Hiver

Je suis les courbes de toutes les audaces

Et ton corps sous mes mains s’anime.

Dans le silence chuchotent les soupirs

La chaleur des matins, l’aube de ton sourire.

Amples.

Au dehors, confuse, la brume voile les arbres, feutre toutes sonorités.

L’hiver est là.

Photo : Jon Wisniewski

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Extrait II de mon roman « Lila »

Exaspéré par la situation qui m’échappe complètement, j’explose littéralement. J’envoie valser les quelques revues qui jonchent la table, ainsi que mon téléphone que je viens de poser. J’en ai ma claque. Vraiment. Je reprends mon téléphone pour t’appeler mais c’est sur ta messagerie que je tombe :
— Lila, décroche ! Il faut qu’on se parle ! Je viens de lire ton mail et je ne comprends pas. Lila ? Décroche, bon sang !
Je suis fou de rage contre ton silence. J’ai bien saisi qu’il se passait quelque chose d’important. Mais quoi, bon sang ? J’essaie de joindre Étienne. Sans résultats.
J’arpente mon appartement de long en large. C’est bien trop petit pour l’angoisse qui me tient. Dehors, je m’éloigne du centre-ville pour rejoindre un sentier que je connais bien. L’air printanier embaume les jardins que je longe. Dans le crépuscule qui s’annonce les odeurs sont partout. Malgré la pénombre qui s’installe, j’arpente le chemin, puis au détour de la piste, je me retrouve face aux montagnes. Il me vient alors une bouffée de bonheur à les voir se dresser à l’horizon et tout autant une grande tristesse à ne pas savoir faire avec toi. Je laisse la nuit s’étendre. Je n’ai aucune hâte à l’idée de retourner dans mon appartement, de faire face à tous ces silences qui nous minent et nous isolent l’un de l’autre. T’aimer Lila est un combat. Je ne comprends pas pourquoi il est si difficile pour nous deux d’avancer, mais je sais où je veux être, à présent.

Lila

à commander chez votre libraire préféré ou sur le site de l’éditeur http://www.ipaginastore.com/fr/accueil/79-lila-version-papier-9782367910451.html

284 pages ; 20,4 x 13,4 cm ; broché

ISBN 978-2-36791-045-1

EAN 9782367910451

Un mets de mai

Mes pas ont tracé le chemin avant de croiser le sien, mais c’est elle qui me ravit aujourd’hui. C’est sa silhouette que j’ai vu en premier et le rythme de son allure. Rapide. Oui, même lorsqu’elle flâne au vent, elle marche vite, comme si le temps lui était compté. Pourtant le temps elle n’en tient jamais compte. Qu’il vente, qu’il pleuve, que le soleil brûle, elle s’épanouit au gré des éléments. A elle seule elle incarne la liberté, comme à l’image de ce mois volage.
Tantôt fougueuse sous l’orage, tantôt languissante sous la chaleur. De la subtilité tout en finesse, même si, avoue-t-elle, elle fait ce qu’il lui plait, quand il lui plait. Gourmande, elle croque les premiers fruits rouges comme autant de fruits défendus et le goût de sa bouche dans la mienne s’anime au rythme de nos langues avides.
Lorsqu’elle danse sous la pluie au plus fort de l’ondée, j’entends son rire s’épanouir dans l’écho des gouttes. J’aime alors entrevoir sa peau sous le corsage, la pointe de ses seins dressée que mes mains réchauffent.
Sans pudeur, le soleil éclaire son corps, et devant mes yeux envoûtés, chaque courbe finit sa métamorphose sous mes doigts. Je dessine alors les lignes qui nous unissent, laisse la liberté s’inviter, s’inventer. Elle, légère et d’humeur heureuse, me promet le bonheur, mais nul besoin de l’attendre, il est là, tout contre elle. Exquise fièvre qui me tourmente et m’affranchit.
J’ai la saveur d’elle dans le cœur, un appétit fauve et tendre. Une fascination douloureuse qui bat sans cesse. Une dégustation pimentée dont je ne suis jamais rassasié.
Irrésistible.
De ce mets de mai je ne saurais me lasser.