Hommage

A la mémoire de Yann Pbd, dont je viens d’apprendre le décès via les réseaux sociaux et que certains d’entre nous suivions sur la blogosphère. La poésie que tu nous offrais quotidiennement va me manquer. Bon vent l’ami, où qu’il te porte.

Il aimait ma peinture et il y a quelques années avait eu un grand coup de coeur pour ce tableau.

Un couple sans histoire

@ Fred Hedin

Là où les pavés réfléchissent la lumière des luminaires, Damien avance. Il avance au creux de la ville qui sommeille et des rues calmes des nuits sans lune. Ce soir, Damien a quitté sa femme et sa maison. Il part sans rien d’autre que ce qu’il porte sur lui comme s’il allait revenir et rentrer chez lui. Mais pas cette fois, il le sait. D’un pas franchi il a parcouru un chemin inouï. Il part sans retour, la trouille au ventre et l’espoir titubant. Il avance le cœur battant fort, avec juste assez d’estime pour ne pas reculer. Il aura fallu bien des hésitations, des espoirs avortés pour apprendre à ne plus subir l’amour malsain de Sylvie. Il aura fallu entendre parler de ces hommes qui, comme lui, ont enduré des années de comportements toxiques pour enfin oser partir.

Qui peut prétendre connaître ce qui se vit derrière les murs des maisons. Qui peut dire les silences frappés d’hostilité qui suintent derrière les volets fermés. Les phrases assassines, les incessantes humiliations. Chut ! Il demeure des prisons affectives à l’intérieur des logis dont on se garde bien de parler.

Une photo, quelques mots, Bric à book 424

Astrolabe le crabe

Astrolabe le vieux crabe chantait. Il n’avait pourtant chanté qu’une fois Tutti Frutti de Little Richard et depuis on le réclamait partout. On traversait des pays et des mers, on venait de loin pour le voir. Des touristes affublés de tee-shirt à son effigie, des gamins tenant des peluches à son image, des filles aux tenues affriolantes, tous armés de leur téléphone pour saisir d’un flash malhabile une photo du crabe chanteur. Astrolabe s’était bien demandé pourquoi, puis avait cessé de s’interroger sur l’absurdité de la chose. « C’est le plus beau jour de ma vie » entendait-il, même si Astrolabe restait planqué sous le sable, à l’abri de la foule en délire. Il ne sortait qu’à marée montante, malgré la cohue, lorsqu’il pouvait se laisser porter par les flots.

Il n’enviait nullement la condition d’humain, l’individualisme assumé, les échanges d’aménités et autres bassesses auxquels se livraient les gens pour l’inciter à venir faire le show sur des plateaux de fruits de mer ou pire dans un Frutti di mare des plus douteux. Sous le sable, Astrolabe rêvait. Il rêvait de ciels étoilés et de jours lumineux que l’on ne voyait guère depuis des lustres. De plages et d’océan vierges de pollution. Il rêvait de choses simples qui étaient devenus terriblement compliquées depuis que les hommes s’étaient imaginés propriétaire de la planète.

Pour l'agenda ironique de janvier hébergé chez TINIAK. Ecrire un texte en 223 mots maximum et insérer 3 mots minimum ou expressions : Tutti frutti, frutti di mare, marée, dentier de, crabe, crabouille, "ouille la là !" amen, aménité, "ite missa est !" 

Le chant de l’ eau De Laurence Délis

Pure merveille ! Ne vous privez surtout pas d’aller lire les mots inspirés de Julien sur un de mes tableaux !
Merci Julien

Le rivage soucieux

Laurence Délis

Dans mon coeur lumineux j’ étends des doigts de sel
A l’ intérieur je presse un ventricule d’ algues
Poumon hypersensible et alors je dialogue
Avec une historienne aux teintes de corail

Elle m’ apprend qu’ au profond les galets jouent ensemble
Comme de vieux amis des comparses d’ abysse
Rayonnant de justesse aquatiques délices
Respirant l’ opaline oui moi pirate instable

Et le beau se surpasse aux limites des pores
Des étoiles de mer des requins des remords
Que l’ on a de ne pas oser quitter le bord

On se lance à l’ amour picotis plein les yeux
Le sable nous fait vivre et respirer au mieux
Des rêves d’ océans que l’ on ne fait qu’ à deux.

