Jour bleu

Après l’aube, le silence entre dans le jour. Les heures paressent encore, à l’abri des noctambules endormis. Le vent vibre dans les cimes des pins maritimes, le jour s’aventure, vagabond ; bleu comme l’été, animé de lumière et de feu.

On pourrait croire le monde à la lisière de deux mondes et, le ciel à notre portée, dans cet équilibre parfait qui chemine entre les racines. J’entends courir la promesse des fleuves à travers la terre et tous les chemins secrets épousant le paysage.

Eté

Peuplé du murmure du monde

dans l’intervalle à l’amplitude vaste

le vent chante la terre

Ecoute

la rivière sourdre avec assurance

le sentier palpiter au rythme des arbres

écorces en dentelles

herbes folles

racines séculaires

rhizomes

limon

toute fusion ensemencée de la genèse au dénouement

dans la lumière étirée de fin d’après-midi

nos pas dansent la marche des nuages

et la tête levée vers le ciel clairsemé de fragrance d’été

on avance

tranquilles

un goût d’enfance sauvage sur les lèvres.

Samedi, nuit d’été

Samedi, nuit d’été.

Je t’écris à l’heure où l’horizon s’enflamme de couleurs tropicales. Ici, après un long hiver sec, le thermomètre affiche des records de canicule. Le vent du sud souffle depuis plusieurs jours. Le sol pleureur effleure sans cesse la surface flétrie du lac pendant que les branches du chêne dansent un ballet farouche. Je me rappelle ces après-midis d’été où tu dessinais sur ton carnet, assis sur le ponton, les pieds dans l’eau. Chaque détail esquissé révélait le plaisir de saisir la lumière sur l’eau, l’ombre des roseaux, le vol d’un oiseau. Je te voyais depuis la fenêtre de l’atelier, concentré sur ton travail, et je restais immobile jusqu’à ce que tu tournes la tête vers moi. Je devinais ton sourire dans ce geste silencieux que tu m’adressais. Je n’avais pas besoin de plus que ce signe pour me remettre à peindre jusqu’à la tombée du jour. Il accompagne encore ma main sur la toile aujourd’hui comme le prolongement de ce que nous sommes l’un pour l’autre.

Je suis passé voir ton père. Il râle contre toi qui as décidé de faire ce voyage, contre moi qui t’ai laissé partir. Il a moyennement apprécié la carte postale que tu lui as envoyé avec la citation de Lamartine « la vie est un mystère et non un délire ». La fraîcheur de son accueil a cependant été de courte durée lorsque j’ai éventé notre petit secret. Mon ventre s’arrondît et comme en réponse à la vie qui pousse en moi, je peins des toiles immenses animées de passion et de couleurs vives.

Les cigales se sont tues. Le chant des grenouilles envoute la nuit et le lac. Je vais dans le mouvement lent de ceux qui aiment, respirer le parfum sauvage de la sève et je t’attends sans impatience. Tu le sais bien, nos âmes ont dans le regard le reflet de nos étendues vastes.  

Les plumes chez Emilie. Du thème Fièvre, treize mots à placer : regard, délire passion, danser, samedi, nuit, thermomètre, tousser, ombre, fraîcheur, envouter, enflammer, éventer

l’invitation

Crédit photo Pinterest

De l’affleurement à la densité de l’immense

jusqu’au cellules de l’infiniment petit

nous avons trouvé un sens à notre destinée

regardant l’eau de terre brasser l’eau de mer

comme le lien possible à toute évidence

Dans les vagues reliant les reliefs des sommets

on a pénétré l’intérieur des racines puis longé les tiges aériennes

on devinait le murmure du monde dans chaque bruissement

C’était à peine un vœu

davantage une certitude

On entendait au loin l’âme des arbres en devenir

les torrents d’écume et les collines endormies

et à l’heure des frôlements de la connaissance

une invitation à vivre

Avant le premier vol



Avant le premier vol
je mesure la distance complice à l’assurance de ta patience
et apprivoise le goût simple de l’instant
cette connivence qui étourdit le jour
et nourrit l’entente de la nuit.

