ce que nous avions déjà vécu pour avoir envie de le vivre encore. Et si le vin nous offrait une étape gustative exaltante, l’atlas océanique de Joan, nous proposait un panel d’aventures autrement plus enivrantes.

Je me suis levé du fauteuil dans lequel je m’étais assis et j’ai glissé mon doigt sur la carte. J’y ai tracé un chemin invisible jusqu’aux montagnes de Patagonie, puis j’ai tourné autour de la rose des vents. Joan m’a rejoint. On a fixé le centre de la rose. Ce petit point discret qui avait le pouvoir de nous projeter dans l’univers et les confins de l’espace et du temps. Je vous assure, c’est comme un grand cru, une fois qu’on y a goûté difficile de s’en passer. Tous ces voyages. Tous ces voyages qui mènent à l’essentiel.

Un peu contrarié j’ai regardé Joan et j’ai dit : « T’a pas choisi ton meilleur jour pour venir. J’ai dû boulot par-dessus la tête ». Avisant le bazar qui jonchait le sol et la moindre surface de la pièce, il a souri, a replié la carte et l’a rangé dans le livre Les Voyages Extraordinaires de Jules Verne que ce dernier lui avait offert en souvenir d’une rencontre mémorable. Puis il m’a proposé son aide. « Ce n’est pas de refus, ai-je répondu en songeant à tous ce qui me restait encore à faire. Ma tournée commence demain et je n’ai toujours pas mis la main sur mon échelle. Toi, tu la cherches pendant que je charge le traineau. Je veux bien que tu le conduises aussi. J’ai du sommeil en retard. Et le 25 décembre, une fois la tournée finie, on déplie la carte et on part pour une virée aussi loin que possible ! »

Pour l’agenda ironique de décembre chez Carnets paresseux où l’on part en voyage à partir d’un détail de l’Atlas Nautique du Monde composé en 1582 par mon vieux pote Joan Martines. Il fallait y ajouter deux dates et six mots : Noël, échelle, demain, livre, gouffre et tatillon. (comme souvent j’ai fait l’impasse sur l’un d’eux.)