Merci Laurence

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Les rêveurs

Dans la trajectoire sans fin des galaxies
les corps endormis bercent les rêveurs
Et malgré l’oubli de leurs racines
eux qui ne sont pas de ce monde
mais bien rebelles en ce monde
y entendent et voient
la richesse des gestes aimés
toute déraison sensée
la danse lente du chant des âmes
les couleurs et les mots poétiques
du cœur des hommes

Ils respirent l’instant animé de la terre
toutes variations expressives et tenaces du vivant
et face aux affronts qu'ils subissent 
portent en eux la présence folle de leur résistance

L’écharpe inattendue

Pour les neuf ans de ce blog, voici un récit écrit il y a quelques années, toujours de circonstance en ce mois de décembre. Bonne lecture.

Quand Fabien sortit de chez lui à l’aube d’un matin gris de novembre, un brouillard dense enveloppait la ville comme une ouate. Les sons assourdis et la lumière pâle du jour convergeaient à l’intérieur. La sensation était plutôt agréable, Fabien avait l’impression de flotter lui-même dans un espace ample, dénué d’inquiétude. Il avançait sur la partie gauche de la route, celle où durant l’été les arbres prolongent l’ombre au-dessus des bancs qui bordent le parc. L’éclairage des lampadaires trouait la brume de halos ordonnés et semblait se mouvoir comme une symétrie urbaine aux repères cadencés. Le froid et l’humidité imprégnaient l’air. Fabien enroula autour de son cou l’écharpe qu’il portait dès les premiers frimas. L’écharpe unie, de couleur safran au tissage serré, était douce au toucher. Longue et de belle largeur. Elle avait un petit accroc près de la couture du bas. Fabien n’avait jamais cherché à le recoudre. Au contraire le savoir là, lui offrait le souvenir d’un incident particulier, une résurgence avec mots, odeurs et sensations livrés en vrac.  Et, de temps à autre, il y replongeait comme une main dans un sachet de bonbons anticipant le plaisir de la gourmandise.

A cette époque il dormait près de la gare, entre les poubelles de l’hôtel de la Gare et celles du restaurant qui portaient le même nom. Un renfoncement dans le mur lui donnait une impression de protection et surtout de réconfort grâce à la climatisation de l’hôtel fixée de l’autre côté du mur qui lui apportait un semblant de chauffage. Il y logeait avec plus ou moins d’aisance son grand corps recroquevillé dans ses vêtements trop lâches. Quel que soit le temps et la saison, il avait pourtant froid. Il arrivait toutefois à dormir par intermittence quelques heures, baignant dans l’état intranquille de l’agitation ambiante. La nuit révélait la fureur fauve des êtres. A ces heures, la violence, les cris, l’impatience, la démesure redoublaient d’intensité et de peur. Malgré tout, il restait impavide, comme coupé du monde. S’il tenait à ce petit coin de mur c’était aussi parce que certains matins, il trouvait à son réveil, une bouteille d’eau, une baguette de pain, un fruit posés près de lui, et certains jours, une viennoiserie. Une fois, il avait même eu droit à un baba au rhum.

Il ignora tout de son mystérieux et discret donateur jusqu’à cette nuit particulièrement glaciale où réveillé par une pression sur son épaule il leva les yeux sur un jeune homme à peine sorti de l’adolescence. Le visage émacié sur un regard d’une humanité rare, le sourire indécis, il semblait penaud de l’avoir réveillé. Il portait un manteau entrouvert sur une tenue de serveur et tenait à la main une pochette de papier cadeau froissé. Il tendit le paquet à Fabien, avant de partir comme un voleur « C’est pour vous » dit-il, déjà loin.