Jeu 65 chez La Licorne. S’inspirer de la photo et jouer avec les mots du titre du livre « Vol de nuit » d’Antoine de Saint-Exupéry 

Un bruit étrange et beau -Les résultats

L’agenda ironique de mai, c’est terminé ! Long mois fructueux, truffé de textes riches et variés. Une nouvelle fois, un grand merci pour toutes vos participations et pour le plaisir que j’ai eu à vous lire sur ce thème.

Vos 3 textes préférés ce mois-ci sont Le poulpe et la fermière de Carnets paresseux, le texte de Lyssamara et Léon n’est pas ici de Le retour du Flying Bum. Bravo à vous trois !

Quant à l’hébergeur de l’agenda pour le mois de juin, ce n’est pas un mais deux hébergeurs que vous avez choisi : Solène et Max-Louis, ex aequo

A très bientôt chez eux, s’ils sont d’accord pour un duo !

L’aimée

Photo : Pinterest

Après l’amour, dans l’indolence du sommeil qui t’habite, l’univers se redessine. Lorsque je te regarde, j’ai la certitude que tout est à sa place ici-bas. J’entends la musique de ton souffle, la respiration lente et veloutée de l’apaisement. La nuit se fait jour dans le regard que je porte sur toi. Un regard de l’ordre de l’universel, c’est ainsi que je t’aime. Mes doigts effleurent ton corps et t’arrachent un frisson, ta peau blanc crème couverte de chair de poule m’émeut. Il demeure dans ce geste, ce désir renouvelé de tous les possibles, la latitude des différences qui rassemblent. C’est une sorte de combat que l’on mène sans heurts. On passe outre l’intolérance et la violence d’un rejet encore fortement présent. Et lorsque je m’endors à mon tour, ma main — peau noire posée sur ton sein clair — retient la couleur du réconfort.

Au matin, devant la fenêtre ouverte tu inspires l’air iodé. Des perles de rosée nuancent le pré d’à côté où paissent des brebis et leurs petits. À l’horizon, la marée basse offre aux baïnes le reflet du ciel. On marche jusqu’à la plage. D’instinct, nos mains se cherchent, se touchent, s’enlacent, se fondent dans le même élan. Comme on incorpore généreusement les sentiments, on harmonise l’intimité, révèle la raison d’une union heureuse et colorée. Nous flânons tout en ramassant quelques berlingots de mer. Le vent marin se mêle à tes cheveux dorés comme le miel. Je croque ton sourire et le parfum du chocolat sur tes lèvres.

Les Plumes chez Emilie. Sur le thème LAIT, 13 mots à placer : miel, perle, brebis, crème, sein, velouté, traire, chocolat, poule, berlingot, intolérance, incorporer, instinct. J’ai laissé de côté, traire.

Agenda ironique – Les textes de mai – Les votes

Jolie récolte de textes en tout genre pour ce mois de mai prolifique ! Merci à tous pour vos participations enthousiastes et la diversité avec laquelle vous avez abordé ce thème. Me suis régalée à vous lire 🙂

Place maintenant aux lectures et votes pour vos textes préférés (jusqu’à 3) et pour désigner l’hébergeur de l’agenda de juin. Pour ça, vous avez jusqu’au lundi 31 mai. Bonne lecture !

Une danse pour l’éternité chez Ecrits de femme

Agenda ironique de mai chez Le petit journal/Gérard Leplessis

Un des plus beaux matins du monde chez Solène

Onésime et le cyclo-pousse chez Gibulène

7 questions chez Adrienne

Léon n’est pas ici chez Le retour du Flying Bum

Le poulpe et la fermière chez Carnets Paresseux

Concert chez André/Cemondeblog

Polyphème (et Ulysse) chez Tout l’opéra

Agenda ironique chez Duff John

Les oiseaux de paradis chez Alan mabden

Fernande chez Grain de sable

L’Odyssée d’Eliott chez Filigrane/La licorne

Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau chez Iotop/Max-Louis

Iron age chez chchshr

Dans la fourmilière chez Carnets paresseux

Un bruit ébrange et teau chez Des arts et des mots

Ce silence chez Palette d’expressions

Etrange et beau chez Poésie de nature

Un bruit étrange et beau chez Les mots, la vie

Le texte de Lyssamara à lire dans les commentaires ICI

Taraudé chez Emmanuel Glais

Ce silence

 Crédits : A-Digit – Getty

Écoute, si tu veux m’aider va me chercher un tasseau de bois, dit mon père. Tu te souviens où ils sont entreposés ?

