A la traversée des rêves

a la traversée des rêves

Dès qu’il posait sa tête sur le traversin, Hugo rêvait. Et dans ses
rêves l’univers flottait à l’horizon des mondes. Aventureux, voyageur
ambulant dans l’immobile et le mouvant, il effaçait les rides du temps et
parcourait à grandes enjambées le ciel ouvert à tous vents. L’océan
s’ouvrait sur l’aube. Dans la ville, chaque rue s’illuminait au passage
des étoiles. La voilure des mats se gonflait d’espoir.

Hugo rêvait. Et à chaque voyage les cercles s’émancipaient des
courbes et les lignes s’arrondissaient aux éclats de lune. Certains jours
s’offraient un air de vacances, tandis que les nuits s’animaient au
désordre de l’équilibre. Nul besoin de passerelle pour atteindre la
sagesse. Elle affleurait les pensées les plus intimes, les plus sauvages, et
poussait haut vers le soleil les fleurs de pissenlits. Les oiseaux volaient à
contre-courant. Les arbres, ô les arbres, tiraient de leurs racines la sève
antique. Les branches lourdes de fruits mûrs nourrissaient la Terre.

Hugo rêvait. Et, dans ses rêves, frôlait les constellations, caressait l’apesanteur, se dressait dans l’amplitude du présent. Au frémissement du sable, le désert se peuplait d’avenir. Hugo pouvait dormir tranquille.

Vieillir n’était alors plus une étape à franchir.

Sous la houlette d’Emilie, les Plumes d’Asphodèle reviennent ! Un mot : TRAVERSÉE. Il en résulte treize mots avec lesquels jouer.

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Apesanteur (évolution d’une toile 2)

Après le passage de la couleur, les papiers déchirés perdent leur fonction première. Les mots, les phrases trouvent un sens nouveau, se créent un nouvel univers.

Apesanteur5

Apesanteur

 feuilles de papier déchirées collées sur toile,  peinture acrylique,

format 50 x 50

Pour connaître l’évolution de cette toile c’est ⇒ ici

 

 

Donner vie

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C’était hier où peut-être déjà demain. Je ne me souviens plus vraiment. Le temps a cessé sa course à ce moment-là. Instant suspendu. Suspendu dans la mobilité de nos corps.

À l’orée des arbres, tu caresses l’air et saisis l’hésitation de mon existence. Je chancèle dans le chant des feuilles qui s’agitent. Je suis petit, homme à peine né, pétri de doutes. Je traîne mes années d’errance comme un poids trop lourd.  Me vois-tu devenir père ?

Grondent les volcans. Tremble la terre.

Il est temps d’ouvrir les yeux, de justifier le futur. Tu es le vent et je suis la matière. Matière à la densité écrasante. Et pourtant nul passé ne m’habite quand je te regarde. Je fais fi de toutes mes difficultés à avancer sur la route empruntée.

J’effleure de la pulpe de mes doigts les tiges qui dessinent ton bras. Entre ombre et lumière, tu m’accueilles dans le souffle de nos émotions. Ta peau respire la menthe poivrée, les subtils parfums boisés de la forêt. Ton corps, l’assurance de nos devenirs.

Femme arbre à l’écoute de ma sève, ma semence à l’intérieur de toi forge déjà l’avenir.

 

Une photo, quelques mots. Atelier Bric à Book 315

Photo : © Tyler Dozier