			

Beauté ( Les marque-pages de Laurence Délis) — Lire dit-elle

Très touchée de ton partage Barbara et des mots qu’ils t’ont inspirés…

la beauté que nous traversons parfois

forme d’inoubliables figures et nos mains sont tendues en son endroit

comme des ombres dures dans la transparence du sang

Barbara Auzou

Beauté ( Les marque-pages de Laurence Délis) — Lire dit-elle

Le succès des marque-pages

Si je dois faire un bilan succinct de ces derniers jours sur les marchés, il est certain que les marques-pages ont le vent en poupe et qu’il n’y a pas d’âge pour être séduit. Comme à chaque fois, je reste particulièrement touchée par les enfants qui viennent dépenser leurs sous pour ce genre d’achat. Je lis dans leurs yeux le plaisir anticipé de glisser le marque-page – choisi avec beaucoup de soin – dans leur livre préféré du moment.

Fort du succès que ces marque-pages rencontre et à la demande de certains d’entre vous, j’ajouterai très prochainement dans la barre de menu de ce blog une section marque-pages qui sera régulièrement mise à jour pour y découvrir mes dernières inspirations.

Parution de mon roman : Celui qui veille

Celui qui veille vient de paraître. « Enfin ! » pourrais-je dire car ce roman aura pris son temps, un temps plus que nécessaire pour exister au-delà de l’histoire. Produire un roman de A à Z est un processus de longue haleine qui m’a demandé des périodes de recul indispensable pour mieux appréhender toute la complexité de la chose. L’aventure a été belle, remplie de doutes, de découragement et d’exaltation et c’est grâce au soutien et à l’aide de mes proches que ce livre a pu aboutir. Qu’ils en soient remerciés ici aussi.

Si j’ai déjà écrit de courts récits imaginaires, c’est le premier roman de littérature imaginaire que j’aboutis. Au-delà de l’histoire de Liiro, héros de ce livre, il y est principalement question de l’Humain et aborde le thème de la séparation du corps et de l’âme. Il évoque également l’attachement invisible entre les êtres et met en évidence la force d’une communauté, la fragilité de l’Homme et son courage.

Il est disponible sur commande chez votre libraire (comptez une dizaine de jours) ainsi que sur la librairie BoD ICI et sur tous sites de ventes de librairies du web de votre choix.

Disponible en édition broché ISBN: 9782322435272

Et en ePub ISBN: 9782322499205

Ci-dessous un extrait du roman :

La veille du passage du col, Liiro décréta une halte plus longue que les jours précédents afin de prendre un temps de repos qu’il estimait essentiel. L’ascension et les dénivelés qui les attendaient le lendemain ne seraient pas aisés. Pour avoir une chance de franchir le col avant le crépuscule ils devraient partir à l’aube, aussi, dînèrent-ils tôt, dans un certain silence, chacun perdu dans ses pensées. Malïa hésita tout le long du souper avant de révéler à Liiro la vision qui ne cessait de bousculer ses rêves depuis plusieurs nuits. Elle ignorait si son nouvel état amenait des perceptions différentes de celles qu’elle avait pu expérimentées par le passé, mais il était manifeste que la signification de ces songes lui échappait. En parler lui permettrait peut-être d’y voir un peu plus clair. Assise face à Liiro, les reliefs du repas entre eux deux, elle avoua :

— Je vois une fille. Une fille qui dessine dans le sable.

— Ouais, moi aussi, répliqua aussitôt Liiro.

— Toi ? dit-elle, réellement surprise.

Il évitait son regard, les yeux baissés sur sa main qui s’empara vivement de la sphère de bois suspendue à son cou. Le geste l’apaisa. Quoique réticent à expliquer ses rêves il était conscient de devoir le faire.

— Elle trace des mots. Des mots qui me concernent… et puis d’autres qui nous concernent. Tu ne m’aurais pas envoûté Malïa, pour que je me mette à voir des trucs qui n’existent pas ? grommela-t-il.

— Des mots qui disent quoi ?

— Elle nous attend.

— Où ?

— De l’autre côté des montagnes. Et puis des images m’apparaissent. La mer, le sable, et une espèce de gros ver assez déplaisant, du genre hybride. Il y en a partout et ils sont dangereux.

— Elle te dit tout ça ?

— Elle trace des mots dans le sable, elle raconte des choses… et les images sont très présentes. Que veux-tu que j’y comprenne, c’est toi la sorcière, pas moi.