J’ai hoché la tête et redescendu prudemment le ponton glissant. Il a plu un peu plus tôt. De la pluie toute fine, à peine visible que j’ai goutée avec ma langue, comme pour avaler le temps maussade et cette douleur ample qui ne me quittent pas depuis des semaines.

Tout est gris depuis mon arrivée ici. Le ciel, la mer, les rochers. Mon cœur. 

Je regarde ce père que j’apprends à connaître. Aujourd’hui, il répare le garde-corps du ponton. Il n’est pas bavard. Ça ne me gêne pas, moi je ne parle plus depuis que maman est partie. Au début, j’ai eu peur qu’il m’oblige à lui dire les choses. Mais non. Il a dit avec un sourire timide, un sourire qui s’excusait presque, qu’il faut du temps pour s’apprivoiser. C’est vrai, j’ai pensé. Si je ne le connais pas, lui non plus ne me connaît pas.

Le vent rugit sous les tuiles. Les vagues claquent contre les rochers. De la fenêtre du salon, j’observe le vieux poirier se tordre sous les bourrasques. C’est comme une danse sauvage, une danse des éléments parce qu’il pleut si fort que je ne perçois plus grand-chose au-dehors, hormis le bruit. Sacrée tempête, hein ? dit mon père, accroupi devant la cheminée. Il remue les braises, ajoute une bûche dans l’âtre. Le bois craque sous la chaleur. Ici, sur l’île, les sons les plus anodins se déploient davantage qu’en ville. La pluie, le vent, les cris d’oiseaux, le ressac. Et puis les bruits de marteau et de scie également parce que mon père répare tout un tas de choses pour les habitants. Des bateaux, des portes des maisons et des meubles cassés. Il a un cahier où il dessine des plans et des croquis détaillés. Il m’a acheté le même que le sien. Pour dessiner si tu en as envie, m’a-t-il expliqué. Mais dans le mien, j’écris plutôt des mots. Tous ces bruits que je reçois comme des histoires qui ne demandent qu’à naître.

Dans le jardin, à côté de la cabane à outils se trouve un vieux cyclo-pousse. Si vieux qu’il ne roule plus depuis longtemps. Je suis monté dedans, ça grince de partout et la sonnette ne tinte plus. Quand mon père m’a vu, il m’a hissé sur la selle et même si je n’atteins pas les pédales j’ai fait semblant de pédaler. Tu as raison, a-t-il dit, il est temps que je le retape et tu vas m’aider. Une fois qu’il sera fonctionnel, on fera le tour de l’île tous les deux.

On a travaillé dessus tout l’hiver. Mon père a pris son temps. Rien ne presse, disait-il quand il me voyait impatient. Il faudra attendre les beaux jours pour partir.

Alors j’écoutais les bruits qui nous entouraient et qui au fil des jours devenaient familiers. Le vent, la pluie, les cris des cormorans. Et puis tous ceux que j’entendais quand on réparait le cyclo-pousse. C’étaient des bruits de ferraille que l’on redresse, de pneus à changer, de chaine à retendre. Tous ces sons se mêlaient à notre labeur et nous rassemblaient. Je ne parlais toujours pas et papa ne me le reprochait pas.

Il y avait ce silence entre nous. Un silence bordé de complicité, comme un bruit étrange et beau que je ne savais décrire. Peut-être, me fallait-il simplement le vivre.

