Voyage – Rétrospective II

Si l’année 2020 a été difficile à plus d’un titre, elle a, malgré tout, donné naissance à la série « Voyage ». Ces tableaux, peints tout au long des deux confinements, ont été autant un appel à l’évasion qu’à la contemplation. Alors que les hommes se confinent, que le monde se retire du monde, l’écoute de la Terre prend de l’ampleur. Elle s’impose, même, comme essentielle. Et si plus d’une fois, j’ai peint d’autres sujets, je suis revenue à cette perception particulière qui m’a accompagnée tout au long de la création. Comme toujours, le mouvement nait de la couleur et de la couleur, celle du mouvement. Les lignes se dessinent à l’instinct à la recherche d’une nouvelle lecture du monde. Chaque paysage dévoile une dimension intuitive de la Terre et, l’expression du vivant, témoin d’une époque particulière raconte son histoire. Cette lecture est infinie et vibre encore profondément en moi. Qui sait où me mènera demain ?

La première rétrospective des Voyages est à voir ICI

Voyage XVII

Même quand la terre est assoupie, nous voyageons. Nous sommes les graines d’une plante persistante, et c’est dans la maturité et la plénitude du cœur que nous sommes livrés au vent et dispersés.

Khalil Gibran

Peinture acrylique sur carton, pastel à l’huile, encres couleur

Format 21 x 30

Voyage XVI

Le voyage est un songe dont l’éblouissement est inoubliable.

Victor Hugo

Peinture acrylique sur carton, encres couleur, marqueurs

Format 29 x 39 cm

Du sable encore dans les cheveux

sur l’étal de l’azur je reprendrais bien un peu

ce matin de ce fuselage du rêve cet astre convulsif

et farouche

élevé sur les paniques de nos vies et qui finit

en bouche

comme un élixir d’écailles pour nos mots liquides

dont on voit luire la peau à l’horizon

Barbara Auzou.

L’horizon des évènements

En bordure d’univers dans le temps et l’espace dilatés
on gagnera le pourtour de l’horizon à la limite infranchissable 
Et le temps ralentira la courbe des secondes
jusqu’à devenir éternité

Cliquez sur les photos pour mieux voir les détails

Peinture acrylique sur toile, collage papier, collage végétaux (2017)

Format 100 x 100 cm

Quand un tableau m’inspire des mots. Ici, le titre a fortement influencé l’écriture. La génèse du tableau à voir ICI

Voyage XV

Et il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.

Milan Kundera

Format 30 x 40

Peinture acrylique sur carton, encres couleur, Posca

Petites graines de bonheur (suite)

Les petites graines de bonheur reviennent avec une nouvelle série. Et qui dit nouvelle série, dit nouveaux lieux. C’est le premier dimanche de ce second confinement, il fait presque chaud sous le soleil de novembre. Lucile et Lïam m’accompagnent. Je passe par la route en direction du centre ville pour rejoindre la Garonne. Le début de la ballade n’a d’autre intérêt que celui d’atteindre le fleuve. Pourtant au fil de mes pas, il me parait évident que les galets ont leur place partout où on ne les attend pas. Poteaux électriques ou bien le trottoir devant le collège deviennent des endroits propices où en déposer.

Le rocher marque le début du sentier qui descend vers le fleuve. J’y place un galet comme une invite à en découvrir d’autres. Pourtant si tous les endroits où je dépose les suivants me semblent couler de source, ce n’est pas forcément le cas pour les promeneurs que je croise… qui ne les voient pas. Alors que je cherche où placer les derniers galets, un curieux s’approche de l’un d’eux mais n’ose pas le prendre. Quoique éloignés, je suppose que notre présence (Lucile photographie et Lïam cherche avec moi des emplacements) y est pour beaucoup.

Effectivement, alors que nous sommes sur le retour, nous remarquons que certains galets ont déjà disparus… et ça se poursuit le lendemain quand en rentrant du collège, Lïam, un grand sourire lui mangeant le visage, me dit que ceux déposés sur les poteaux électriques ont été trouvés.

J’ai au moins fait un heureux 🙂

Photos : Lucile Duneau-Délis