— Tu perçois mieux que moi ce qu’elle tente de nous dire. Ce que je ressens est confus. Elle semble infiniment loin, perdue dans un vide que je ne souhaite à personne. Elle a peur.

— Elle nous attend et elle trace des mots, répéta-t-il en réprimant le frisson qui l’envahit.

— Quels mots ?

— De ceux qui m’habitent, de ceux qui m’appartiennent, murmura-t-il en se couchant sur le côté. Il est temps de dormir. Demain, la journée risque d’être éprouvante.

Automne

sous l’ arbre de Laurence Délis

Merci Julien. ❤ C'est une belle résonance à mes arbres peints

Le rivage soucieux

Les elfes bleutés se délassent au soleil bleu des mondes enfouis. Ils apprennent à faire plus de fruits authentiques et moins de reflets de leur peau dans l’ eau. On y découvre la bonhommie que cachent, par attachement, les gens heureux. Les Dieux ne sont que nature et pêche et l’ agonie des poissons leur fait mal. Mais le lait qui pleure dans leurs gorges s’ appesantit comme une cigarette dans le miroir de notre monde; à nous. On se détruit au chalumeau; les elfes se prennent sous les flamboyantes Lunes Rouges. Décapité de ses tomates, mon pied ralentit la douche que je me pique de prendre en cauchemar : si les elfes n’ existaient pas; ou s’ il mourraient, qui entretiendrait les racines au dessus du magma visqueux du noyau de la Terre et au dessous de la croûte que l’ on massacre – je n’ aimerais plus car…

Voir l’article original 100 mots de plus

Blog en pause

Palette d’expressions prend ses quartiers d’été. Faute de temps, une longue pause s’impose pendant laquelle j’espère finaliser des projets qui traînent en longueur. Notamment un projet de livre d’art et un roman. Ces projets me tiennent à cœur et me demandent une disponibilité d’esprit que j’ai du mal à avoir en ce moment. Je m’absente donc de la toile pour une durée indéterminée.

Très bel été à toutes et tous et à bientôt.

C’est bien ainsi que va la vie

Je n’ai pas oublié la musique des nuits sans lune
où la caresse de la houle épouse la pluie
où chantent les notes du ressac
en réponse à la voix des autres 

alors que les années passent et que s’apaisent les jours 
il demeure les blessures entre les vides
ces disparus liés aux fragments d’existence
ces absences sans nom qui errent  
ombres sourdes tracées au cordeau
des âmes aux contours éloignés  

comme les lignes palpitantes de ma main
j’irai dessiner sur le sable le vivant 
simples empreintes fugaces 
que les vagues effacent sans oubli
c’est bien ainsi que va la vie

Piquenique d’agenda ironique

En juin, l’agenda ironique est hébergé chez Le retour de Flying Bum où il fait bon piqueniquer sous le soleil de l’été. Un peu corsé le piquenique cela dit, et c’est tout le plaisir des mots imposés : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux à semer tout au long de ce déjeuner sur l’herbe et pourquoi pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux. Piquenique assuré jusqu’au 24 juin, ensuite viendront les votes.

Toutes précisions sur cet agenda et toutes participations sont à déposer chez Luc, ICI

Crédit photo: Le retour de Flying Bum

L’homme et la mer

Alors que tu longes la mer comme on rêve l’apaisement ; en bordure de dunes, les oyats, les chardons, les liserons tanguent sous la brise et annoncent les premiers signes de l’apesanteur. L’intranquillité devient sans horizon, loin de toute flottaison. Tu t’enracines dans le sable au milieu des coquillages et le balancement lent des vagues murmure ce parfum piquant et iodé du sable humide. C’est une musique. Celle qui se lit sans bruit et berce le temps du littoral. Une mélodie. Peut-être naissante ou saisie sur le vif du vent levant. Une bouffée d’enfance qui surgit et que tu laisses partir. Tu ne retiens rien. Seul ton cœur qui bat lent et tranquille.