Pour l’agenda ironique de mai, sans ironie mais ça ce n’est pas nouveau chez moi 🙂

Du narcissisme

Du narcissisme par La plume fragile où quand un de mes tableaux s’en va vers son nouvel habitat et s’invite aux creux des mots.
Merci à toi Milena !

La plume fragile

Miroir miroir
en de menus détails
grandeur se décompose
devant l’œil turquoise

Expression du Moi – j’ose.

Dentelle de mer osmose
Le bleu du ciel se terre
Sous l’intime barrière
De corail et de mots
Coulée de couleurs en symbiose
Fronces d’écumes narquoises

Miroir miroir
exquise blancheur vitrail
me renvoie ce visage
sensible au bleu d’émoi

Gestes en apothéose.

f.

Illustrations : La Spontanéité d’une pause, de Laurence Délis, récente acquisition dans laquelle mon regard se perd, se noie et revient à lui. Merci, Laurence !

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Au carrefour de toutes les origines

À l’intérieur du monde en dérive, tu pleures. C’est vrai, il est souvent difficile de mettre des mots sur les émotions qui nous heurtent. J’aurais pu te parler des gens sous influences, coincés dans la futilité des mirages, assoiffés de champagne et de tromperie. Des dirigeants à l’armure d’indifférence. J’aurais pu écrire les peuples qui éclatent sous la peur, les cœurs qui s’assèchent. J’aurais pu peindre l’arrogance, la violence. J’aurais pu te regarder pleurer et me détourner.

Dans le silence de la tempérance, je m’éloigne de tout abandon. Toi, dans la sécurité de mes bras, je longe la bordure du monde en souffrance. Et si les ombres pèsent encore, j’élèverai la terre légère pour te nourrir d’espoir. Je puiserai l’équilibre dans le vent ivre et le goût de vivre.

Je te dis les êtres pétris de bonté, ceux affamés de rires et de rêves qui se tournent vers les horizons élargis. Et sous le son flexible de nos échappées et l’air vibrant de l’envol des lendemains on caressera la canopée. Je t’apprendrai.

Je te dis l’amour qui gonfle les fleuves et les paysages de renaissance, la mousse au pied des arbres, l’amplitude de l’espérance.

Et au carrefour de toutes les origines, l’aiguille dans nos mains tissera le rassemblement des hommes libres.

Les Plumes chez Emilie : du thème BULLE, 14 mots à placer : savon, champagne, ivre, écrire, éclater, intérieur, envol, lingère, léger, sécurité, coincer, mousse, air, aiguille, armure. J’ai fait l’impasse sur 2.

Photo : nara simhan

La conversation

Cause toujours, tu m’intéresses, c’est ce que j’ai pensé du voisin qui me parlait de la pluie et du beau temps, alors que je lui répondais c’est vrai, le paysage est beau, les arbres et surtout les massifs d’eau fleuris qui donnent une petite note rafraichissante, d’autant qu’il fait si chaud, encore. Et ça m’a rappelé cet été caniculaire, tu t’en souviens ? Nous étions ivres de chaque minute passée ensemble. On goûtait le présent. Tu disais : Vivons ! Vivons sans jamais être rassasiés et tu ajoutais : « ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme » Cet été-là, on cherchait le bleu de la mer jusque sur les murs peints de la chambre et à l’ombre de nos corps, aussi.  Tiens, je portais du noir comme ce soir, un petit déshabillé de coton qui porte bien son nom parce que je ne l’ai pas gardé longtemps. Et toi, voyons voir, ha oui, tu ne portais rien, c’est dingue ça quand j’y pense, alors que depuis des années maintenant tu revêts ce style de pyjama rayé qui te sied, je ne dis pas le contraire mais bon, ça commence à manque d’originalité tout ça, non ? Dis, tu m’écoutes ?

Hum ? Oui, oui, bien sûr que je t’écoute. Bon il est tard, tu viens te coucher ?

Pour l’agenda ironique d’avril, hébergé ce mois-ci par Des arts et Des mots où il était question de « cause toujours, tu m’intéresses » de tableau, de conversation, de citation et autres jeux de mots et d’ironie bien sûr.