Mathilde

Photo Jacqueline Roberts

Eclairé par le soleil d’une fin d’après-midi de mai le salon vibre de lumière. Il y flotte un parfum douçâtre de roses fanées. Dans l’appartement que nous habitons — quatrième étage sans ascenseur —, le bureau se trouve proche de la fenêtre qui donne sur le jardin public. J’y fais mes devoirs depuis mes premières années scolaires car j’aime laisser mon regard se perdre vers les grands arbres et les taches de couleur qu’offrent les fleurs des massifs. Dans les grandes allées, la course-poursuite des touts petits enfants sont comme des ombres mouvantes. Sur le bureau se trouve une photo encadrée sur laquelle je tiens contre moi un ballon trop grand et toi qui me tiens dans tes bras. Ce jour-là, outre le cadre photo, il y a une feuille posée bien en évidence. Une feuille blanche sur laquelle tu as écrit trois phrases à l’intention de maman. Anna, je pars. Je te quitte. Je repasserai chercher mes affaires.

Trois lignes d’une écriture ferme et sèche qui prennent une large place sur le format A4. Je peine à croire que tu aies oublié que je fais mes devoirs sur ce bureau. J’y goûte aussi, même si maman et toi l’avez interdit. Mais vous n’êtes pas là lorsque je reviens de l’école et je prends soin de bien enlever les miettes que les BN à la fraise ne manquent pas de tomber sur le bois sombre. De toute façon depuis ce jour, ça n’a plus la même importance. Je continus à faire mes devoirs sur le bureau et à y goûter et maman pleure dans sa chambre.

Trois phrases c’est peu et pourtant celles-ci ont façonné le devenir de mon existence. Elles m’ont accompagné tant de fois. Elles ont tourné en vrac dans ma tête. Dans un sens puis dans un autre, peu importe au fond laquelle prend le pas sur les autres, elles me défient d’y trouver autre chose que ce qu’elles signifient.

J’ai grandi papa. Le bureau n’a pas changé de place. La photo a été enlevée par maman. Je l’ai rangée dans le livre sur les dauphins que tu m’avais offert pour mes sept ans et que je n’ai plus ouvert après ça.

Parce que tu n’es jamais revenu ni n’as plus donné de nouvelles, j’ai longtemps cherché à comprendre ton abandon. Je me suis construite autour de ton silence et de ton absence. Autour de ces trois phrases où visiblement je n’avais aucune place.

J’ai grandi papa. Prisonnière du doute, je subsiste au milieu des autres comme on tombe dans l’oubli. Je suis un grain de sable, perdue dans le flot du courant.

Mise en regard : Laurence Délis.

Emue à chaque fois que l’un de mes tableaux inspire de la poésie
Merci tiniak ❤

poLétique et tocs

Aligne-m’en (des soieries très précieuses)

Fort peu me peine un crépuscule
à l’or rangé
(ainsi qu’on voit aux défilés
passer les armes)
Le jour finit, mais n’y saurais
verser des larmes
et nulle antienne de capule
à dégorger

Les charmes doux d’un mois de mai
se font sentir
aux doigts regarnis des fruitiers
à la parade
un fleuve y va de nouveaux ris
sa promenade
où des amoureux alanguis
viennent frémir

Demain s’éloigne de ma vue
pourtant qu’un soir
a relégué ce jour d’avril
entre les murs
Moi, c’est pour les nocturnes fronts
que je suis mûr
que je m’offre un faste abandon
au bon vouloir

Aïe ! l’ai-je encor entr’aperçue
Ma Douloureuse ?
Elle était, ça ! trop trop heureuse
à regarder
J’aurai passé ma nuit de brute
à m’enrayer
dans les alignements du port
et ses rieuses

Illustration : Laurence Délis, L'Avancée du Jour, sur le meilleur blog de poésie moderne, Les poLésiqaques, du poète tiniak.
Illustration :Laurence Délis,L’Avancée du Jour.

tiniak ©2022…

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La valeur de l’instant

J’ai saisi la valeur de l’instant comme un éclat de bonheur simple. De la fraicheur du vent sous le soleil d’avril. Le parfum de l’herbe coupée. Les voix autour de moi. Vivantes. Et dans les branches nues du catalpa les mésanges qui échangeaient je ne sais trop quelle conversation chantée.