A l’heure des torrents d’écume

Photo Lucile Duneau-Délis

Quand au soir le soleil incendie le feuillage et la lande paisible

et tous les murmures feutrés du jour qui disparait

j’entends à l’heure des frôlements

et des torrents d’écume

le passage du vent qui chante l’ivresse de la mer

la terre en poursuite d’aventures sauvages

le bonheur ample du silence des hommes

Bleuet indigène

Bleuet indigène par La plume fragile ou quand un de mes tableaux part vivre ailleurs et que l’inspiration s’invite… ❤

La plume fragile

Bleuet indigène
ou languir en ton absence
les fleurs sauvages
répondent-elles au malheur 

Dunes chaudes
carnassière épopée
caresser ta carcasse 
sort-elle rescapée du sable de l'errance

Silence pour langage
ou bourdonner en ta présence
ton parfum ensemencé
nourrit-il assez mon ventre

f.

Illustration en-tête : À fleur de sable, de Laurence Délis, acquisition qui comble mon regard chaque fois qu’il se pose sur ces ondulations sidérales. Merci, Laurence, pour ton art.

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Traquer l’oubli

Photo : @ Ivan Tsaregorodtsev

Fouillant l’oubli des années

L’oubli des souvenirs

L’oubli de ma peine

Et celui de mon sourire

Respirant l’éveil de la résistance

Et l’agitation du précaire

Je traque ma mémoire

A l’art de vieillir se dispute le tragique de la défaillance

Je compulse le présent

Et poursuis le désir de vivre

Le désir d’être

Le désir

Le

L’

L’oubli

Une photo, quelques mots : Bric à book n°401

Le chant de la Terre

les paumes ouvertes tournées vers le ciel

la pluie rigole entre les lignes de nos mains

sillonnent les fleuves jusqu’à la mer

et sous le ciel ourlé de lumière

je puise dans les plis du temps

la musique des arbres

le vent sur le sable

toute l’âme du monde

écoute

le matin vibre sous l’aube frêle de tous les silences

Photo @Ishtar

Voyage XXII

Quand la poésie de Barbara Auzou accompagne Voyage XXII, l’art s’en trouve grandi.

Merci Barbara. Infiniment

Peinture acrylique sur papier, encres couleur

Format 50 x 65 cm

le coeur démâté

au-dessus d’une douceur

que la mer nous refuse parfois

on vient encore creuser jusqu’à l’eau

avec nos doigts striés d’oiseaux

on use nos galets en location passagère

contre la grande allure du bleu

qui couve en silence son vert repos

et dans un bruissement de chevelures

où vacillent nos vies nos voiliers

on lève un jour un visage de verre

ou de diamant

 comme il nous prononce doucement

on signe sur lui le sable d’une appartenance

sans retour

Barbara Auzou.

La spontanéité d’une pause

Un grand nombre de chutes de papier remplit un de mes cartons à dessin. Souvent ces chutes finissent par nourrir le feu du poêle à bois. Cependant, certaines se révèlent avoir un format intéressant sur lesquelles travailler. Pour moi, c’est l’occasion de peindre quelque chose de rapide, une spontanéité de l’ordre d’une pause. Souvent, ces chutes peintes deviennent ensuite des morceaux de papier déchirés, des morceaux de tableaux sur une future toile, des bouts d’autre chose sur une nouvelle création. Avant que ce soit le cas de celle-ci, voici dans son intégralité la spontanéité d’une pause.

Acrylique sur canson, encres de couleur, pastels à l’huile

(55 x 23 cm)

On a traversé l’hiver

A l’amplitude des champs

où volent les corbeaux

dans l’herbe froide et la terre molle

animés de souffrance de silences

et des blessures de l’usure

au milieu des sillons parcourus de détresse

on a traversé l’hiver

Enlacés dans les replis du temps

j’entends la musique du bois qui craque

le feu qui nous réchauffe encore

jusqu’à renouveler le présent déraisonnable

la folie des sans âge

les nouvelles pousses du printemps